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Place maintenant à une série de BD belge (publiée dans Spirou Magazine autrefois) qui, à l'époque, fut un très grand succès : Gil Jourdan. Il n'y à que 16 tomes dans cette série qui a été arrêtée en 1978, bien malgré elle, suite au décès de son auteur, Maurice Tillieux (qui a conçu scénario et dessins des 12 premiers tomes, et le scénario des quatre tomes restants, ayant délégué les dessins à Gos), un auteur très réputé dans le monde de la BD, et un spécialiste des histoires remplies de suspense et de personnages troubles. Une vraie série policière, certes remplie d'humour, mais quand même très marquée 'film noir' par moments ! Les albums sont, hélas, impossible à trouver à l'unité en état neuf et en magasin à l'heure actuelle, mais la série est, heureusement, commercialisée en quatre épais tomes de quatre albums chacun, en intégrale, et ces quatre tomes sont, eux, facilement trouvables en magasin ou sur le Net ! On commence, donc, ce résumé rapide (avec avis et note objective), à noter que les dates sont celles des publications en album et non pas dans Spirou :

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Libellule S'Evade (1959) : Première aventure, et déjà, tous les personnages principaux de la série sont là : Gil Jourdan, bien sûr (un jeune étudiant en driot reconverti en détective privé amateur), Libellule (un truand sans grande envergure, perceur de coffres-forts et amateur de vannes pourries), Queue-De-Cerise (secrétaire de Gil) et l'inspecteur de police Crouton (qui mérite bien son nom). L'histoire ? Libellule, André de son prénom, doit être escorté par l'inspecteur Crouton, mais il parvient à s'évader grâce à l'aide non prévue au programme (il s'évade sans le savoir avant de s'évader, quoi, on le fait s'évader !) de Gil Jourdan, déguisé en taxi. Alors que Crouton, qui s'est fait avoir comme un bleu, le poursuit, Libellule découvre les raisons de l'évasion : Gil Jourdan lui demande de l'aider dans son entreprise, qui est de faire tomber un important réseau de trafiquants de popaïne. Si Libellule refuse, Crouton pourrait bien avoir des facilités à le retrouver... Libellule accepte, d'autant plus que ce n'est pas un mauvais bougre. Les dessins sont très bons (ils se rapprochent de ceux de Franquin), le scénario est très réussi, l'humour est bien présent... Un premier tome de qualité, qui se finit en suspense... logique, la suite de l'histoire est dans le tome 2 ! Note : 18/20.

02

Popaïne Et Vieux Tableaux (1960) : Il faut absolument avoir lu Libellule S'Evade pour bien apprécier ce tome 2, qui en est la suite directe. On peut quand même le lire sans avoir lu le précédent tome, mais c'est préférable (de toute façon, comme on ne trouve quasiment plus les albums de la série autrement qu'en gros tomes d'intégrales réunissant chacun 4 albums, et qu'ils sont proposés dans l'ordre, il est logique d'avoir lu Libellule S'Evade avant celui-ci si on possède ces tomes "Intégrale", le premier tome proposant les 4 premiers albums !). Gil, Libellule et Queue-De-Cerise (qui, une fois cet album passé, retrouvera un rôle plus passif de secrétaire dans un bureau) entendent bien mettre à bas le réseau de trafiquants de popaïne, qui semble passer par le biais d'un châtelain propriétaire d'oeuvres d'art. Une histoire que je trouve moins réussie que la première partie, j'ai un peu le même sentiment, ici, qu'avec le deuxième film des Fantômas avec De Funès : bien, mais moins bien, et même un chouïa prise de tête parfois. Le trop est l'ennemi du mieux, comme on dit. Dans l'ensemble, cet album est tout de même très très bien, n'allez pas croire que c'est raté, mais c'est quand même moins bien que le précédent et que plusieurs des suivants (qui seront indépendants de cette histoire de trafic de popaïne). A noter que l'éditeur Dupuis (qui dirigeait Spirou Magazine) n'était pas content qu'on parle de came dans une BD pour enfants, mais Tillieux lui dira sans malice que la popaïne étant une drogue fictive, il n'y avait pas grand mal ! Note : 16/20.

03

La Voiture Immergée (1960) : Première aventure indépendante de la série après deux tomes qui se suivent totalement et proposaient une intrigue en deux volumes. Ici, l'action prend place en Bretagne, dans le Morbihan, dans un lieu fictif vraisemblablement inspiré par Noirmoutier et Tascon, deux îles, dont l'une est dans le Morbihan et est accessible, comme celle de l'album, à marée basse (Tascon). Une voiture est retrouvée totalement immergée sur une chaussée submersible pouvant, à marée basse, mener à un château en ruines, la Tour du Chevalier (le chemin submersible s'appelle le Pas du Malin, et il est très difficile d'accès). Le conducteur a disparu. Apprenant cette étrange histoire, Gil Jourdan et Libellule (définitivement son second dans son entreprise de détective privé), ainsi que l'inspecteur Crouton, se rendent sur place, mandatés, qui plus est, par le neveu du disparu, lequel était antiquaire, Nikita Zix. Henri Zix, le neveu, a découvert que plusieurs des oeuvres d'art détenues par son oncle disparu, sont désormais des copies... Une intrigue qui se passe dans une atmosphère assez lugubre, ce qui n'empêche pas des gags et dialogues assez savoureux. Dans l'ensemble, c'est un excellent opus ! Note : 18/20

04

Les Cargos Du Crépuscule (1961) : Jo-la-Seringue, un détenu, s'évade de la prison de Morbeuf, et ce, dans des conditions totalement étranges : il aurait fait des bonds de 10 mètres, sautant allègrement, d'un coup, sans élan, par-dessus le mur d'enceinte de la prison, qui est de cette hauteur (et ce, devant témoins, enfin, quasiment) ! L'inspecteur Crouton est appelé en urgence pour protéger l'ancien avocat de Jo, Samson Loucq, que Jo avait menacé de mort (il avait perdu son procès). Loucq est rapidement enlevé, et Gil Jourdan et Libellule, aidés de Crouton, mènent l'enquête... Une intrigue excellente, une ambiance très film noir (rien que le titre de l'album est un poème, dans cette catégorie), des dessins comme toujours remarquables... Encore une réussite flagrante pour la série ! Note : 18/20.

05

L'Enfer De Xique-Xique (1962) : Maurice Tillieux semble s'être totalement inspiré de Franquin et de l'album Le Dictateur Et Le Champignon (tome 7 des Spirou & Fantasio) pour cet album se passant dans un pays fictif d'Amérique du Sud, une dictature militaire. Gil Jourdan et Libellule se retrouvent, sur un malentendu (mais, en même temps, ils recherchent quelqu'un), prisonniers dans le sinistre camp de travail de Xique-Xique, paumé en plein désert, et vont par tous les moyens chercher à s'évader, ce qui peut sembler d'ailleurs impossible vu les conditions du camp et sa localisation. Tillieux a toujours adoré les voitures et adoré les dessiner (et dessiner des accidents de voitures). Ici, de très beaux camions et une ambiance parfois proche de Cent Mille Dollars Au Soleil ou du Salaire De La Peur, même si ça sera surtout dans Le Chinois A 2 Roues que l'on retrouvera un ambiance typique de ces films. Cet album est clairement un des sommets de la saga, qui entre alors dans ce que l'on appellera son Âge d'Or.  Note : 20/20.

06

Surboum Pour 4 Roues (1963) : Tillieux a toujours adoré dessiner les voitures, camions et autres véhicules motorisés, et dessiner, aussi, des courses-poursuites et/ou crashs automobiles. C'était son truc ! Ici, il se fait vraiment plaisir, avec cette histoire mettant en scène une bande de voleurs de fourgonnettes. Un collègue de l'inspecteur Crouton est sur l'affaire. Parallèlement, Gil Jourdan reçoit chez lui, par erreur (il ne s'en rend compte qu'en l'ouvrant), une lettre de menaces destinée à un certain Marc Rouleau, résidant à Savajols, en Lozère, lettre l'informant qu'il va bientôt y passer. Jourdan et Libellule se rendent sur place, à la fois pour prévenir Rouleau de ses menaces et pour l'en protéger - et en savoir plus. Surpris par un orage dans le Causse (une grande étendue quasi désertique, un des paysages usuels de la région), ils prennent refuge, pour la nuit, dans un village abandonné, et au petit matin, sont réveillés par une explosion, qui a eu lieu dans une casse automobile proche, laquelle possède une cour intérieure remplie de fourgonnettes... Surboum Pour 4 Roues est une réussite de plus, ça commence à devenir une habitude. L'intrigue est légèrement plus terre-à-terre que certains des précédents opus (le saut de 10 mètres des Cargos..., par exemple), et fait la part belle aux véhicules, comme son titre l'indique (et le postulat de départ, ces vols organisés et ciblés, que des fourgonnettes). Excellent opus, pas un de mes préférés, et sans aucun doute moins grandiose que les deux précédents (voire que les trois précédents), mais ne boudons pas notre plaisir ! Note : 16/20.

07

Les Moines Rouges (1964) : Probablement (non ! clairement, en fait !) mon préféré de la série. L'action se passe encoreune fois en Bretagne (après le tome 3), à Labarre-Hilaire, un petit village apparemment paisible, situé non loin d'une ancienne abbaye en ruines, l'Abbaye des Moines Rouges. Hyacinthe Laplume, le très émotif (quand il est énervé, il bafouille atrocement !) maire du village, et son adjoint Benoît Chassemouche, décident d'appeler le détective Gil Jourdan, de Paris, afin qu'il vienne élucider certains mystères : un fantôme aurait été aperçu dans l'abbaye. Gil et Libellule arrivent, et le soir-même, Gil tente de photographier le fantôme en l'attendant dans les ruines. Il l'aperçoit, le prend en photo en infrarouge et le poursuit, récoltant un coup de poing pour la peine. Depuis quand les fantômes peuvent-ils frapper quelqu'un ? Une histoire à l'ambiance assez gothique parfois (un village, des ruines d'une abbaye soit-disant hantée, la nuit, les paysages un peu déchirés et sauvages de la Bretagne rurale...), et totalement admirable (l'ambiance, et l'histoire aussi), avec un dénouement plus terre-à-terre que son postulat de départ. C'est un des meilleurs albums d'une série qui, pour le moment (mais ça ne va hélas pas durer), n'a aucun mauvais album. Essentiel pour tout fan de BD de ce genre ! Note : 20/20.

08

Les 3 Taches (1965) : Un album assez drôle dans lequel le trio de personnages principaux Gil/Libellule/Crouton se fait un peu voler la vedette par un duo de truands sans envergure et assez maladroit et idiot, Aldo et Skip. Le premier est un blondinet (cheveux qui masquent les yeux en permanence) idiot au sourire béat, qui ne cesse de se faire rabrouer et gifler par le second, plus sérieux et intelligent, et toujours énervé de la connerie de son complice. Les deux hommes, au début, percent un coffre-fort et emportent troisdossiers qui s'y trouvaient : des cartes géodésiques de vues aériennes. L'inspecteur Crouton est sur l'affaire, mais le chef de l'entreprise cambriolée demande à Gil Jourdan d'enquêter en parallèle. Aldo et Skip retiennent, dans leur cave, le photographe de la compagnie cambriolée, Werner & Cie, un certain Luc Renard, lequel est le seul, avec un géologue de la société, à connaître les clichés et à en connaître les secrets, car ces clichés possèdent une particularité qui peut rendre très riche quiconque sait les déchiffrer... Une intrigue plus ou moins tarabiscotée, sauvée par des personnages hilarants (Aldo et Skip) et une très bonne ambiance, mais dans l'ensemble, sans être raté, cet album est tout de même inférieur aux précédents. C'est quand même pas mal. Note : 14/20.

09

Le Gant A Trois Doigts (1966) : Particularité de cet album au titre trompeur (ce n'est que vers la fin qu'on comprend le titre, et à aucun moment on ne voit ce fameux gant) : la quasi-totalité de son action (qui se passe dans un pays arabe fictif, un émirat) est non-stop et en temps réel, il n'y à pas d'indications du style "une heure plus tard" ou "le lendemain matin", tout est d'affilée. En résulte un rythme effréné, tellement effréné que Tillieux, de son propre avis, s'en est un peu trouvé piégé : la conclusion de l'histoire (qui fait intervenir de manière incongrue Libellule et Crouton, absents du reste de l'album) est bâclée, expédiée, et on sent que Tillieux a pris trop de temps et de place (en nombre de pages, ou, comme on dit dans le milieu de la BD, de planches) pour la course-poursuite pleine d'action et pas assez pour l'histoire en elle-même. En résulte un tome décevant, certes bien foutu dans sa majeure partie, mais finalement moyen. Il aurait fallu soit raccourcir l'action, soit faire deux tomes pour cette histoire ! Reste que les 30 premières pages (environ) sont ahurissantes dans leur description de l'action, sans temps morts. Note : 13/20.

10

Le Chinois A 2 Roues (1967) : Il pleut quasiment tout le temps durant l'action de cet album, qui est très Salaire De La Peur. On sent vraiment l'attrait de Tillieux pour les camions, les ambiances poisseuses, etc... Du grand art que cet album au titre assez ridicule (on sait dès le départ ce qu'est ce Chinois A 2 Roues : un fabriquant chinois de bicycles !) mais dans lequel on ne s'ennuie pas. A noter, une case sera censurée dans Spirou, et republiée telle qu'elle était voulue (non censurée, donc) par la suite : Libellule s'en prend vertement à un Crouton un peu amorphe, endormi, lui disant que ce n'est pas étonnant qu'il soit dans cet état-là, vu qu'il vient de fumer des cigarettes d'opium. L'allusion à la drogue (bien réelle, celle-là, pas comme la popaïne !) ne passera pas, on la remplacera par 'cigarettes chinoises'... Dans l'album, c'est rétabli. On notera un jeu de mots bien pourrave comme Libellule les aime : pas de Kwaï, répond-il à Gil Jourdan venant de lui dire que, oui, merci, il avait remarqué qu'ils arrivaient sur un pont relativement peu stable ! Excellent album, et même plus que ça : pour moi, c'est tout simplement le dernier grand album de la série, le dernier sommet, car les suivants seront, pour la plupart, de belles déceptions... Note : 20/20.

11

Chaud Et Froid (1969) : C'est le premier album de la série à proposer non pas une, mais plusieurs (ici : trois) aventures indépendantes. Ce n'est pas forcément un gage de qualité, d'ailleurs... Chaud Et Froid, la première, qui donne son titre à l'album, est tout de même un peu anodine. Meilleure en tout cas que La Maison Du Mystère. Le Grand Souffle (la seconde) est la meilleure des trois, sans être géniale non plus. Les trois histoires datent respectivement de 1967, 1968 et 1969. La première parle d'un trafic de manteaux de fourrure, et la seconde, d'un vent violent et étrange qui surgit d'un coup, sans prévenir, d'une grotte, et la dernière, très courte, d'une maison étrange où il se passe d'étranges choses... Dans l'ensemble, c'est vraiment banal, sans grand intérêt, mais il faut savoir qu'il y aura pire encore dans la série ! Note : 08/20.

12

Pâtée Explosive (1971) : Encore un album proposant plusieurs histoires. Comme pour l'autre, il en contient trois : Pâtée Explosive (une histoire ridicule sur un scientifique un peu fou qui a inventé un nouveau genre d'explosif très sensible, et des robots étranges...), La Guerre En Caleçon (une histoire qui prend place au cours d'un conflit fictif, Gil Jourdan, Libellule et Crouton s'y retrouvent bien malgré eux ; sympa, sans plus) et La Poursuite (la première rencontre entre Crouton et Libellule, lequel était encore truand et neconnaissait pas encore Gil Jourdan ; bref, ce qui se passe avant l'action de Libellule S'Evade, le tome 1), qui est de loin la meilleure histoire de l'album. A noter que dans les tomes "Intégrale", la troisième histoire est proposée séparément des deux autres (et ce, pour un souci de chronologie, car elle date de 1963, et les deux autres, de 1969 et 1966, dans l'ordre sur l'album), à la fin du tome 2 de l'Intégrale (l'album Pâtée Explosive est, lui, dans le tome 3 de l'Intégrale). Oui, je sais, c'est compliqué ! Sinon, c'est encore moins bon que le précédent opus. Note : 06/20.

13

Carats En Vrac (1971) : Avec cet album, Tillieux décide d'arrêter le dessin et de se concentrer sur le scénario. Les dessins, il les confie à Gos (futur créateur du personnage du Scrameustache, de la série de BD du même nom), qui, jusqu'à la fin, sera le dessinateur de Gil Jourdan. Les dessins sont très proches de ceux de Tillieux, tellement proches que si on ne sait pas qu'il y à un autre dessinateur, on pourrait se laisser 'avoir' ! Des quatre derniers opus de la série (car, par la force des choses, il n'en reste plus que quatre en comptant celui-ci, qui ouvre le tome 4 et ultime de l'Intégrale), c'est de loin le meilleur, une histoire remarquable dans laquelle Gil Jourdan et Libellule, revenants de vacances en Camargue, croisent la route d'un marin, qu'ils prennent en stop. Dans une auberge, des hommes peu fréquentables surgissent pour tenter d'enlever le marin, qui parvient à s'enfuir, mais se blesse gravement. Apparemment, l'homme est mouillé dans une affaire de vol de diamants... Une histoire très bien foutue, prétexte à une scène de course-poursuite automobile remarquable  et vertigineuse (la meilleure de la série, indéniablement), tellement géniale qu'elle sert d'illustration à la couverture ! Après deux très médiocres albums, ça fait du bien d'avoir à nouveau un aussi bon niveau dans la série ! Profitez-en, ça ne va pas durer... Note : 17/20

14

Gil Jourdan Et Les Fantômes (1972) : Il fallait bien que, tôt ou tard, un album de la série contienne le mot 'fantômes' dans son titre ! Il ne s'agit d'ailleurs pas de fantômes ici, l'album plonge certes dans une ambiance bizarre et SF, mais pas surnaturelle pour autant. Un album amusant, mais mineur, probablement même un des moins bons de la série, malgré qu'on prenne pasmal de plaisir à le lire. Une déception quand même, et je ne vois pas quoi dire d'autre au sujet de ce tome 14. Anodin, quoi... Note : 12/20.

15

Sur La Piste D'Un 33-Tours (1973) : Libellule et Gil offrent à Crouton, pour son anniversaire, l'album d'une chanteuse à la mode, Greta Love (chanteuse à succès que, cependant, Libellule ne supporte pas). En sortant du disquaire, Libellule et un cycliste possédant lui aussi le 33-tours se percutent. Le cycliste rentre chez lui, où plutôt chez un certain Anselme Rossini, un truand. En entendant le disque, il pique une crise et ordonne à ses hommes de retrouver le disque qu'ils devaient lui ramener. En effet, dans la collision, les deux 33-tours se sont intervertis, et Libellule et Gil sont désormais en possession, sans le savoir, d'un disque renfermant, sous l'apparence de l'album de Greta Love, des secrets industriels... Une histoire banale (je me souviens d'une histoire de Mickey Mouse qui abordait un sujet très similaire, des secrets industriels gravés sur un vinyle acheté par erreur par Mickey), prétexte à des gags amusants (Libellule piquant une crise en entendant la chanson, Crouton faisant du camping...), mais, sinon, c'est vraiment plat. Note : 11/20.

16

Entre Deux Eaux (1979) : Tillieux meurt en 1978 (accident de la route). Un an plus tard, le 16ème et ultime (c'est d'ailleurs dit sur la couverture : "Les dernières enquêtes") album de Gil Jourdan sort. Comme Chaud Et Froid et Pâtée Explosive, c'est un recueil de plusieurs histoires. Le niveau est meilleur que pour les deux autres recueils, mais on peut quand même dire que le format 'petites histoires' ne correspondait pas trop à Gil Jourdan (même remarque pour Ric Hochet, qui était publié dans Tintin Magazine). Ici, quatre histoires, datant respectivement de 1978, 1971, 1971 et 1970 pour les publications en magazine : Entre Deux Eaux, L'Homme Au Pull Blanc (une histoire mettant en scène Queue-De-Cerise, la secrétaire de Gil), Coup D'Eclat et Les Santons. La première prend place vers Saint-Nazaire, une histoire de sous-marin, de chantier naval un peu louche ; la seconde, d'un dresseur de puces qui a perdu ses petites bêtes, une enquête tellement basique que Libellule la confie à Queue-De-Cerise, mais ce n'est pas aussi banal qu'on pourrait le croire ; la troisième, d'un meurtre étrange sur lequel enquêtent Gil et Libellule (à noter que le lecteur était mis à contribution en lui demandant de résoudre l'affaire avant la fin de l'histoire, une case lui dit en gros 'regardez-bien, et logiquement, vous saurez qui a tué Bellon, la victime') ; et la dernière, de trafiquants utilisant des santons de Noël pour y cacher des plans... Dans l'ensemble, ce final de la série est bien mince, bien banal... La série a donc bien démarré, pour s'effondrer quelque peu dans sa deuxième moitié... Note : 11/20.