stephen-king

Après avoir abordé diverses séries de BD en de longs articles (Tintin, Johan & Pirlouit, notamment), et j'en referai d'autres par ailleurs, place maintenant à un article résumant l'intégralité de l'oeuvre d'un auteur que j'adore (et je ne suis évidemment pas le seul à l'adorer), Stephen King. Chaque roman et recueil de nouvelles sera rapidement abordé, avec une petite note sur 20. Chaque roman ou recueil de nouvelles sera proposé avec sa couverture originale de première publication française (et non pas les couvertures plus récentes des rééditions poche), certaines sont peu connues, et étonnantes ! En revanche, la date est celle de la publication américaine, et les livres seront classés selon cet ordre (certains romans, comme ceux écrits sous pseudonymes, sont en effet sortis tardivement chez nous). Excusez-moi pour l'absence d'accents circonflexes et de trémas (le cas échéant) : mon clavier de PC déconne sur cette double touche !

01

Carrie (1973) : Premier roman paru, il y à de cela 40 ans (déjà !). King n'en était pas satisfait, et le foutra à la poubelle ; sa femme Tabitha (elle aussi écrivain, d'ailleurs, mais pas à l'époque) récupèrera le manuscrit et forcera son mari à le proposer à un éditeur, qui le publiera. De Palma l'adapte au cinéma trois ans plus tard (une des meilleures adaptations de romans de l'auteur). Le roman marchera fort (le film aussi), et si ce n'est pas le meilleur de King (un style encore un peu hésitant, des lourdeurs et maladresses), c'est franchement un très bon roman d'épouvante, s'achevant en apocalypse. Essentiel pour tout fan. Note : 15/20.

02

Salem (1975) : Quand King proposera ce roman à son éditeur, il le proposera avec un autre roman totalement différent, qui ne sera pas sélectionné (et que King ressuscitera bien des années plus tard : il s'agit de Blaze). Salem (adapté en TVfilm par Tobe Hooper en 1979, et un remake, aussi en TVfilm, sera fait dans les années 2000) est un des tous meilleurs romans de l'auteur, qui le republiera quelques trente ans plus tard dans une version légèrement remaniée (des chapitres ou paragraphes rajoutés, qui avaient été excisés de la première version, et des pages inédites situées après le roman, plus des nouvelles déjà connues et se passant aussi à Jerusalem's Lot, alias Salem) qui est sans doute meilleure encore que l'original. Un de mes préférés de l'auteur, qui en a chié pour le faire (il a crée toute une galerie de personnages, et devait par moments se sentir écrasé sous le poids des détails ; il ne refera que rarement cela, notamment avec Dome). Une sinistre et marquante histoire de vampires qui n'a rien à envier à ses ainés (Dracula de Stoker). Note : 20/20.

03

Shining (1977) : Publié en France sous le titre de L'Enfant Lumière avant que l'adaptation cinéma de 1980, par Kubrick, ne fasse mondialement publier ce livre sous son titre original, Shining. Un autre roman majeur que l'on ne présente plus, et dont l'adaptation cinématographique, bien que sublime, n'adapte que très peu de l'histoire (les personnages, les lieux, le topic de base, mais c'est tout ; pas mal de détails passent à la trappe, en faveur de l'atmosphère). Mick Garris et King, en 1997, feront un TVfilm en plusieurs parties, moins réussi stylistiquement parlant, mais adaptant mieux le roman. Lequel roman est tout simplement quintessentiel. L'auteur vient d'en publier la tardive suite : Docteur Sleep. Note : 20/20.

04

Rage (1977) : Publié en France en 1990, et à l'heure actuelle hors commerce, dans le monde entier, sur ordre de King directement, qui ne voulait pas risquer qu'un jour une tuerie dans un lycée ou université ne soit inspirée par ce roman. Ce roman, King l'a publié en 1977 aux USA, sous le pseudonyme, utilisé pour la première fois, de Richard Bachman. Jusqu'à 1984, personne ne se doutera que sous le nom de Bachman se cachait King ! Ces quelques romans ne marcheront pas fort jusqu'à la révélation Bachman/King, et ensuite, les ventes décolleront. Rage est un roman violent, glauque, sur un lycéen de 16 ans, Charlie Decker, qui pète un plomb et prend sa classe en otage après avoir tué sa prof d'algèbre et un autre professeur. On apprend pas mal de choses sur la vie de Charlie (père violent et peu aimant, etc...), et sur celle de ses camarades de classe, la salle devenant une sorte de grand cabinet de psy, tout le monde déballe tout... Un roman riche en flash-backs, raconté à la première personne, et à la fois drole et très violent. Une claque d'une profonde noirceur. A noter que les quatre premiers romans de King sous le nom de Bachman furent publiés en un seul volume aux USA et Angleterre (pas chez nous, mais je possède un exemplaire) dans le milieu des années 80, une fois la révélation du pseudonyme faite : The Bachman BooksNote : 17/20.

05

Danse Macabre (1978) : Premier recueil de nouvelles de King, et pas le dernier. Probablement son meilleur, meme si Brume et Tout Est Fatal ne sont pas à dédaigner (pour ne citer qu'eux). Plusieurs histoires ici seront adaptées au cinéma (dans des sketches du film Cat's Eye, ou en films à part, bien souvent très ratés, comme The Mangler). Toutes sont fantastiques, certaines restent longtemps en mémoire, comme La Presseuse, Matière Grise, Celui Qui Garde Le Ver, Poste De Nuit, Désintox Inc. ou Cours, Jimmy, Cours... ; à noter que le titre original du recueil est Night Shift (lequel est aussi le titre original de Poste De Nuit), et que le titre français de ce recueil est aussi le titre original d'un livre que King sortira en 1981 aux USA. Mais j'y reviendrai plus bas ! Note : 20/20.

06

Le Fléau (1978) : Anthologique roman-fleuve qui sera publié à deux reprises : en 1978 d'abord, et en 1990 dans une version rallongée et définitive. Ce roman adapté en TVfilm (de plusieurs parties) et en BD est un des chefs d'oeuvre absolus de King, une histoire terrifiante sur un virus (une grippe dévastatrice) ravageant quasiment toute la population mondiale ; les survivants se réunissent en ce qui va rapidement devenir deux clans : les gentils et les méchants ; les premiers dans le Colorado, et les autres à Las Vegas, sous la coupe d'un certain Homme en Noir, une sorte de magicien/démon du nom de Randall Flagg, qui semble tout diriger de cette catastrophe mondiale comme un marionnettiste cinglé... Un grand roman, certes long (en poche, l'ancienne édition en trois tomes faisait 1500 pages !), mais fabuleux. Note : 20/20.

07

Dead Zone (1979) : Adapté au cinéma en 1983 par David Cronenberg (sensationnel film) sous son titre original (qui deviendra dès lors le titre de publication international), ce roman est d'abord paru chez nous sous le titre L'Accident. Un professeur d'université est victime d'un accident de la route, et sombre dans le coma, pendant 5 ans. A son réveil, il découvre qu'il a hérité d'un pouvoir : il voit le futur des gens en leur touchant la main. Il va bientot mettre ce pouvoir étrange au service des autres, tentant de stopper un redoutable serial-killer, puis d'empecher l'accession au pouvoir d'un obscur politicien totalement psychotique, destiné aux plus hautes fonctions... Un grand roman de plus, sans doute moins connu que certains autres (la faute sans doute à une publication chez un autre éditeur, en marge des autres romans de King, du moins, pendant plusieurs années), et donc moins lu, mais pas moins réussi. Majeur, encore une fois ! Note : 19/20.

08

Marche Ou Crève (1979) : Publié chez nous dans les années 90, ce roman est sorti en 1979 sous le nom de Richard Bachman, comme Rage. Probablement mon roman préféré de King (oui, oui, devant Ca, Shining et Salem !), ce roman très très sombre se passe dans une Amérique fictive et nihiliste. Tous les ans, une grande compétition de marche à pied s'organise, les concurrents, tous très jeunes (16/18 ans), sont au nombre de 100, tous doivent marcher sans cesse, jusqu'à l'épuisement. Si on ralentit, chute, s'arrete, on a un, puis deux, puis trois avertissements, et après le troisième...une balle dans la tronche. Il ne doit en rester qu'un à la fin... Ray Garraty, N°47, évolue sur la route, entouré d'autres concurrents, avec qui il se lie plus ou moins. Un roman terrifiant, et prenant. Un roman culte, dont l'adaptation cinéma (par Frank Darabont) a depuis longtemps été annoncée, mais rien ne se profile, et ça m'étonnerait qu'elle se fasse un jour, hélas... Un grand roman de King. Note : 20/20.

09

Charlie (1980) : Adapté au cinéma (avec Drew Barrymore, en 1984 je crois ; un ratage), ce roman est très réussi, et met en scène Charlie, une petite fille d'environ 6/7 ans, capable d'allumer des incendies par la pensée. Elle a hérité d'un don de pyrokinésie suite à une expérience faite en cobayes par ses parents, quand ils étaient à l'université. Le don de la petite entraine une traque des services secrets sur sa personne et celle de son père (sa mère, elle, est morte)... Le roman prend le point de vue de la petite fille, qui ne comprend pas pourquoi on lui en veut et ne parvient pas vraiment à controler son don, qu'elle n'a jamais demandé. Un roman touchant, comprenant quelques excellents passages. Sans etre le sommet de King, Charlie (Firestarter en VO) est vraiment un bon cru, à conseiller aux fans. Note : 15/20.

10

Cujo (1981) : Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai jamais porté ce roman dans mon coeur (je ne le déteste pas non plus ; en revanche, son adaptation cinéma, de Lewis Teague, si : elle est à chier !). L'histoire est simple : un brave chien imposant (un saint-bernard), chien de ferme non loin de Castle Rock (Maine), est mordu, en un été caniculaire, par une chauve-souris enragée. Il contracte la rage, va dès lors semer la panique. Une femme et son jeune enfant, notamment, se retrouvent piégés dans leur voiture, en plein cagnard, entourés par le chien qui les menace... Un postulat de base simpliste (un chien enragé, OK, rien de bien original) ne peut pas donner un grand roman. Attention, ce n'est pas mauvais, hein, c'est bien écrit, et très sombre (le final...), mais Cujo n'est pas un grand cru, selon moi. King reconnait ne pas se souvenir de l'avoir écrit : il était, à l'époque, alcoolique, et a de gros trous noirs sur cette période d'écriture ! Pour la note, j'essaie de ne pas etre trop méchant, je la trouve plus gentille que mon avis personnel. Note : 13/20.

11

Chantier (1981) : Troisième roman publié sous le pseudonyme de Richard Bachman (et publié chez nous bien après sa publication originale U.S.), Chantier est un drame psychologique terrible sur un homme dans la quarantaine, cadre dans une petite laverie située dans une petite ville non connue, et pétant progressivement les plombs. L'action se passe en 1973/74. Sa maison et son lieu de travail doivent etre rasés pour céder la place à un chantier d'extension d'autoroute ; il est exproprié, et doit donc trouver (avec une aide gouvernementale) une nouvelle maison et un nouveau local pour la blanchisserie. Mais il ne veut pas partir, et, passablement schizo, va entamer une lente et violente résistance, seul, refusant l'inéluctable. Le combat d'un homme meurtri contre la société. Un grand roman, très sombre (le plus sombre de ceux écrits sous le nom de Bachman, avec Marche Ou Crève), puissant, qui laisse un gout de cendres. Je l'adore. Note : 20/20.

12

Anatomie De L'Horreur (1981) : Paru en 1994 chez nous, en deux tomes (en grand format : illustration ci-dessus, et en poche), ce livre date de 1981. Ce n'est ni un roman, ni un recueil de nouvelles, mais un essai. Ce qui en fait un OVNI dans l'oeuvre kingienne. Un de mes livres préférés de lui, c'est un essai qui traite de l'horreur et du fantastique sous toutes ses formes : TV, livres (un long chapitre décortique 10 nouveaux classiques de l'horreur écrits entre 1950 et 1980, aucun n'est de King évidemment), cinéma, radio, folklore, plus des souvenirs personnels de King. King, notamment, y explique par le menu son inspiration pour Le Fléau. A noter que le titre original d'Anatomie De L'Horreur est Stephen King's Danse Macabre. Quand King a republié Le Fléau en 1990 en version intégrale, il expliquait, dans la préface, que la genèse du roman était narrée dans le dernier chapitre de Danse Macabre. Les lecteurs français, à l'époque, ont du se demander de quoi King voulait parler, car jusque là, Danse Macabre était (et est toujours) un recueil de nouvelles (Night Shift en VO, 1978) ! En 1994, ils comprirent, du moins, ceux qui ignoraient encore l'existence de cet essai sorti très tardivement chez nous (en raison notamment de plusieurs références peu connues du lectorat français). Un grand livre pour les fans. Note : 20/20.

13

Running Man (1982) : Quatrième livre publié sous le pseudo de Bachman, il a été adapté au cinéma par Paul Michael Glaser (alias Starsky dans la fameuse série TV !) en 1987, et a été traduit en France à la meme époque. Oubliez le film avec Schwarzenegger, il est aussi éloigné du roman que faire se peut. Le roman se passe dans le futur (2025), les USA sont divisées entre les très riches et les très pauvres. Le Libertel (une TV moderne) diffuse en permanence des jeux ultraviolents, pour distraire les masses. Ben Richards, un pauvre comme les autres (mais plus intelligent que la moyenne), a besoin d'argent pour soigner son bébé, malade, et mieux vivre. Il décide de participer à un des Jeux, sans savoir s'il va revenir vivant. Il est sélectionné pour La Grande Traque (titre original : celui du roman), où le candidat, laché dans la nature, doit éviter des tueurs lancés à ses trousses. Le public est lui aussi contre lui, bien heureux de pouvoir dénoncer contre quelque argent... Un roman terrifiant sur un futur qui sera peut-etre, un jour, une réalité (j'espère que non). Rempli de suspense, c'est encore une fois un roman très sombre (Bachman oblige). Sans doute le roman que j'ai le plus lu de King, il faut dire que ses 250 pages se lisent comme un recommandé ! J'adore. Sans doute un 'petit' King dans un sens, mais il me procurera toujours énormément de plaisir de lecteur, la note s'en ressent donc.  Note : 18/20.

14

La Tour Sombre 1 : Le Pistolero (1982) : Premier tome d'une saga que King n'achèvera qu'en 2005 (en se demandant toujours, entre temps, s'il l'achèvera un jour !). C'est le moins réussi de cette saga de fantasy qu'est La Tour Sombre (existant aussi en BD depuis quelques années), et c'est plus un recueil de nouvelles qu'un roman. 5 longues nouvelles publiées autrefois dans des revues aux USA, 5 nouvelles se suivant ; 250 pages qui se lisent très facilement (c'est, avec le tome 2, le plus facile à lire de la série). Sans etre un grand cru, Le Pistolero est un bon petit King, un livre assez à part, à réserver aux fans, et pas pour découvrir l'univers de l'auteur, car ça ne transparait pas ici. A noter, un des personnages, l'Homme en Noir, est-il le meme que dans Le Fléau ? Sans doute, ou alors une autre version du meme personnage. L'histoire est simple, sinon : un pistolero du nom de Roland (son nom ne sera connu que dans le tome 2) traque, dans un paysage désertique, l'Homme en Noir, pour on ne sait quelle raison, et il est aussi en quete de la Tour Sombre, située on ne sait où, si elle existe... La porte d'entrée pour la fameuse saga de fantasy de La Tour Sombre. Très différent des autres. Pas mal, sans etre quintessentiel. Note : 14/20.

15

Creepshow (1982) : Pendant longtemps difficile à trouver, cet album de BD a été réédité en 2011. Illustré par Bernie Wrightson, il offre 5 histoires écrites pour l'occasion, adaptées par la suite au cinéma par George A. Romero (film du meme nom), à moins que le film ne soit venu avant, je ne sais plus. Creepshow est un des objets les plus cultes de l'oeuvre de King, un régal hilarant et gore avec notamment La Mort Solitaire de Jordy Verrill (personnage joué par King lui-meme dans le film), sur un homme se transformant progressivement en monstre végétal alien... Tout simplement génial, une BD courte, mais essentielle !

16

Différentes Saisons (1982) : Maintes fois réédité en grand format sous divers titres (en fonction des adaptations cinéma des différentes histoires du recueil, car ç'en est un), Différentes Saisons montre un King différent : quatre longues histoires (des novellas, comme King les appelle) sans élément horrifique ou fantastique. Rita Hayworth Et La Rédeption De Shawshank sera adapté par Frank Darabont (sous le titre Les Evadés, une splendeur) ; Un Elève Doué (cette histoire met mal à l'aise et est en meme temps remarquable) par Bryan Singer sous le meme titre ; Le Corps par Rob Reiner (Stand By Me, un chef d'oeuvre) ; seul La Méthode Respiratoire (la moins réussie et la plus courte des histoires) n'a pas été adapté. Au final, un recueil majeur, sublime. Meme si la dernière histoire est un peu décevante, je donne la note maximale, car elle (la dernière histoire) ne suffit pas à faire baisser le niveau du livre. Note : 20/20.

17

Christine (1983) : Adapté au cinéma par John Carpenter l'année meme de la sortie du livre ! Le film est fantastique, le roman est très très bien, mais n'étant pas fan de voitures, je ne suis pas fanatique du roman. L'histoire est connue, une voiture hantée sème la panique et possède littéralement son acheteur, un jeune lycéen boutonneux, Arnie, qui change dès lors du tout au tout. Son ami, Dennis, va tout faire pour empecher Christine (petit nom de la voiture, une Plymouth Fury rouge et blanche de 1958) de détruire Arnie. Très bon roman (King a toujours dit l'adorer), pas son meilleur, mais vraiment pas mal. Mais dire que je l'adore serait faux. Je ne le déteste pas, ceci dit. Note : 15/20.

18

L'Année Du Loup-Garou (1983) : Réédité l'an dernier, ce livre offre une longue nouvelle en 12 chapitres (un par mois), illustrée par Bernie Wrightson, sur les méfaits d'un loup-garou dans la petite ville de Tarker's Mill, dans le Maine. La nouvelle sera adaptée au cinéma en 1986 (Peur Bleue ; Silver Bullet en VO), et la meme année, un livre sera publié sous ce nom, avec la nouvelle de base (sans les illustrations) et le scénario détaillé du film (avec photos du film). Il sera pendant longtemps plus facile à trouver que le livre illustré initial, désormais recommercialisé avec les illustrations. Une excellente nouvelle, King regrette de nombreuses incohérences (il a utilisé le principe de la pleine lune, moment de sortie des loups-garous, en la faisant coincider avec des dates spéciales telles la Saint-Valentin, le 4 Juillet, Halloween, la Saint-Sylvestre, alors que dans un calendrier, la pleine lune ne tombera jamais, en une année, pile poil en ces soirs spéciaux à chaque fois), mais c'est bien foutu. Note : 16/20.

19

Simetierre (1983) : Le roman le plus sombre de King. Une histoire glauque, terrifiante, sur le deuil, la mort, la vie après la mort. Un jeune médecin s'installe avec sa femme et ses deux jeunes enfants (et leur chat) à Ludlow, Maine, non loin d'un cimetière pour animaux (avec sa pancarte infantile disant 'simetierre') et d'un ancien cimetière sacré de la tribu des Indiens Micmacs. Son voisin Judd lui raconte l'histoire de ce cimetière un soir qu'il emmene Louis enterrer leur chat, écrasé par un des nombreux camions passant sur la route en face de leurs maisons. Ils enterrent le chat dans le cimetière indien ; quelques jours plus tard, le chat revient, vivant, un peu changé, mais vivant. Un sinistre jour, le fils de Louis, Gage, 4 ans, meurt écrasé sous un camion... Simetierre (adapté au cinéma par Mary Lambert, scénario de King, une excellente adaptation dans laquelle King joue le role du pretre) est un roman fort, puissant, glacial et marquant, on en sort changé, traumatisé. Sensationnel. Note : 20/20.

20

La Peau Sur Les Os (1984) : Cinquième roman sous le nom de Bachman. C'est à ce moment-là qu'aux USA, un jeune libraire se rend compte que le style du livre (une histoire de malédiction gitane qui fait progressivement maigrir un jeune homme jusque là assez obèse) est très proche de celui de Stephen King (qui s'autocite dans le roman, le personnage principal trouvant que son aventure ressemble à du Stephen King !), et prendra sur lui d'enqueter. Bachman et King ont le meme agent littéraire, découvrira-t-il. Il sera contacté par King lui-meme, qui lui avouera le pot aux roses : oui, il est Richard Bachman. Avec son accord, la supercherie sera révélée en 1985, King n'en éprouvera aucune rancune, aucune amertume, aucune colère contre celui ayant tout découvert (et n'ayant rien gagné, pas d'argent, il n'a pas fait ça pour ça). Ce roman, sinon, est pas mal du tout, mais pas du niveau des quatre précédents opus signés Bachman. Une adaptation ciné sera faite, je ne l'ai pas vue, et elle semble assez moyenne. Note : 14/20.

21

Les Yeux Du Dragon (1984) : Ecrit pour sa fille Naomi, ce roman est à part. C'est un livre pour enfants et ados, un conte se passant à Delain, un royaume fictif imprégné de magie. Le roi est assassiné, empoisonné au cours d'un banquet. C'est Flagg, le mage noir (le meme personnage que Randall Flagg du Fléau, ou l'Homme en Noir du premier tome de la saga de fantasy La Tour Sombre ? Une autre variante, en tout cas) qui est derrière tout ça, afin d'installer au trone Dennis, un des fils du roi, un jeune homme impressionnable et faible, et de faire emprisonner l'autre fils, Peter, qui était le prétendant. Peter, en prison, fomente son évasion... Illustré (dans une version du livre parue notamment chez Pocket Junior), ce roman est passionnant, et permet à King de s'offrir un peu d'air, un changement bien venu, surtout après quelques romans assez sombres (difficile de se dire qu'il a écrit ce livre peu après Simetierre !). Un roman peu connu, très peu connu meme, mais magnifique.

22

Le Talisman Des Territoires 1 : Le Talisman (1984) : Ecrit en collaboration avec Peter Straub (Ghost Story, que King cite dans Anatomie De L'Horreur comme étant le roman d'épouvante le plus réussi depuis les années 50, et il date de 1979), ce roman-fleuve (1000 pages) sera publié sous deux titres : Le Talisman Des Territoires, puis Le Talisman. En 2001, le duo en fera une suite, et il parait qu'un tome 3 serait en cours de préparation. Une histoire de fantasy remarquable, bien qu'un peu longue, sur Jack Sawyer, un adolescent découvrant le moyen de passer de notre monde à un autre, les Territoires, une sorte de monde miroir (chaque personne y a son double). Jack entend bien récupérer, dans les Territoires, un talisman permettant de sauver la Reine des Territoires d'un mal inconnu ; et, aussi et surtout, de sauver sa propre mère, malade, quasiment mourante. Mais quelqu'un va lui mettre des batons dans les roues... Comme je l'ai dit, c'est assez longuet par moments. Mais ce livre écrit à quatre mains (difficile de dire qui a écrit quoi, les deux auteurs ont un style assez proche) est quand meme très bien foutu ! Je préfère sa suite, ceci dit, mais j'y reviendrai plus bas. Note : 15/20.

23

Brume (1985) : Un recueil de nouvelles qui, en poche, chez nous, sera divisé en deux tomes baptisés Paranoia et La Faucheuse. L'histoire-titre (Brume) est très longue, quasiment un roman (avec chapitres), et sera, on le sait, adapté au cinéma par Darabont il y à quelques années. C'est la meilleure du lot, mais franchement, quasiment tout est génial ici (Le Radeau, Le Singe, En Ce Lieu Des Tigres, La Ballade De La Balle Elastique...). Un des meilleurs recueils de nouvelles de King, qui se permet pour la première fois, ici, des explications, en fin de volume, sur la genèse de telle ou telle histoire. Notamment une histoire assez ancienne, Le Gout De Vivre, que King ne parviendra pas, pendant longtemps, à vendre en raison de son sujet : l'autocannibalisme (déjà, dans Anatomie De L'Horreur, il en parle). Skeleton Crew (titre original du recueil, allusion aux Contes De La Crypte) est un sommet de plus pour King.

24

Ca (1986) : Le sommet de King ? Probable. Paru en deux tomes dès sa sortie en grand format, Ca (adapté en TVfilm par Tommy Lee Wallace en 1990, j'adore ce TVfilm) fait partie de ces oeuvres qui marquent à vie le lecteur. Une fois le livre fini, on n'a pas envie de quitter les personnages, attachants au possible, et que l'on découvre ici enfants et adultes (l'action se passe à Derry, ville fictive du Maine, en 1957/58 et en 1985). Une bande d'enfants se promettent tous, après avoir réussi à chasser une créature immonde et sans nom (qu'ils appellent "Ca") de revenir à Derry si jamais, un jour, Ca se réveillait et recommençait à tuer des enfants (en se faisant passer pour un clown afin de les attirer). Ca se réveille tous les 27 ans, faisant de Derry un lieu d'enfer à chaque cycle... King a réussi ici à faire d'une simple ville un lieu maléfique malgré elle. La ville fait peur, à cause de tout ce qui s'y passe tous les 27 ans (tous les 30 ans dans le TVfilm). Personnages cultes, scènes cultes, sens du suspense, ce roman-fleuve est inoubliable, et ma note me semble définitivement trop méchante pour le coup. Note : 20/20.

25

La Tour Sombre 2 : Les Trois Cartes (1987) : Tome 2 de la saga de La Tour Sombre, ce roman est nettement plus épais que le premier (qui ne faisait que 250 pages), mais, de toutes façon, le tome 1 est le plus court, et de loin. Ici, Roland le Pistolero (qui fait la connaissance de ses futurs compagnons de route, comme Eddie) se réveille sur une plage, et, au fil de sa marche le long de ce long rivage, découvre plusieurs portes (il y en aura trois), menant chacune dans une autre dimension (la notre). Il va devoir, selon le tirage de cartes de tarot effectué par l'Homme en Noir autrefois (voir le précédent tome), récupérer divers compagnons de route qui vont l'aider dans sa quete... Très facile à lire (chapitres courts, style fluide), Les Trois Cartes est une très bonne suite au Pistolero, et le premier vrai roman de la série, vu que Le Pistolero était surtout un recueil de nouvelles reliées entre elles. Pas le sommet de King, c'est clair, ni le sommet de la saga (qui n'est pas ce que je préfère de King, autant le dire), mais quand meme très bien. Note : 16/20.

26

Misery (1987) : Adapté au cinéma par Rob Reiner (excellent film avec Kathy Bates et James Caan), Misery est un des plus fameux romans de King. Il n'a jamais été un de mes préférés, mais cette histoire d'auteur à succès victime d'accident de voiture et hébergé par une infirmière cinglée, solitaire et absolument fan de ses livres (qui mettent en scène une jeune femme du nom de Misery) est efficace. Quand l'infirmière, Annie Wilkes, découvre que Paul Sheldon, l'auteur, a fait, dans son dernier roman venant de paraitre, tuer Misery, elle entre dans une rage folle et séquestre le pauvre homme, déjà bien handicapé par son accident lui ayant niqué les jambes, et le force à écrire une suite, ressuscitant Misery rien que pour elle... Le cauchemar de tout écrivain : un fan trop fan et trop intransigeant ? Très bon roman, je préfère de loin le film, ceci dit. Note : 15/20.

27

Les Tommyknockers (1987) : Je vais etre clair : je trouve ce roman raté. Oui, je sais, ce roman (adapté en TVfilm) a été un gros succès, il fait partie des King les plus connus et réputés, mais sincèrement, je trouve que ces Tommyknockers se trainent en longueur. On a de bons moments, mais dans l'ensemble, c'est assez faiblard, le final est abracadabrantesque, certains personnages ne me plaisent pas (d'autres sont sous-exploités)... On notera une allusion assez réussie et cocasse à Ca : à un moment donné, un ou deux personnages se rendent (je ne sais plus pourquoi) à Derry (ville de l'action de Ca) et aperçoivent un clown bizarre en train de les regarder... De l'humour (comme toujours avec King), de bonnes idées, mais dans l'ensemble... Et puis, je me suis toujours demandé pourquoi ce roman était, autrefois, aux éditions J'Ai Lu, vendu en trois tomes de moins de 400 pages chacun, alors que tout aurait trèsbien pu tenir sur deux tomes. Histoire de se faire un peu de pognon ? C'est sans doute bete, mais ça n'a pas amélioré mon ressenti sur ce livre que, vraiment, je n'aime pas. Note : 05/20.

28

La Part Des Ténèbres (1989) : J'ai mis du temps à aimer ce roman, mais au final, je dois dire que c'est très réussi. Oui, un peu étrange quand meme, cette histoire de pseudonyme d'écrivain qui prend vie et tente de tuer l'écrivain l'ayant utilisé, mais c'est pas mal. King s'est évidemment inspiré de son pseudonyme Richard Bachman (il "lui" dédie le livre), grace auquel il a pu publier des romans plus sombres et décalés sans problème. Là, le personnage principal, Thad Beaumont, auteur à succès, utilise le pseudo George Stark pour écrire des thrillers violents, mais décide, un jour, de "tuer" Stark, ayant marre de tout ça. Mais Stark prend vie, littéralement, et va pourrir la vie de Beaumont... Dans l'ensemble, donc, un très bon thriller fantastique, au final remarquable. Le film de Romero est pas mal, ce n'est pas extraordinaire, mais il y à eu pire. Note : 16/20.

29

Minuit 2 (1990) : Etrange que ce livre et le suivant (sortis en meme temps) soient catalogués 'roman' sur la couverture de l'édition grand format, car il s'agit de deux recueils de nouvelles ! En fait, ce livre et le suivant forment un seul et meme livre du nom, aux USA, de Four Past Midnight, et on en a fait deux tomes en France, rapport à l'épaisseur du livre. Ce tome 1 est constitué de deux nouvelles, toutes deux adaptées (une en TVfilm - la première - et l'autre au cinéma), la première est sous-titrée "Minuit 1" et l'autre, "Minuit 2". Deux longues nouvelles (parmi les plus longues faites par King, ce sont quasiment des romans) intitulées Les Langoliers et Vue Imprenable Sur Jardin Secret. La première parle de créatures étranges, qui dévorent le temps, l'action se passe essentiellement dans un aéroport déserté ; l'autre met en scène un écrivain qui reçoit la visite d'un homme l'accusant de l'avoir plagié...mais l'écrivain sait qu'il ne l'a pas plagié, et il ignore absolument qui est cet inconnu. Dans l'ensemble, c'est pas mal du tout. Note : 15/20.

30

Minuit 4 (1990) : Suite et fin de Minuit 2 : ici, on a encore une fois deux longues (presque des romans) nouvelles sous-titrées "Minuit 3" et "Minuit 4", la première s'appelle Le Policier Des Bibliothèques et parle d'un flic étrange et flippant chargé de controler si on a bien rendu ses livres à la bibliothèque ; et la seconde, Le Molosse Surgi Du Soleil, d'un chien féroce et fantastique sortant de l'objectif d'un appareil photo étrange. Hélas, si les deux histoires de Minuit 2 étaient bonnes, celles de Minuit 4 (aucune n'a été adaptée, ici, contrairement à l'autre tome) ne valent pas grand chose. Au final, ce doublé de recueils de nouvelles, en réalité un seul recueil scindé en deux volumes, est bien inégal. Note : 08/20.

31

La Tour Sombre 3 : Terres Perdues (1991) : Troisième tome de La Tour Sombre, et il faudra attendre 7 ans pour que les fans puissent ensuite lire le tome 4. Constitué de chapitres assez longs, mettant en scène à nouveau Jake (un adolescent découvert brièvement dans le tome 1, totalement absent du 2) en plus de Roland, Eddie et Susannah, Terres Perdues est un bon opus, mais ça fait tellement longtemps que je ne l'ai pas lu que je ne m'en souviens qu'à moitié. Faudrait que je le relise (et autant le dire tout de suite, je n'ai pas encore lu les tomes 5 à 8 de la saga, mais je compte le faire) ! La note est donc selon mes souvenirs du livre. Note : 15/20.

32

Bazaar (1991) : Adapté au cinéma par Fraser C. Heston (fiston de Charles), ce roman se passant, comme d'autres anciens romans (Dead Zone, Cujo), à Castle Rock, est un des plus connus de King dans les années 90 (une décennie assez moyenne le concernant, enfin je trouve, mais ayant mieux fini qu'elle n'a démarré). Est-ce un bon cru ? Sincèrement, cette histoire de diable qui s'installe à Castle Rock et ouvre une boutique où l'on trouve de tout (tout dépend du "prix" que l'on veut donner) est au départ assez amusante, mais au final plutot moyenne. Le diable, sous le nom de Leland Gaunt, va mettre la ville a feu et à sang, chaque habitant va se retourner contre l'autre... Un jeu de massacre qui ne m'a que très moyennement convaincu. Note : 11/20.

33

Jessie (1992) : Jessie et son mari Gerald prennent l'habitude de passer quelques jours dans leur petit chalet situé sur les bords d'un lac tranquille, dansun coin paumé du Maine, isolé de tout. Gerald attache Jessie aux montants du lit avec des menottes, pour leur petit jeu sexuel habituel (auquel Jessie n'a plus trop envie de jouer). De colère contre son mari, voulant qu'il la détache, Jessie, attachée au lit, lui colle un coup de pied en plein ventre. Gerald en fait une attaque, et s'écroule raide mort au sol. La voilà seule, nue, attachée au lit, dans un coin reculé, et le pire, en plus de la douleur aux bras, de la soif, de la faim, de la fatigue, c'est ce chien errant qui rode dans le coin, et ces visions et voix dans la tete, qui ne cessent de la perturber... Un huis-clos haletant, terrifiant meme, qui résonne assez étrangement avec le roman suivant dans l'oeuvre de King (des allusions). Un très bon cru, que j'aime beaucoup, et qui aborde en filigrane un sujet assez tabou et délicat (pas les jeux sexuels déviants, mais l'inceste). Note : 16/20.

34

Dolores Claiborne (1992) : Roman écrit sous la forme d'une longue confession à la première personne, sans chapitres ni coupures. Ca se lit très facilement (le roman n'est pas un pavé). L'action se passe sur une petite ile fictive du Maine, Little Tall, dans les années 60/70/80/90 (un passage est en lien avec un autre de Jessie, le roman précédent, qui n'a sinon aucun rapport, c'est juste une allusion). Dolores Claiborne n'a pas eu une vie facile : mari alcoolo et violent, qui la bat...elle travaille comme femme de ménage chez une riche dame un peu cintrée qui, quand elle mourra brutalement, va la mettre dans une drole de situation : elle qui, déjà, fut accusée d'avoir autrefois tué son mari est accusée de l'avoir tuée, elle. Mais si elle dit qu'elle a bien, autrefois, tué son mari le jour de l'éclipse, elle dément avoir tué sa patronne. Un excellent roman adapté au cinéma (un grand film aussi). Je l'adore. Note : 18/20.

35

Reves Et Cauchemars (1993) : Recueil de nouvelles que j'avais, autrefois, en poche (en deux tomes) puis que j'ai preté à quelqu'un ne me les ayant jamais rendus ; la mort dans l'ame, je l'ai racheté, ce livre, et en grand format, donc, au final, je ne regrette pas trop d'avoir 'paumé' indirectement mes deux tomes en poche ! Un très bon recueil, presque aussi bon que Brume, c'est dire donc si le niveau est important. Certaines des nouvelles ici sont purement géniales (Pompes De Basket, La Saison Des Pluies, La Maison De Maple Street, Dédicaces, Le Rapace Nocturne qui a été adapté au cinéma, un film foiré), une ou deux sont assez moyennes, mais au final, nettement plus de réussites que de ratages. Excellent livre ! Note : 17/20.

36

Insomnie (1994) : Un des rares King (avec les deux derniers, mais pour ceux-là, c'est rapport à leur sortie récente) que je n'ai lus qu'une seule fois. Insomnie ne m'a pas trop plu, cette histoire assez tarabiscotée que je ne saurai d'ailleurs résumer et se passant à Derry est probablement le King le moins réussi des années 90, pour les romans. C'est assez long, longuet, je ne me souviens franchement pas de grand-chose, ce qui signifie qu'il me faudrait sans doute le relire, histoire de...oui, mais voilà, j'ai vraiment pas envie de le relire, tellement il ne m'a pas fait grande impression. Sans doute que je me trompe à son sujet, mais pour moi, c'est pas un bon cru ! Note : 06/20.

37

Rose Madder (1995) : Voilà un King que j'ai mis du temps à aimer, j'ai d'abord trouvé ennuyante cette histoire de femme poursuivie par son mari violent (et psychotique ; et flic, aussi), et découvrant malgré elle un monde parallèle assez fantastique, irréel. Avec le temps, je dois dire que ce plaidoyer en faveur des femmes battues (car c'est en partie cela) est un très bon cru, sans doute pas le meilleur roman de King (clairement pas, meme), ni son meilleur des années 90 (pour moi, c'est La Ligne VerteDolores Claiborne, Sac D'Os, ou Jessie), mais un honnete cru de King, il faut s'accrocher parfois, mais c'est vraiment bien foutu. Note : 15/20.

38

La Ligne Verte (1996) : A la base, ce roman (adapté à la perfection par Frank Darabont) est paru en épisodes, King voulait faire un peu comme ces auteurs du XIXème siecle (Dickens, notamment) qui publiaient leurs romans en épisodes. 6 épisodes en tout, y compris en France (c'était l'éditeur Librio, qui publiait des livres fins à 10 francs pièce, qui a publié ces 6 épisodes, et les a réunis en un coffret, avant que le roman ne soit commercialisé en un seul tome par la suite). Un des romans de King qu'il est désormais inutile de présenter, et c'est en grande partie le film qui en est la raison ; un remarquable roman se passant dans les années 30, dans le quartier des condamnés à mort d'un pénitencier de Louisiane. Personnages remarquables, qu'on aime (John Caffey, Mister Jingles la souris, Paul Edgecombe) ou aime détester (Percy Wetmore), et un plaidoyer contre la peine de mort, aussi. Un des meilleurs romans de King. Note : 19/20.

39

Désolation (1996) : Roman étrange se passant en plein désert, dans une ville paumée et désertée du nom du roman (un nom bien en adéquation avec la ville), dans laquelle un flic bizarre, comme rongé par un mal étrange, sème la panique. Ce roman sera adapté en TVfilm en plusieurs parties (pas mal, sans plus), et sera accompagné, au moment de sa sortie, d'un autre roman (ci-dessous) avec les memes personnages, mais dans un autre décor, et avec un scénario différent, mais pas si différent que ca. Ca fait longtemps que je n'ai pas lu ce roman, je n'en garde pas un souvenir impérissable, meme si j'ai adoré les personnages du flic et de Johnny Marinville. Note : 13/20.

40

Les Régulateurs (1997) : Richard Bachman, le retour. Soit-disant "mort" (étant donné qu'il n'a jamais existé...), Bachman revit grace à ce livre que, selon l'histoire, sa veuve Claudia aurait découvert dans un carton, et publié. Memes personnages que dans Désolation, pas vraiment dans les memes roles, et une histoire assez étrange (il m'est quasiment impossible de la résumer, c'est vraiment space) qui tourne autour d'un vieux western violent de série B du nom du livre. Les deux romans se complètent, celui signé du nom de King est de loin le meilleur. Ces Régulateurs est le seul roman signé Bachman qui ne m'a pas plus du tout. Note : 04/20.

41

La Tour Sombre 4 : Magie Et Cristal (1997) : Encore un tome de la saga La Tour Sombre. C'est le quatrième tome, et il se situe en majeure partie dans le passé de Roland le Pistolero, sa vie de jeune adulte (histoire d'amour impossible à la clé). On peut dire que ce roman est un peu trop long, bavard, paresseux, on s'emmerde un peu parfois, mais je l'ai quand meme trouvé meilleur, dans mes souvenirs, que Terres Perdues, le tome 3. Pas trop mal dans l'ensemble, quoi. Note : 15/20.

42

Sac D'Os (1998) : A partir de ce roman, je les possède tous en grand format (ce qui fait une chouette collection de beaux livres). Ce roman marque une sorte de renaissance pour King après quelques romans parfois assez moyens. Sac D'Os, "histoire d'amour hantée" selon les termes de l'auteur, est ce qui se rapproche le plus d'un roman traditionnel. C'est un roman fantastique, une histoire de fantomes et de malédiction, mais c'est surtout l'histoire d'un homme, écrivain à succès, qui se refait une nouvelle vie suite au décès accidentel de sa femme, décès qu'il a énormément de mal à vivre (il ne parvient plus à écrire). Il part se ressourcer dans leur chalet situé dans le TR-90 (un coin reculé du Maine, boisé, sauvage, qu'il connait bien), et va se rendre compte que "Sara Laughs", son chalet, est hanté, par l'esprit de sa femme, et par d'autres esprits, plus anciens. Il va aussi rencontrer une jeune femme en pleine détresse sentimentale, en proie à de gros soucis personnels, et va tout faire pour l'aider. Un grand King, un très grand King, meme. Un chef d'oeuvre. Note : 20/20.

44

La Tempete Du Siecle (1999) : Livre un peu à part : ce n'est pas un roman, ni un recueil de nouvelles (ni un essai !), mais un scénario, une histoire directement écrite pour la TV (TVfilm assez long, en plusieurs parties, diffusé aux USA au moment de la parution du livre, et réalisé par Craig R. Baxley ; un TVfilm très très bon, bien que long). Le livre consiste en ce scénario (avec détails techniques type 'extérieur jour, il pleut', etc et dialogues type théâtre), tout bêtement. L'histoire (un homme étrange débarque à Little Tall Island, l'île de Dolores Claiborne, alors qu'une tempête monstrueuse s'annonce, et cet homme, emprisonné dans un réduit par le shériff local car il a commis un crime, est apparemment tout sauf humain) est excellente, mais c'est parfois chiant à lire, à cause du procédé 'script de film'. Mieux vaut voir le TVfilm ! Note : 14/20.

43

Coeurs Perdus En Atlantide (1999) : Considéré soit comme un roman, soit comme un recueil de nouvelles, ce livre est, de toutes façons, remarquable. Perso, j'y vois plus un roman qu'un recueil (meme si, c'est vrai, il y à un monde entre les différentes parties), ou alors un recueil romancé, un peu comme le premier tome de la saga de La Tour Sombre (ou les Elric de Michael Moorcock), car certains personnages reviennent d'histoire en histoire. Un livre sublime, qui se passe entre les années 60 et 90, et dont la première et la dernière histoire ont été adaptées dans le film basé sur le livre (un film moyen avec Anthony Hopkins). L'histoire ? Notamment l'amitié entre un jeune garçon et un vieil homme solitaire et érudit, qui se cache d'on ne sait quoi, et la vie dans un campus américain pendant la guerre du Vietnam, entre parties de chasse-coeur (un jeu de cartes) et contestations estudiantines... Si on excepte un détail dans la première histoire, aucun élément fantastique ou horrifique ici. Mais un vrai beau roman à l'ancienne (ou recueil de nouvelles, je sais), à lire absolument. Chef d'oeuvre total. Note : 20/20.

45

La Petite Fille Qui Aimait Tom Gordon (1999) : Un livre très court (300 pages en grand format, et encore, 'grand format'...le livre est plutot en 'moyen format', chez Albin Michel !) et très simple, sur un postulat de base très simple : une petite fille de neuf ans, fan de base-ball, dont les parents sont divorcés, se paume en foret. Tout con, quoi. Mais très efficace et réussi, quoi qu'on en dise, meme si ce n'est pas le sommet de King. On est à fond avec cette petite gamine du nom de Trisha, débrouillarde et rigolote, luttant quand meme pour sa survie dans les bois du Maine. Note : 16/20.

46

Ecriture (2000) : Deuxième essai publié de King, celui-ci est à la fois une petite autobiographie (la première partie, remarquable) et un petit condenséde conseils divers sur le métier d'écrivain. Très bon (King y parle aussi et surtout des erreurs à ne pas commettre, citant des extraits de romans qui ont commis cette erreur, et je ne parle pas de romans de King, mais d'autres auteurs, ça balance !), mais à réserver aux ultra fans. Note : 17/20.

47

Dreamcatcher (2001) : Un roman fantastique (son adaptation cinéma par Lawrence Kasdan est, elle, médiocre) sur un thème peu souvent utilisé par King (mais quand meme de temps en temps), et ici magnifié : les extra-terrestres. A la base, ce roman devait s'appeler Cancer (la femme de King lui demandera de changer, trouvant ce titre horrible), allusion à la possession alien dans ce roman, qui peut s'assimiler à une sorte de cancer... Une bande de copains d'enfance se retrouvent, au cours d'une partie de chasse dans le Maine, en pleine histoire d'invasion d'extraterrestres étranges, qui prennent possession, à la Alien, des humains. L'armée s'en mele, avec à sa tete un dur de dur, bien psychotique, du nom de Kurtz... Un roman long (700 pages) et tout simplement quintessentiel, qui fait revenir des bribes de Ca, par moments. Note : 20/20.

48

Le Talisman Des Territoires 2 : Territoires (2001) : Suite tardive (dans les deux sens du terme : le premier roman date de 1984, et cette suite, en plus d'avoir été écrite bien plus tard, se passe plusieurs années après les faits du tome 1) du Talisman, et que je préfère au Talisman, d'ailleurs. Une histoire de serial-killer glauquissime, qui sévit dans une petite ville américaine apparemment sans histoires. Devenu flic, Jack Sawyer, l'adolescent du précédent tome, se demande si le tueur ne proviendrait pas des Territoires... J'ai toujours trouvé que ce roman et le roman Le 5ème Règne de Maxime Chattam se ressemblaient parfois, dans leurs ambiances. Un excellent et peu connu roman signé King en collaboration avec Peter Straub (comme ce fut déjà le cas du Talisman en 1984). Note : 18/20.

49

Roadmaster (2003) : Se passant essentiellement dans le passé (les personnages principaux, flics de Pennsylvanie, racontent leur histoire à une jeune recrue, fils d'un des leurs mort récemment, une histoire très étrange au sujet d'une sorte de voiture qu'ils ont découvert en 1979 et conservé dans un de leurs hangars depuis le temps ; c'est tout sauf une voiture, meme si elle a l'apparence d'une Buick Roadmaster de 1958 ; c'est plus une sorte de passerelle entre deux mondes, le notre et un monde terrifiant et inconnu), ce roman est sans doute un King mineur, mais j'avoue énormément l'adorer. Son titre original (From A Buick 8) est une allusion à une chanson de Bob Dylan de 1965 dont le titre est quasi identique (un 6 au lieu d'un 8). Un très bon cru, bien que King a fait mieux, mais j'aime vraiment ce 'petit' roman qui fait quand meme 440 pages en grand format ! Note : 16/20.

50

Tout Est Fatal (2003) : Un excellent recueil de nouvelles (deux d'entre elles, grandioses toutes deux, avaient été publiées indépendamment, une dans le recueil collectif 999 sorti en 1999 - Quand L'Autovirus Met Cap Au Nord - et l'autre en un petit livre de poche, Un Tour Sur Le Bolid'), qui n'offre pour ainsi dire que des merveilles (1408, par exemple, adapté au cinéma, un mauvais film). Un des meilleurs recueils de King, avec quelques histoires un peu à part : une sur le bandit John Dillinger assistant à la mort d'un de ses complices (histoire vraie), une se passant dans l'univers de La Tour Sombre... Tout simplement excellent, mélange réussi entre humour, suspense, tragédie et violence. Note : 18/20.

51

La Tour Sombre 5 : Les Loups De La Calla (2004) : C'est le tome 5 de La Tour Sombre. Stephen King a pris comme influence principale, ici, et il ne s'en cache pas (il cite ces oeuvres cinématographiques dans sa postface, et un dialogue d'un des films en ouverture du roman) Les Sept Samouraïs de Kurosawa, son remake hollywoodien Les Sept Mercenaires de John Sturges (c'est de ce film que vient la citation, et les lieux de l'action sont les Calla Bryn Sturgis, le dernier mot se prononce comme le nom du réalisateur du film) et les films de Sergio Leone. Les Loups De La Calla, western de fantasy, donc, possède une intrigue très proche de celle du film de Kurosawa (ou de Sturges), en version fantasy : Roland et ses amis pistoleros Eddie, Susannah et Jake (et Ote !) arrivent sur les terres de la Calla, peuplée de fermiers, et sur lesquelles s'est installé, depuis quelques années, un ancien prêtre défroqué au passé trouble, Donald Callahan (le prêtre dans Salem !), et où vit aussi Andy, un robot capable de parler et de penser. Tous les 30 ans environ, des créatures humanoïdes terrifiantes, les Loups, viennent de Tonnefoudre (un endroit similaire au Mordor dans l'oeuvre de Tolkien) pour enlever les enfants ; ceux qui reviennent vivant deviennent totalement décérébrés, crânés selon l'expression utilisée dans le roman. Les fermiers savent que les Loups vont revenir, et profitent du passage des pistoleros pour leur demander de les aider à repousser l'attaque. Mission acceptée, même si ça retarde leur quête de la Tour Sombre. Un grand roman dans la saga, clairement un de mes préférés, 665 pages (en poche) de bonheur (les fans de Salem apprécieront les allusions, et la présence du Père Callahan). A lire ! Note : 18/20.

52

La Tour Sombre 6 : Le Chant De Susannah (2004) : Sixième tome de la saga de La Tour Sombre, ce roman assez court par rapport à d'autres (en poche, 520 pages ; c'est pas tellement court, OK, mais le tome suivant fait 950 pages, le tome 4 en faisait 860, le tome 5 en faisait 665 !), aussi long que le tome 3 en fait, est une réussite, même si son début est laborieux. Il est constitué de 13 parties intitulées 'couplets' (chaque partie possède des chapitres, parfois courts, très courts), allusion au titre du roman, et son action se passe essentiellement dans notre monde, entre 1977 et 1999. Tandis que Susannah, possédée par une entité maléfique femelle du nom de Mia, et enceinte d'un enfant qu'elle a eu au cours de son viol par un démon (tome 3) - mais le pèe de l'enfant, par insémination indirecte, est Roland, le Pistolero -, est dans le New York de 1999 afin d'accoucher et de se débarrasser de Mia, et que Jake et le Père Callahan sont à sa recherche, Eddie et Roland sont, eux, en 1977, à la recherche de Calvin Tower, possesseur du terrain vague new-yorkais sur lequel se trouve la Rose (si ce résumé vous semble bordélique, c'est que vous n'avez pas lu les romans, et dans ce cas, what are you waiting for ?), afin de le convaincre de leur vendre ledit terrain afin qu'ils protègent la Rose. Ils vont découvrir l'existence d'un écrivain vivant dans le Maine (où se trouve aussi Tower), un certain...Stephen King, lequel a une grande part de responsabilité dans la quête de la Tour Sombre... Le début est laborieux (dès le septième couplet, ça va mieux ; au fait, les premiers couplets sont courts, et les 5 derniers, bien plus longs), mais le roman se termine en apothéose. L'avant-dernier roman du cycle, pas le meilleur (pas le moins bon non plus), mais c'est quand même excellent ! Note : 16/20.

53

La Tour Sombre 7 : La Tour Sombre (2005) : Vous ne pouvez pas vous imaginer le bonheur et l'excitation qui fut la mienne en lisant ce roman de 950 pages (en poche). C'est le septième et ultime volet de la fameuse saga entamée par un jeune King en 1970 (première histoire publiée en magazine aux USA en 1978, premier livre publié en 1982 aux USA), et qu'il aura donc achevé plus de 30 ans après (même si, en 1970, ce n'était que de premiers jets de l'histoire, il a réellement commencé ça vers 1977, en fait) : La Tour Sombre. Ce septième et ultime tome s'appelle du même nom, ce qui est logique. Je ne vais pas raconter l'histoire, juste vous dire que si vous voulez savoir quel est le monument absolu de la carrière de l'auteur, c'est cette saga (selon son propre aveu, et ce, même s'il avoue que tout n'y est pas totalement réussi). Le final de cette saga est déchirant, grandiose, et le final de ce final (le final du roman) m'a limite fait venir les larmes aux yeux. La Tour Sombre, le roman, est non seulement, selon moi, le meilleur de la saga, devant Les Loups De La Calla (le tome 5), mais aussi un des romans, un des livres, les plus grandioses de Stephen King. On a enfin, ici, le dénouement de l'histoire, la Tour fait plus que se profiler, à la fin, on y est, et même si certains trouveront à redire à ce final (King en dévoile la teneur dans une coda, et dans laquelle, juste avant d'entrer dans les détails, il met en garde les lecteurs : il est temps de faire demi-tour si vous ne voulez pas risquer d'être déçus ou d'avoir le coeur brisé par ce qu'il reste à lire ; le genre de mise en garde qui donne férocement envie de continuer à lire plutôt que de préférer s'arrêter là et de se demander, ensuite, ce qu'il y à après), ce final, justement, est d'une force et d'une logique implacables. Non, vraiment, un GRAND roman. Inutile de dire qu'il faut le lire une fois les autres tomes finis, et pas le lire comme ça, sans connaître la saga. Je me demande vraiment pourquoi je le précise, d'ailleurs, ça semble tellement évident... Note : 20/20.

54

Colorado Kid (2005) : Un court (150 pages, sorti direct en poche) roman sous influence Agatha Christie/Ellery Queen. Sur une petite ile du Maine (Moose-Lookit), deux journaliste locaux dirigeant la feuille de chou du coin racontent à leur jeune stagiaire Stephanie une histoire qui les hante depuis une trentaine d'années, et qui n'a pas été résolue : un homme, retrouvé mort sur la plage, apparemment originaire du Colorado, mort vraisemblablement de s'etre étouffer en mangeant... Que faisait-il là, qui était-il vraiment ? Un roman sympa, qui n'offre pas de révélation finale (King s'amuse de ses lecteurs, les laissant dans le vague), mais est bien écrit, reposant, amusant, un pastiche ou un hommage aux romans policiers d'autrefois. Pas mal du tout ! Note : 15/20.

55

Cellulaire (2006) : Le retour de King, enfin, une sorte de retour : ses trois précédents opus étaient (Colorado Kid excepté) les tomes manquants de sa saga de fantasy, et ça faisait depuis Roadmaster qu'il n'avait pas refait de roman (ou recueil) indépendant de La Tour Sombre. C'est chose faite ici, avec ce roman sympa, mais indéniablement un cru mineur, très (trop ?) fortement influencé par les films de zombies de George A. Romero (surtout Land Of The Dead). L'histoire ? Une onde envoyée par le biais des téléphones portables rendent leurs utilisateurs zombifiés. Clay et une poignée de survivants ne possédant pas de portables (au fait, King, à l'époque, n'en possédait pas, et sans doute est-ce toujours le cas) vont essayer de survivre dans une Amérique devenue totalement folle...ou si-phonée, comme on le dit dans le roman ! Ca ne vole pas haut, mais c'est réjouissant, divertissant, que demander de plus ? Ca ne donne pas envie de conserver son portable, en plus. Note : 14/20.

56

Histoire De Lisey (2006) : Il faut s'acccocher au départ, ce roman est en effet le moins facile à lire de toute la bibliographie kingienne. King y utilise plusieurs mots ou expressions plus ou moins argotiques, certaines inventées, d'autres trafiquées (la traductrice en a chié, et a du puiser dans des livres tels que les San-Antonio, pour trouver des équivalences correctes !). L'histoire ? Une sorte de Sac D'Os au féminin, teinté de Rose Madder. Lisey Landon est la femme de Scott Landon, écrivain à succès, et au passé douloureux et étrange (je ne dis rien, il faut lire le livre). Au moment où démarre le roman, Scott est mort depuis deux ans environ, Lisey a du mal à vivre sans lui. Elle est rapidement contactée par un homme voulant à tout prix récupérer des manuscrits appartenant à Scott, et va jusqu'à envoyer un sous-fifre agressif et demeuré chez elle pour faire le sale boulot. Entre ce taré et les souvenirs, profondément enfouis, du passé de Scott, plus des soucis de santé mentale chez une de ses soeurs, Amanda, Lisey ne va bientot plus savoir où donner de la tete... Un grand roman que j'ai bien mal résumé, mais en meme temps, ce livre se vit, et ne se résume pas. King a dit que c'était le roman dont il était le plus fier. Il a en effet de quoi en etre fier. Note : 20/20.

57

Blaze (2007) : Celui-là, je ne le possède pas en français, mais en anglais (jamais lu en français, pas encore du moins) ! Ecrit en 1973 en meme temps que Salem, King le proposera, en 1975, à son éditeur, en meme temps que Salem donc, et son éditeur choisira Salem. Celui-ci, une histoire sur un criminel mentalement déficient (un grand con à la Lenny dans Des Souris Et Des Hommes de Steinbeck) enlevant le bébé d'une riche famille pour obtenir une rançon, mais se prenant d'affection pour le bébé, est un très bon roman, pas très long, que King publiera finalement en 2007, sous le pseudonyme éventé depuis longtemps de Richard Bachman. Un roman qui aurait très bien pu paraitre dans les années 70 sous ce pseudo, en meme temps que Rage ou Marche Ou Crève, tant il transpire de la meme ambiance. Excellent. Note : 17/20.

58

Duma Key (2008) : Encore un chef d'oeuvre absolu pour King. Une histoire marquante sur un homme blessé par la vie (victime d'un accident violent sur un chantier où il bossait, il en ressort amputé d'un bras, des problèmes moteurs éphémères et des difficultés à marcher), qui accepte de se retirer un temps sur Duma Key, une des iles de l'archipel floridien des Keys, afin de faire le point et de se refaire une santé physique. Il va, sur place, découvrir, sur cette ile privée, deux habitants assez étranges (un ancien avocat alcoolique et une vieille dame atteinte d'Alzheimer, richissime, propriétaire de l'ile) et se découvrir une passion pour la peinture. Mais rapidement, il va etre hanté par d'étranges visions, qu'il va reproduire sur toiles, presque malgré lui... Une parabole remarquable sur les affres de la création, et aussi une réflexion sur la convalescence après un grand choc, rappelons que King, en 2000 je crois, a failli etre tué dans un accident de la route (renversé par une voiture), il mettra du temps à s'en remettre... Un chef d'oeuvre à ranger à coté de Sac D'Os ou Histoire De Lisey. Note : 20/20.

59

Juste Avant Le Crepuscule (2009) : Quelqes très bonnes histoires (Le Chat D'Enfer, assez ancienne), mais au final, ce recueil, assez court (moins de 500 pages, largement moins) est décevant. J'ai vraiment été frustré par ce livre, pas mal d'histoires sont soit moyennes, soit ne vont pas jusqu'au bout des choses. Après, c'est vrai que cette histoire d'homme témoin involontaire, dans des chiottes d'aire d'autoroute, d'une agression sur une femme, ou cette histoire tournant autour du 9/11, sont vraiment excellentes. Mais dans l'ensemble, Juste Avant Le Crépuscule (titre français qui traduit à coté de la plaque le titre original, qui est Just Past Sunset, soit "Juste APRES Le Crépuscule") est un King mineur. Son moins bon recueil de nouvelles, aussi, Minuit 4 excepté. Note : 12/20.

60

Dome (2010) : Que dire ? Adapté en série TV diffusée actuellement sur M6 (excellente, mais il y à de belles grosses différences avec le roman : personnages différents ou manquants, etc), ce roman est un des plus épais de King : 1200 pages en deux tomes. Un chef d'oeuvre, malgré un manichéisme (les bons très gentils d'un coté, les méchants très méchants de l'autre) très présent, un peu comme Le Fléau. Inutile de rappeler l'histoire, tout le monde la connait, hein ? King a mis du temps entre sa première idée d'histoire (et les premiers jets d'écriture) et la publication finale, il a maintes fois interrompu l'écriture du manuscrit, passé à autre chose, revenu dessus, avant d'enfin réussir à l'écrire. Un extraordinaire roman. Pour moi, ça mérite 20, mais je retire un point à cause de la psychologie primaire des personnages. Note : 19/20.

61

Nuit Noire, Etoiles Mortes (2011) : De meme que Différentes Saisons, voici un recueil de quatre longues (la plus courte fait 60 pages environ) nouvelles, toutes très sombres, parmi les histoires les plus sombres jamais écrites par King. Première histoire : 1922. Un brave fermier du Nebraska, en 1922, tue sa femme pour une sinistre histoire de propriété de terrain. Est-ce la culpabilité qui va le rendre fou, ou bien sa femme va-t-elle vraiment revenir le hanter ? Grand Chauffeur raconte l'histoire d'une écrivaine prise en stop, après une petite conférence en milieu paumé, par un routier qui va la violer et tenter de la tuer par étranglement. Elle s'en sort, et va dès lors rechercher son agresseur... Extension Claire (la plus courte) parle d'un homme, atteint d'un cancer, et jaloux de la réussite (à tous niveaux) de son ami d'enfance, qui va découvrir, grace à un étrange et inquiétant commerçant, une extension de vie. Il accepte de signer pour que sa vie se rallonge, mais en contrepartie, d'autres personnes vont payer son bonheur... Enfin, Bon Ménage parle d'une femme découvrant que son mari bien-aimé est en réalité un tueur en série, un prédateur sexuel répugnant... Quatre grandes nouvelles (ma préférée est la première) qui font de ce recueil un des meilleurs de l'auteur. Note : 19/20.

61

La Tour Sombre 8 : La Clé Des Vents (2012) : Sorti il y à peu de temps (en format poche exclusivement, rapport à son faible nombre de pages : 280), ce roman est partie intégrante du cycle de La Tour Sombre, tout en pouvant se lire séparément sans problème (mieux : sachez que si vous n'avez pas lu les romans du cycle, vous pouvez lire celui-là sans crainte de rien piger). La Clé Des Vents est en effet un tome intermédiaire (et tardif : King l'a écrit en 2011, et il avait achevé son cycle en 2005 !), que King a situé entre les faits du tome 4 (Magie Et Cristal) et du tome 5 (Les Loups De La Calla), une sorte de tome 4,5, en gros. Et l'action se situe effectivement directement après la fin du tome 4. Mais tout comme le tome 4, l'essentiel se passe dans le passé, en un gros flash-back raconté par Roland le Pistolero. Ici, il raconte à ses compagnons de route Eddie, Susannah et Jake (et Ote, la petite créature à poils qui les accompagne), au cours d'une nuit de tempête, une histoire lui étant arrivée quand il avait une quinzaine d'années : la traque d'un garou (un homme métamorphe, se transformant en un monstre sanguinaire), histoire dans laquelle s'imbrique une autre, celle de la Clé des Vents, qu'il raconte à un jeune enfant, en parallèle. Une histoire dans une histoire dans une histoire, quoi ! Bien écrit, mais pas révolutionnaire, ce tome additionnel au cycle plaira aux fans de La Tour Sombre, mais on ne peut pas dire qu'il est essentiel. C'est quand même pas mal, et, donc, à lire ! Note : 14/20.

62

22/11/63 (2013) : 900 pages parues assez tardivement chez nous (King a publié ce livre en 2011 aux USA, il est sorti deux ans plus tard en France...l'année des 50 ans de la mort de Kennedy), et utilisant une des plus fameuses dates du XXème siècle, celle de la mort de JFK, pour une histoire de faille temporelle. Un professeur d'université, Jake Epping, découvre grace à un de ses amis mourant un lieu étrange, dans la maison de celui-ci, permettant de passer dans une faille temporelle, et de se retrouver en 1958 (à un endroit précis et une date précise, toujours la meme). Son ami a depuis longtemps essayé une chose bien particulière : s'étant rendu compte que peu importe combien de temps on reste dans le passé, il ne s'écoulera pas plus de 2 minutes dans le temps présent, il a essayé de rester jusqu'en 1963 afin d'empecher l'assassinat de Kennedy par Oswald. Si Kennedy n'est pas tué, Lyndon Johnson ne le remplacera pas à la Présidence, et la guerre du Vietnam n'aura pas lieu, entre autres évenements. Jake accepte de tenter le coup pour son ami (qui ne peut plus le faire, étant moribond), en sachant qu'il devra sans aucun doute essayer plusieurs fois, passer de nombreuses années dans le passé, afin d'etre sur de réussir... Un chef d'oeuvre d'inventivité (c'est fourmillant de détails), totalement bluffant. A lire absolument ! Note : 20/20.

63

Docteur Sleep (2013) : Le dernier roman en date. Comme vous le savez surement, il s'agit de la suite de Shining. De la tardive (dans les deux sens du terme : il a mis du temps à la faire, et l'action se passe facile 30 ans après Shining) suite, meme. Danny Torrance a maintenant près de 40 ans. Il est toujours possesseur du Don, et va faire tout son possible pour empecher une bande de givrés à moitié immortels (qui se déplacent en camping-cars et se sont baptisés le Noeud Vrai) se s'en prendre à une jeune fille ayant elle aussi le Don. Le Noeud Vrai s'en prennent en effet aux enfants possesseurs du Don, qu'ils tuent  afin d'absorber ce qu'ils appellent leur 'vapeur' (leur Don, quoi). Ancien alcoolique, Dan va tout faire pour sauver cette fille, du nom d'Abra... Un remarquable roman, le seul reproche est qu'il faut s'accrocher au début, pour les passages concernant le Noeud Vrai : l'explication les concernant (ce qu'ils sont) n'arrive, au compte-gouttes, que tardivement. Sinon, entre le plaisir de retrouver Danny (adulte et assez mal en point, au passif douloureux) et une histoire riche en suspense et inventivité, Docteur Sleep est un régal ! Il n'est pas nécessaire d'avoir lu Shining auparavant, mais c'est tout de meme préférable. Note : 18/20.