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Après Tintin, après Spirou & Fantasio, après Johan & Pirlouit, et avant, sans aucun doute, Gil Jourdan, Tif & Tondu ou Blake & Mortimer, voici un résumé illustré de la série Astérix au complet, album par album, avec un petit avis et une note objective sur le niveau de l'album !

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Astérix Le Gaulois (1961) : Paru dans Pilote en 1959 (le premier numéro de Pilote comprenant les premières pages de cet album, on peut dire, évidemment, que les deux sont nés en même temps ; le magazine sera rapidement rebaptisé, sur sa couverture, le journal d'Astérix et Obélix, d'ailleurs), ce premier album n'est clairement pas le meilleur de la série, il possède trop de défauts : les dessins d'Uderzo sont encore très hésitants (le style n'est pas trouvé) ; la colorisation des premières éditions (j'en possède une) est ratée, l'album sera mieux colorisé dans les rééditions récentes ; le scénario est affligeant de banalité ; il existe des différences flagrantes de style entre une page et une autre (César est dessiné avec un nez pointu et droit au départ, et avec un nez écrasé et plus gros à la fin)... Mais ce premier opus reste historique parce que c'est le premier. Rien que pour ça, il faut le lire, mais par rapport à d'autres de la série, c'est pas toujours ça... Note : 12/20.

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La Serpe D'Or (1962) : Un de mes grands préférés de la série, tout simplement. C'est aussi un album important : la première aventure digne de ce nom du Gaulois colérique et attachant, et son premier voyage, même s'il ne va pas plus loin que Lutèce (ancien nom de Paris, comme tout le monde le sait) ici ! Entre caricatures (les premières ! et ici, Charles Laughton ou Raimu), allusions, gentils anachronismes (agences de voyages faisant visiter Lutèce, notamment...) et humour à foison, ce tome 2, dans lequel Astérix et Obélix partent chercher une serpe d'or pour leur druide Panoramix afin qu'il puisse bien cueillir le gui (et faire de la potion magique), est une réussite. En tout cas, nettement meilleur que le précédent ! Note : 16/20.

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Astérix Chez Les Goths (1963) : Goscinny étant juif, et ayant perdu des membres de sa famille dans les sinistres camps (il n'y à pas été, lui, heureusement), Uderzo et l'éditeur Dargaud avaient quelques craintes de savoir comment l'album, qui fait voyager Astérix jusqu'en pays Goth (les ancêtres des Allemands) pour rechercher leur druide qui y a été capturé, serait accueilli en Allemagne... Il fut très bien accueilli, les Allemands ayant su faire la part des choses ! Aucune amertume, d'ailleurs, dans cet album vraiment drôle et réussi, un de mes préférés, et dans lequel se trouvent quelques gags tordants. Bref, une réussite de plus ! Note : 17/20.

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Astérix Gladiateur (1964) : Encore un voyage pour Astérix (par la suite, ça sera environ un tome sur deux), ici, à Rome, où, pour aller chercher leur barde Assurancetourix qui a été capturé par les Romains, Astérix et Obélix vont jusqu'à se faire gladiateurs, afin d'approcher au plus près de la prison du Colisée, où le barde est enfermé. A partir de cet album, dixit Uderzo, Astérix devient vraiment un personnage majeur de la BD française, on commence à entendre un peu partout les phrases cultes de la série, comme Ils sont fous, ces Romains ! ou les crises d'égo d'Obélix affirmant qu'il n'est pas gros ! Un excellent album. Note : 16/20.

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Le Tour De Gaule D'Astérix (1965) : Mon préféré absolu, et un des meilleurs ! Comme son nom l'indique, dans cet album, le duo voyage tout du long de la France, enfin, de la Gaule. Lutèce, Rotomagus (Rouen), Tolosa (Toulouse), Nicae (Nice), Burdigala (Bordeaux), Camaricum (Cambrai), Lugdunum (Lyon), j'en passe... Leur but ? Ramasser, à chaque étape, une spécialité culinaire (vin, nourriture...) à ramener chez eux, afin de prouver aux Romains qu'ils peuvent aisément faire le tour de la Gaule sans se faire arrêter par les troupes de César. Tout du long du chemin, un petit chien blanc va les suivre à la trace, petit chien qui ne sera remarqué par le duo qu'à la toute fin, et immédiatement adopté. La création d'Idéfix, dont le nom sera choisi par les auteurs après un jeu-concours dans Pilote ! Ils hésiteront avec Papeurdurix et Patracourcix, pour l'anecdote... Note : 20/20.

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Astérix Et Cléopâtre (1965) : Un des plus mythiques, conçu par les auteurs après qu'ils aient été voir le film de Mankiewitz (avec Elizabeth Taylor) et en soient sorti atterrés devant tant d'incohérences et de grandiloquence (ils se moqueront de ça sur la couverture originale de l'album, qui n'a hélas pas été reprise dans les rééditions, et sur laquelle un texte prenant tout le bas de couverture indiquait le nombre de crayons, encre, papier, gomme et, même, bière nécessaires à la conception de l'album). Un des meilleurs albums, qui fut, on le sait, adapté en dessin animé (un des meilleurs de la série, et même le meilleur de ceux basés sur les albums) et en film (le meilleur des quatre films). Un des plus longs voyages d'Astérix par ailleurs (il ira plus loin encore par la suite), et une histoire réussie sur un architecte egyptien raté devant réussir le défi qui lui a été lancé par Cleopâtre (défi lui-même lancé à Cléopâtre par Jules César) : construire un palais gigantesque en trois mois. Avec l'aide de la potion magique, qui sait ? Note : 20/20.

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Le Combat Des Chefs (1966) : Selon Uderzo, un des albums les plus politisés de la série. On y parle de collaboration et d'occupation du pays par l'ennemi Romain, d'un combat d'égo entre Abraracourcix, chef du village résistant, et Aplusbégalix, chef d'un village totalement soumis aux Romains, un village gallo-romain, donc. Parallèlement, Panoramix, ayant mal réceptionné un menhir qui lui est tombé sur la tête, est devenu fou, et sans druide, pas de potion, il convient donc de le guérir... Adapté en dessin animé (qui le mixait avec Le Devin), c'est un très bon album, il n'a jamais fait partie de mes préférés, mais c'est du tout bon ! A noter que dans sa parution dans Pilote, les auteurs avaient pastiché une des fameuses conférences de presse du Général de Gaulle, alors Président, pour lancer l'album, avec Abraracourcix dans le rôle de l'orateur ! Hélas, ça n'a pas été repris en album... Note : 17/20.

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Astérix Chez Les Bretons (1966) : Adapté en dessin animé et en film avec acteurs (le dernier en date), c'est une totale réussite, et un de mes grands préférés, même mon second préféré. Une histoire hilarante se passant en Bretagne, actuelle Grande-Bretagne, et tout y passe : l'allusion à un éventuel futur tunnel sous la Manche, les Beatles, la Tour de Londres, la bouffe dégueulasse, le temps de merde, le brouillard, la langue et le flegme anglais, le thé et son heure rituelle, le gazon britannique qui est toujours nickel-chrome, les maisons qui se ressemblent toutes, le rugby... Afin de sauver un village breton de l'invasion romaine, Astérix et Obélix embarquent avec un tonneau de potion, en compagnie de Jolitorax, cousin germain et Breton d'Astérix, venu chercher leur aide. Un album totalement réussi, donc ! Note : 20/20.

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Astérix Et Les Normands (1967) : Assurancetourix a un rôle important dans cet album qui sera un peu adapté dans le film Astérix Et Obélix Au Service De Sa Majesté (adaptation cinéma avec acteurs de l'album précédent). Goudurix, un jeune Gaulois de Lutèce, un jeune con en quelque sorte, est reçu au village afin qu'on en fasse un homme, un vrai. C'est à ce moment que des Normands (un peu comme des Vikings) arrivent sur la côte, afin de chercher la seule chose qu'ils ne connaissent pas : la peur. Chose que Goudurix, en voyant arriver les Normands, maîtrise, lui, parfaitement... Un album très sympathique, qui se passe exclusivement au village et sur la côte non loin. Pas le meilleur ni mon préféré, mais c'est vraiment très bon ! Note : 15/20.

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Astérix Légionnaire (1967) : Afin d'aller chercher Tragicomix, fiancé de la belle Falbala dont Obélix est éperdument amoureux, fiancé qui a été raflé par les Romains afin d'en faire un légionnaire, Astérix et Obélix décident d'entrer eux aussi dans l'armée romaine. Pauvre Romains... Un album très amusant, qui critique allègrement l'armée et son fonctionnement, entre la mauvaise bouffe, les exercices physiques, l'administration militaire invraisemblable, les grades... A noter, une allusion amusante et amicale à un fameux personnage de la BD belge conçu par Hergé, via la coupe de cheveux d'un aspirant légionnaire originaire d'un pays (une province, à l'époque) que les Gaulois visiteront plus tard dans la série, la Belgique ! On a aussi un futur légionnaire égyptien, un Grec... Un très bon album, qui sera mixé avec Astérix Gladiateur en dessin animé : Astérix Et La Surprise De César. Note : 16/20.

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Le Bouclier Arverne (1968) : Dans cet album, on se moque de plein de choses : des cures thermales (après une violente crise de foie, Abraracourcix, chef du village, se doit d'en faire une), de la défaite gauloise d'Alésia dont les Gaulois du pays Arverne (l'Auvergne) refusent de parler, ni même de savoir où elle a eu lieu (c'est en effet un sujet de polémique, le lieu exact de la bataille...)... Un très bon album se passant donc en Auvergne d'époque, tout le monde y parle comme cha et est exchploitant de charbon, ch'est à peine caricaturé, pas vrai ? J'ai toujours énormément aimé cet album dans lequel Abraracourcix a un rôle très important, plus que de coutume (sauf Le Combat Des Chefs où il a aussi un grand rôle). Parmi les passages qui me plaisent bien, la cure thermale et la visite d'une usine romaine. Note : 16/20.

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Astérix Aux Jeux Olympiques (1968) : Un autre voyage pour les Gaulois, qui partent tous pour Athènes afin de participer aux Jeux Olympiques(une délgation du village avec eux), afin de faire la nique aux Romains ! Le dopage est habilement abordé, la corruption aussi, dans cet album dans lequel Agecanonix, le doyen éternel du village, est littéralement déchaîné ! Très drôle, cet album sera, on le sait, adapté au cinéma dans un film controversé mais que j'aime beaucoup et que je trouve plus réussi que la moyenne des gens, mais c'est une autre histoire... L'album, lui, est peu controversé chez les fans, qui l'aiment tous beaucoup ! Note : 17/20.

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Astérix Et Le Chaudron (1969) : Album que j'avais perdu dans un déménagement, et racheté plus tard (oui, je sais, on s'en fout). Un album très étrange, assez sombre, d'ailleurs : parce que l'or d'un chaudron qui lui avait été confié par le chef d'un autre village a été volé pendant qu'il en assurait la garde, Astérix, fautif (mais ce n'était pas de sa faute, on s'en doute bien, il a été dupé), est banni du village, jusqu'à ce qu'il puisse retrouver l'or. Obélix part avec lui, fidèle en amitié. C'est un Astérix meurtri, viré de son village, qui va dès lors découvrir la dure loi de la vie : pas facile de gagner de l'argent tout en essayant de subsister... Un très bon album, qui fut pendant longtemps un de mes préférés. Je l'aime vraiment beaucoup ! Note : 15/20.

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Astérix En Hispanie (1969) : Je n'ai en revanche jamais été fanatique de cet album pourtant pas raté, et dans lequel Astérix et Obélix partent jusqu'en Hispanie (l'Espagne actuelle, évidemment) pour y ramener chez lui Pépé Soupalognon Y Crouton, le fils d'un chef de village local. Le gamin, colérique, fut en effet enlevé par les Romains, qui, à leur tour, firent une mauvaise rencontre non loin du village gaulois d'Armorique, celle avec Astérix et Obélix, évidemment, qui récupèrent ainsi le gosse. L'album fut moyennement accueilli en Espagne alors franquiste, les Espagnols n'ont pas apprécié qu'Uderzo les dessine poilus et vêtus, tous, comme des Gitans ! Gros succès, sinon, avec un calembour qui fera date : Les Ibères sont rudes ! Note : 15/20.

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La Zizanie (1970) : De multiples caricatures dans cet album : Lino Ventura (réussi) en centurion romain, Louis De Funès (moins évident) dans le rôle de Détritus, ce Romain capable de foutre la merde par sa seule présence (personnage joué par Roberto Begnini dans le premier film avec acteurs, mais il jouera en fait un centurion de ce nom, et pas vraiment le même personnage). Justement, Jules César envoie Détritus, le semeur de zizanie, près du village, avec comme mission de semer la zizanie dans le village afin de les affaiblir, et de pouvoir les vaincre plus facilement. J'ai toujours beaucoup aimé la planche de schéma de bataille, situé vers la fin de l'album. Sinon, un album correct, pas un de mes préférés, sans doute pas un des meilleurs, mais c'est, comme toujours, très sympa et bon ! Note : 14/20.

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Astérix Chez Les Helvètes (1970) : Selon Uderzo, l'idée de l'album fut proposée à Goscinny et lui par...Georges Pompidou, alors Président (depuis peu), qui leur dira et pourquoi ne pas envoyer vos héros jusqu'en Suisse ?, et ils mettront un peu de temps avant de se laisser convaincre, en eux-mêmes, de le faire, afin de ne pas laisser croire qu'ils étaient aux ordres de l'Elysée, ils avaient leur dignité, ah mais ! Mais tôt ou tard, il fallait bien faire venir Astérix en Helvétie... Un excellent album, meilleur que le précédent, et dans lequel tout y passe : Guillaume Tell, les banques, la précision horlogère, la propreté, le fromage, la fondue, le coucou, l'edelweiss (c'est justement pour cette fleur de montagne, rare, qu'Astérix part en Helvétie, afin de soigner un contrôleur des impôts Romain malade, captif au village, et ayant été empoisonné par un autre Romain sans scrupules, qui pille l'Helvétie), la neutralité helvète, leur bonhomie... On se régale tout du long ! A noter que les scènes d'orgie romaine, décadentes, ont été directement inspirées par le film Fellini Satyricon (1969) de Federico Fellini, qui marcha très bien à l'époque. Note : 16/20.

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Le Domaine Des Dieux (1971) : Encore une idée de Jules César pour affaiblir les Gaulois duvillage irréductible qui le narguent depuis trop longtemps : faire construire, tout près du village, une insulae (un grand immeuble d'habitation, un HLM, mais assez moderne et luxueux) pour Romains fortunés, le Domaine des Dieux, afin de pervertir la vie du village, transformer le village en attraction pour les civils Romains... Mais dès que la construction, dans la forêt, démarre, sous les ordre de l'architecte Anglaigus, tout va dès lors déraper, les Gaulois n'entendant pas se laisser faire ! A noter que dans le scénario original, Goscinny avait fait une allusion sexuelle involontaire dans la scène où Panoramix lance un gland autoreproducteur de chêne dans un trou, afin de faire repousser l'arbre abattu pendant le chantier (et retarder le chantier romain). Goscinny avait écrit Panoramix enfonce son gland dans le trou, et Uderzo demandera à son ami de changer la phrase afin de virer l'allusion gênante ! A noter, aussi, la touchante réaction d'Idéfix, chien écolo qui ne supporte pas qu'un abatte un arbre et fond en larmes à la vision d'un arbre déraciné... J'ai toujours adoré cet album possédant un calembour dévastateur : Ne jamais parler sèchement à un Numide ! Note : 16/20.

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Les Lauriers De César (1972) : Je ne m'explique pas pourquoi j'ai toujours trouvé cet album plus court que les autres, alors qu'il fait le même nombre de pages (45) et que mon édition n'en manque pas une seule ! Mais j'ai toujours trouvé que la lecture de ce tome passait plus vite que de coutume. Pourtant, ce n'est pas un de mes préférés, loin de là ! Mais cet album faisant embarquer Astérix et Obélix à Rome afin de récupérer, à la suite d'un pari stupide et aviné, la couronne de lauriers de César, est quand même pas mal du tout. On notera le désormais mythique Farpaitement ! lancé par un Obélix bourré, dans une scène d'intro culte racontée en flash-back (les deux héros étant déjà à Rome, pour leur mission stupide, au début de l'album). Note : 14/20.

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Le Devin (1972) : Uderzo dira de cet album (adapté en partie dans le dessin animé Le Coup Du Menhir et encore plus vaguement dans le premier film avec acteurs) qu'il marchera moins bien que les autres (tout en marchant quand même très très bien !) à cause de sa couverture, assez sombre, distillant une ambiance (la même que dans les premières pages) très glauque, sinistre... Pourtant, s'il fallait refaire l'album, Uderzo n'y changerait strictement rien, tenant parfaitement (et il a raison !) à cette ambiance. Le Devin est une réussite, pour moi le meilleur depuis Astérix Aux Jeux Olympiques, voire même depuis Astérix Chez Les Bretons, une histoire remarquable sur un devin gaulois raté, Prolix, qui arrive, un soir d'orage, dans le village, et va y semer la discorde avec ses prophéties... jusqu'à ce que les Romains décident de se servir de lui ! Un excellent cru, donc. Note : 18/20.

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Astérix En Corse (1973) : Dernier album paru dans Pilote (ce qui explique le banquet réunissant, en début d'album, plein de personnages d'anciens albums, venus en amis (et ça permet, en quelque sorte, de marquer le coup de la fin de la parution dans Pilote), comme Pépé Soupalognon Y Crouton et son père, ou comme Jolitorax). Une réussite majeure qui fait, donc, voyager nos héros jusqu'en Corse. Un prologue amusant en début d'album permet à Goscinn et Uderzo de mettre de leur côté la proverbiale sensibilité, susceptibilité même, des Corses, et ce n'est pas la carte du village, mais celle de la Corse, qui est en ouverture d'album, aussi ! Les Romains ont capturé un Corse, Ocatarinetabellatchitchix, et entendent bien l'utiliser afin de mettre la Corse sous leur contrôle. Mais Astérix parviennent à libérer le gaulois Corse, et ils prennent la route de l'île de Beauté afin de le ramener chez lui. Encore une fois, pas mal de choses y passent : les fromages corses (qui puent tellement qu'Idéfix en hurle à la mort !), la susceptibilité, les châtaignes, le maquis, l'omerta, la fierté corse, les cochons sauvages, les vieux pépères assis sur le banc toute la journée, parle pas à ma soeur/touche pas à ma soeur/regarde pas ma soeur/elle te plaît, ma soeur ?/Ah, elle te plaît pas, ma soeur !?, les rivalités entre clans pour de sombres histoires de famille, et la fameuse légende de la fainéantise corse... Mythique et jubilatoire ! A noter que le personnage d'Ocatarinetabellatchitchix (nom inspiré par Tino Rossi, évidemment) est inspiré par Paul Gianolli, journaliste d'origine corse qui fut envisagé, par l'éditeur Dargaud, pour reprendre une nouvelle série de BD qui serait capable de remplacer Astérix dans Pilote, ce que Goscinny et Uderzo n'apprécieront pas (entre Dargaud et eux, ça n'ira plus du tout), d'où petite vengeance personnelle... Note : 20/20.

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Le Cadeau De César (1974) : Première aventure parue directement en album. Un album assez politisé, sorti en une année d'élection présidentielle. La scène où Abraracourcix et Orthopédix (une caricature physique d'un acteur français des années 30/40, André Alerme) débattent avec Assurancetourix en arbitre impartial les chronométrant est une allusion évidente au débat présidentiel entre Mitterrand et le grand gagnant de 1974 Giscard D'Estaing (Vous n'avez pas le monopole du coeur n'est pas reprise dans l'album, en revanche !). L'histoire ? Afin de punir un légionnaire aviné et tout juste retraité, César lui offre, en terre de résidence, le village gaulois irréductible. Roméomontaigus, le légionnaire en question, l'offre, un jour de beuverie, à Orthopédix, un tavernier du sud-est (à Arausio, autrement dit, à l'époque, Orange), et ce dernier arrive avec sa femme et sa fille au village, afin d'en prendre légalement possession. Le bordel commence... Jamais été fan de cet album que je trouve un peu mineur, mais de là à dire que c'est mauvais, non. C'est, comme toujours, au minimum vraiment pas mal du tout ! Mais je ne suis pas très attaché à cet opus, quand même. Note : 14/20.

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La Grande Traversée (1975) : Nettement meilleur est cet album adapté en deux fois en dessin animé (Astérix Et Les Indiens et Astérix Et Les Vikings, deux ratages visuellement hideux adaptant chacun une partie de l'album - le second dessin animé reprend aussi Astérix Et Les Normands, vaguement). Afin d'aller chercher du poisson (pour la potion magique), Astérix et Obélix prennent le large...mais se paument totalement et finissent par arriver en Amérique, territoire encore sauvage, peuplé de dindons (qu'Obélix trouve succulents et appelle les glouglous, d'après leurs cris) et d'indigènes au look assez anachronique (des Indiens type western, alors qu'ils devraient avoir un look plus Indiens d'Amazonie), qui vont assez rapidement les adopter. Puis, en prenant le chemin du retour (qu'ils espèrent !), ils croisent la route de Vikings, qui vont les emmener jusque chez eux en Scandinavie (Idéfix se lie d'amitié avec un molosse danois qui pourrait, sinon, en bouffer dix comme lui pour le petit-déjeuner). Uderzo a pris le risque d'ouvrir l'album par une page entière de cases toutes blanches (l'action démarre rapidement par les Vikings pris dans le brouillard...), avec juste des phylactères pour les dialogues, ce qui peu paraître fainéant, mais est, aussi, original ! Pour l'anecdote, j'ai lu cet album sur le tard comparé aux précédents : tous  les Astérix, du tome 1 au tome 26 (mais sauf le 25), me furent offerts d'un coup par mes parents, qui avaient acheté (enfin, mon père) les albums autrefois, et les avaient conservés ; La Grande Traversée était hélas bien abimé, il manquait des pages (j'avais du jouer avec étant bébé sans le savoir ?), et ce fut un des seuls que j'ai lu tardivement, en l'achetant ado (ainsi que le tome 25 et les suivants, dès le tome 27) ; les autres, tous les autres, je les ai découverts d'un coup, en une journée que je n'oublierai jamais, j'avais 6 ou 7 ans ! Sinon, album remarquable. Note : 18/20.

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Obélix Et Compagnie (1976) : Avec sa caricature (atténuée par Goscinny pour ne pas risquer d'emmerdes, on ne sait jamais) de Jacques Chirac (qui, plus tard, n'en tiendra pas rigueur du tout à Uderzo, Chirac ayant de l'humour), dans le rôle d'un Romain ayant le sens des affaires et sortant de la NEA (Chirac, lui, vient de l'ENA...), Obélix Et Compagnie, dernier album sorti du vivant de Goscinny, est une chargé du monde des affaires, du business. Obélix tombe sous la coupe de ce jeune Romain du nom de Caïus Saugrenus, qui le transforme en homme d'affaires, vendeur professionnel de menhirs. La mode du menhir devient alors immense, tout le monde en veut, la loi de l'offre et de la demande fait que le village entier veut faire pareil, tout le monde en oublie les choses simples, ça devient la loi de la jungle au village...exactement comme selon les souhaits de Jules César ! Mais Astérix veille... Un très bon album, pas grandiose, mais comme La Zizanie, c'est du bon travail. Je l'aime beaucoup ! Note : 15/20.

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Astérix Chez Les Belges (1979) : Un mauvais souvenir pour Uderzo : Goscinny est mort alors qu'il achevait d'écrire le scénario de l'album, en 1977. Uderzo sera forcé par Dargaud, l'éditeur, de finir l'album, sous contrôle d'huissier... Il n'avait pas la tête à ça, on le comprend... Mais en résulte un excellent album, qui fait découvrir ce peuple que César estime, dans sa fameuse Guerre Des Gaules, être le plus brave : les Belges. Encore une fois, tout y passe, caricature des Dupondt, d'Eddy Merckx, du Manneken-Pis, apparition d'Annie Cordy, calembours (Waterzooï, morne plat, soupire Obélix en goûtant à ce plat typique du Nord, allusion à Waterloo, morne plaine, de Victor Hugo) et allusions (la bataille de Waterloo, et notamment allusion à Napoléon confondant, de loin, son Grouchy avec Blücher, général prussien et donc ennemi). Ca est très drôle, alleï, hein, une fois, fieu. On notera un hommage discret d'Uderzo à Goscinny dans la dernière case, le banquet : le petit lapin qui s'en va en pleurant, triste. Goscinny surnommait lapaing (avé l'assent du midi) sa femme, originaire du sud de la France. Par la suite, l'album sera réédité avec, en couverture, la mention Hommage à René Goscinny. L'album sort deux ans environ après sa mort, tout le monde sera d'accord pour estimer Astérix mort avec son scénariste. Tout le monde, sauf Uderzo. Note : 17/20.

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Le Grand Fossé (1980) : Seul contre tous (des confrères clameront qu'Astérix est fini, je crois que c'est Greg, auteur des Achille Talon, qui le dira, et le regrettera publiquement plus tard), Albert Uderzo reprend la série, signant ici son premier scénario. Par respect et amitié, il met le nom de Goscinny sur la couverture, ce qui sera dès lors toujours le cas (c'est tout à fait normal, après tout), même pour le tome 35, sorti récemment, et le premier n'ayant pas été fait par Uderzo. Cet album sort en 1980, et sera un gros succès. Une histoire qui n'est pas sans rappeler le Mur de Berlin : un village gaulois (pas le fameux village, mais un autre) avec un grand fossé au centre, le coupant en deux. Chaque partie du village a son propre chef, et refuse de reconnaître le pouvoir de chef de l'autre, il y à des bagarres récurrentes, c'est la belle ambiance de merde... Surtout que Comix, le fils d'un des deux chefs, est amoureux de la fille de l'autre chef (ça fait très Roméo Et Juliette, hein ?). Il faudrait un tiers neutre pour les départager, les aider à se ressouder, surtout que les Romains veulent prendre le contrôle du village... Seul regret d'Uderzo, avoir dessiné Comix comme un héros de comics, justement, ça fait caricatural. Sinon, un opus très correct, un des meilleurs de ceux faits par Uderzo seul. Note : 15/20.

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L'Odyssée D'Astérix (1981) : Voyage en Palestine, afin d'aller chercher de l'huile de roche (en fait, c'est du pétrole, mais il ne s'appelait pas ainsi à l'époque, pas pour l'album) pour la potion de Panoramix (il lui manque décidément toujours quelque chose...). De nombreuses caricatures : Sean Connery dans le rôle d'un Gaulois agent double pour les Romains, Zérozérosix (accompagné d'une mouche espion, un mouchard quoi !), mais aussi Jean Gabin dans le rôle d'un Romain, Bernard Blier dans le rôle d'un autre (excellentes caricatures)... Uderzo dira un jour au sujet de cet album qu'une personne de religion juive lui dira c'est un album qui aurait pu être fait par un Juif, ce qu'il prendra pour un grand compliment, vu le sujet de l'album, le lieu de son action, et le fait que Goscinny était de religion juive ! Un très bon opus. Note : 15/20.

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Le Fils D'Astérix (1983) : Un des albums que je n'aime pas du tout (ils sont au nombre de quatre, tous datent d'après la mort de Goscinny), allez savoir pourquoi... En fait, si, c'est facile de savoir pourquoi : j'ai toujours trouvé cet album tarte, faiblard, tout simplement ! Un bébé blondinet, romain (le fils de César et de Cleopâtre, Césarion), est découvert dans  le village, devant la maison d'Astérix. Qui va, dès lors, forcément, s'en occuper, bien malgré lui, en attendant de retrouver ses parents et de leur remettre le bambin. Les Romains sont à ses trousses, menés par Brutus, le fils de César... Un opus qui n'a qu'un seul intérêt, transformer Brutus, jusque là assez con mais inoffensif quand il apparaissait, en méchant limite angoissant. Sinon, c'est vraiment banal, même mauvais... Note : 04/20

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Astérix Chez Rahazade (1987) : Nettement meilleur. Goscinny et Uderzo avaient toujours dit dommage qu'on ait pas fait manger du caviar aux Gaulois plutôt que du sanglier, on en mangerait, nous, tous les jours !, car il faut savoir que souvent, dans des réceptions, on faisait manger du sanglier aux auteurs, en allusion à leur série, et à force... Comme s'il s'en rappelait, Uderzo fait emmener ses héros, par l'intermédiaire d'un tapis volant, jusqu'en Inde, pays notamment du caviar, afin de sauver une princesse et son peuple. Uderzo envisageait au départ un voyage jusqu'en Chine, mais renoncera, le voyage aurait été trop long, déjà que jusqu'en Inde, c'est assez long (le plus long voyage d'Astérix, je crois) ! Un très bon album dans lequel Assurancetourix a, et c'est rare, un rôle important. Je l'aime beaucoup ! Sans tuer le suspense quant au reste de l'article, c'est sans doute le meilleur des albums faits par Uderzo seul, et son dernier grand album, donc.  Note : 16/20.

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La Rose Et Le Glaive (1991) : Que je l'ai détesté, cet opus, qui fait la part belle au féminisme (Maestria, une bardesse féministe, déboule au village et met tout sens dessus dessous, les femmes au pouvoir, etc... Ce ne sera pas du goût des hommes, qui vont pourtant se laisser marcher dessus) ! Le personnage de Maestria est assez énervant, si ce n'est pire, et ce n'est pas faire preuve de phallocratie que de le dire. Chose rare, Astérix lui en colle une dans la face, unique fois (et il en est d'ailleurs, après, tout choqué lui-même) qu'il frappe une femme. Uderzo avait à la base fait une autre couverture pour l'album, qui sera jugée trop violente: un glaive sur le point de tomber sur un Astérix apeuré, tentant de protéger un Obélix stoïque et sûr de lui. Une couverture, il est vrai, assez agressive et marquante, remplacée in extremis donc par celle-ci, montrant Obélix se moquant d'un Astérix confus de se faire prendre dans les bras de Maestria, comme s'il était un enfant... Pour en revenir à l'album, je ne l'aime pas, et ce n'est pas parce que c'est un album féministe, d'ailleurs.  Note : 06/20.

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La Galère D'Obélix (1996) : J'ai adoré l'album à la première lecture, nettement moins aux suivantes, mais au final, La Galère D'Obélix est tout de même pas mal. Obélix, victime d'un sort, est retombé en enfance (littéralement : il est redevenu enfant). Panoramix sent que la solution, afin de faire revenir Obélix tel qu'il était (et avec sa force légendaire), est d'entreprendre un long voyage jusqu'à une terre lointaine, qui n'est autre que la légendaire Atlantide... Caricatures (Kirk Douglas dans un esclave grec révolté, Spartakis ; Jacques Roulland), humour, tout y est, mais l'album met un peu de temps à décoller, et est, au final, un peu mineur, secondaire. Pas mauvais, cependant. Note : 13/20.

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Astérix Et Latraviata (2001) : Une belle déception, je me souviens d'ailleurs des critiques presse de l'époque, qui n'étaient pas tendres, et il y avait de quoi... Rien que pour ça, j'ai mis du temps à l'acheter, je ne voulais pas prendre le risque d'être déçu, et j'ai mis 4 ans avant de le prendre, en même temps que le 33ème tome, qui est largement pire. Mais Astérix Et Latraviata n'est quand même pas terrible, cette histoire d'actrice romaine prenant le rôle de Falbala pour semer la pagaille dans le village est vraiment plate... A noter, de bons gags de ci de là (César décernant un Moi d'or...), et la présence des parents d'Astérix et Obélix, qui ne furent pas crées pour l'album mais pour une petite histoire datant d'avant lui. A noter, aussi, à deux reprises (et toujours de la bouche de Romains), un peu de grossièreté atténuée ("Fils de..." ou "salopards"), ce qui, dans un album d'Astérix, choque un peu ; il n'y à jamais eu besoin de faire dans la grossièreté autrefois dans la série (et dans d'autres comme Tintin), pourquoi commencer ? Parce que les temps changent, comme le chante Dylan ? Note : 11/20.

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Astérix Et La Rentrée Gauloise (2003) : Cet album est à part : il offre plein de petites histoires essentiellement parues dans Pilote autrefois, scénarisées par le regretté Goscinny (on y trouve aussi quelques inédits faits après la mort du scénariste). Officiellement, il est entré dans la série en 2003 en tant que tome 32, mais je le possède dans une ancienne édition qui, dans les années 90 (à peu près au moment de la parution de La Rose Et Le Glaive), avait été commercialisée dans un packaging le proposant avec une VHS d'un des dessins animés de la série (pour ma part, je l'ai eu avec Astérix Et Le Coup Du Menhir, mais les autres titres étaient proposés aussi, au choix). La couverture était similaire, il y avait juste moins d'histoires (celles signées du tandem, pas les plus récentes, évidemment, comme celle avec le coq). C'est très amusant dans l'ensemble, j'aime bien celle du descendant breton d'Obélix, et celle donnant son nom à l'album. Après, ce n'est pas grandiose, mais un fan devrait apprécier ! Faudrait que je me le rachète dans sa version 2003, que je n'ai que lue en bibliothèque... Note : 13/20.

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Le Ciel Lui Tombe Sur La Tête (2005) : Que dire qui n'a déjà été dit, au moment de la sortie de l'album et les années suivantes ? C'est tout simplement... merdique. Uderzo touche le fond du fond avec ce tome N°33, dont la seule bonne idée est la couverture (une relecture de celle du premier album), et il paraît qu'Uderzo ne s'était pas rendu compte, en faisant cette couverture, qu'elle reprenait celle du tome 1 ! Sinon, cette aventure faisant intervenir d'étranges extra-terrestres au look de superhéros de comics U.S., de Mickey ou de je-ne-sais-quoi est un vrai carnage. Uderzo aurait voulu couler la série qu'il ne s'y serait pas pris autrement, et on ne s'étonnera pas, donc, de la faible (pléonasme !) réputation de cet album dans le coeur des fans. Si je n'avais pas été fan, il y à longtemps qu'il aurait fini à la poubelle. Note : 00/20.

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L'Anniversaire D'Astérix Et Obélix - Le Livre D'Or (2009) : Comme pour faire oublier le ratage intégral du tome précédent, Uderzo, pour célébrer les 50 ans de sa création partagée avec le regretté Goscinny, publie cet album de petites histoires reliées entre elles, album assez amusant, sympathique, mais très bordélique (littéralement : ça part dans tous les sens, entre pastiches de tableaux, allusions diverses, pastiche du Guide du Routard, etc). A réserver aux fans ultras, cet album est un peu à part dans la série, comme l'était le tome 32. Note : 12/20.

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Astérix Chez Les Pictes (2013) : Historique, comme il a déjà été dit à son sujet, et pour quelle raison : c'est le premier Astérix conçu par d'autres que le tandem Goscinny/Uderzo, ou par Uderzo seul ! En l'occurrence, Jean-Yves Ferri pour le scénario, et Didier Conrad pour les dessins. Uderzo a bien fait de passer la main, il se faisait vieux, et vu le niveau des derniers opus et la lenteur (dûe à l'âge et à des soucis dans la main depuis des années) des derniers opus... Ici, le scénario est très bon, rempli d'allusions et de calembours que n'aurait pas reniés Goscinny, et les dessins, très proches de ceux d'Uderzo (trop, sans doute, mais il ne fallait pas déstabiliser les fans), sont sublimes. On voyage jusqu'en Calédonie (ancienne Ecosse), faire la rencontre de cette tribu celte qui y vivait à l'époque, les Pictes. Un excellent album, un vrai petit miracle, qui fait oublier les précédents et s'impose même comme le meilleur tome depuis, allez, Astérix Chez Les Belges (le dernier avec Goscinny) ! Note : 17/20.