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Editeur : Glénat

Nombre de pages : 48

Si vous êtes fan d'heroïc-fantasy, alors nul doute que vous connaissez, du moins de nom et de réputation à défaut d'avoir lu les romans, le personnage d'Elric de Melniboné, conçu par le Britannique Michael Moorcock (et dont tous les romans du cycle, neuf en tout, ont été abordés ici). Guerrier albinos et roi de son pays (Melniboné, un royaume cruel, décadent, et ayant péri), Elric est un anti-héros comme on en trouve peu, un être faible (physiquement parlant : il est chétif - de haute taille, mais fluet - et doit prendre des drogues, des médicaments, pour rester en forme), dont la puissance guerrière est toute entière contenue dans Stormbringer, l'épée noire qu'il possède (ou plutôt, c'est Stormbringer qui possède Elric !) et qui absorbe un peu plus de sa vitalité à chaque combat. Une série de romans (parfois il s'agit surtout de longues nouvelles embriquées les unes dans les autres pour former de courts romans, car les romans du cycle sont tous assez courts) remarquable, avec des classiques à la pelleteuse dedans, je pense aux livres Le Navigateur Sur Les Mers Du Destin, Elric Le Nécromancien, L'Epée Noire, Stormbringer (qui, pendant longtemps, sera le dernier opus, Moorcock en fera un neuvième, bien médiocre, par la suite)... Moorcock fut adapté en BD à plusieurs reprises.

Cette adaptation-ci, récente (mars 2013), premier tome qui sera suivi d'autres comme il est indiqué au dos (les titres des futurs tomes existent déjà, ainsi que le nombre de tomes du premier cycle, consacré à Melniboné : quatre !), est accompagné d'un texte de Moorcock en avant-propos, dans lequel l'auteur (qui fut auteur de chansons pour des groupes de rock comme Hawkwind, par ailleurs) avoue une chose qui, à mon avis, à bien fait plaisir au quatuor d'auteurs ayant fait l'album : il s'agit, selon lui, de la meilleure, de la plus belle, de la plus fidèle représentation graphique de son univers : personne, pas même Philippe Druillet (pour ne citer que lui) qui, pourtant, est talentueux, n'avait jusque là réussi à retranscrire à ce point le côté décadent, barbare, cruel, violent de l'univers imaginé par Moorcock. Ce premier tome s'appelle Elric 1 : Le Trône De Rubis, et est édité par Glénat. Ses auteurs sont au nombre de quatre, donc : Julien Blondel, Didier Poli, Robin Recht et Jean Bastide.

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L'action de cet album reprend l'histoire du tome 1, Elric Des Dragons, de la saga romanesque de Michael Moorcock. L'action se passe donc dans le cruel, violent, royaume de Melniboné, dirigé par Elric, héritier albinos. Le peuple de Melniboné est violent, décadent, et passeson temps à festoyer dans de grandes orgies où le sexe et le sang font bon ménage. Ils sont cannibales à l'occasion, n'hésitant pas à dévorer, collectivement, un traître à sa patrie où un ennemi capturé et méritant ce très glauque sort. Yrrkoon est un noble de Melniboné, et le frère de Cymoril, la compagne d'Elric (bref, c'est aussi le beau-frère d'Elric), et c'est un homme qui ne déroge pas à la tradition menlibonéenne de cruauté et de perfidité : il veut le trône de rubis, sur lequel Elric siège, et il est prêt à tout pour ça. Quitte à, au cours d'un assaut maritime contre des ennemis attaquant le royaume, entraîner Elric dans la mer, le faisant se noyer. Yrrkoon revient, et prend le pouvoir, mais c'est sans compter sur Elric, revenu du royaume des morts suite à un pacte, et bien décidé à reprendre ce qui lui est dû...

Je m'arrête là pour le résumé, ayant par ailleurs résumé une bonne moitié de l'album (48 pages en tout, c'est toujours très facile et rapide à résumer !). Elric 1 : Le Trône De Rubis est une réussite, Michael Moorcock a bien raison de le dire : l'adaptation est très bien foutue (il y à des raccourcis, évidemment, comme toute adaptation d'un roman en BD, mais c'est inévitable), les dessins sont sublimes, l'ambiance décadente et barbare est effectivement bien retranscrite (des scènes d'orgie et de barbarie - parfois dans la même image - qui marquent bien, graphiquement parlant, le genre de scènes qui, au cinéma, ne seraient pas montrables à moins que le film en question soit interdit aux moins de 16 ans), et le plaisir de redécouvrir, autrement, le mythique personnage d'Elric est total. Et si vous ne connaissez pas encore Elric, vous aurez sans doute envie d'en apprendre un peu plus sur lui une fois l'album achevé.Dans ce cas, sachez que les tomes (je parle, là, des romans, car en BD, il n'y à qu'un seul album pour le moment) sont tous disponibles chez Pocket, et qu'il existe, chez Omnibus, une intégrale des 9 tomes (imprimé sur du papier 'bible', très fin). Pour en revenir à la BD, un fan de BD, justement, et d'heroïc-fantasy, et d'Elric, devrait logiquement passer un bon moment ; pour ma part, je n'attend plus qu'une chose, le tome 2, qui devrait sortir courant 2014 si on se réfère au fait qu'il faut généralement un an pour faire un album de BD ! Bref, c'est très conseillé !