"Nuit Noire, Etoiles Mortes" - Stephen King
Editeur : Albin Michel (broché grand format)
Nombre de pages : 500
Et voici le tout dernier opus de Stephen King... Enfin, le tout dernier, oui et non. Il date de 2010, mais n'a été traduit en français que tout récemment. C'est un recueil de nouvelles intitulé Nuit Noire, Etoiles Mortes, titre à moitié traduit du titre original anglais qui est Full Dark, No Stars (littéralement : "Noir Complet, Pas d'Etoiles"). En 500 pages, ce recueil n'offre que quatre nouvelles, autrement dit, ces nouvelles sont très longues (enfin, une d'entre elles ne l'est pas trop). On pense à Minuit 2/Minuit 4 (deux recueils de deux longues nouvelles) et évidemment à Différentes Saisons (recueil de quatre longues nouvelles), ce dernier recueil est même cité en référence au dos de la couverture. Ces quatre histoires sont, de l'aveu même de King dans sa postface, parfois difficiles à lire comme elles ont été parfois difficiles à écrire. Elles sont aussi sombres que le titre du recueil, etmontrent, en gros, la face la plus noire de l'âme humaine et aussi le fait que le pire peut toujours arriver, même si on est persuadé d'avoir touché le fond de l'horreur.
1922, la première et la plus longue de ces histoires (dans les 180 pages, nouvelle scindée en chapitres séparés par des sauts de paragraphes, un vrai petit roman), est aussi la meilleure. L'action se passe en 1922, dans une ferme située en plein Nebraska (c'est rare que King situe une histoire ailleurs que dans son traditionnel Maine natal !). Un fermier vit avec son acariâtre et alcoolique femme, et leur fils de 14 ans. Elle a envie de tout plaquer, de vendre leurs terres à une société d'abattage d'animaux, afin de vivre en ville. Lui n'en a pas envie du tout. Le fils n'a pas envie de quitter la ferme et ses amis (et sa fiancée et voisine, Shannon). Ensemble, le père et le fils montent un plan, tuer leur femme/mère, et cacher le corps dans le puits, afin de faire croire qu'elle est partie, a foutu le camp. Une fois le crime accompli, tout va déraper... Grand Chauffeur, la seconde histoire (dans les 140/145 pages), aux chapitres numérotés, parle d'une écrivaine qui, un jour, sur la route de retour d'un colloque avec des fans, se fait agresser et violer par un routier psychopathe qui manque de la tuer. Elle survit, et va dès lors tout faire pour se venger...
Extension Claire, la plus courte (une cinquantaine de pages, chapitres séparés par des sauts de paragraphes), est assez fantastique (1922 aussi, dans un sens, mais pas forcément) : à Derry, un homme rongé par le cancer en stade terminal fait la connaissance d'un commerçant étrange qui lui propose de lui rallonger son espérance de vie et de le guérir définitivement de son crabe. En contrepartie, il doit lui donne le nom d'une personne qu'il connaît et déteste, et cette personne paiera la 'dette' à sa place... Enfin, Bon Ménage, une centaine de pages aux chapitres numérotés, raconte l'histoire d'une épouse qui, après une vingtaine d'années de mariage, découvre le lourd secret de son mari : c'est un psychopathe, un serial killer du surnom de Beadie. Il avait apparemment cessé ses crimes depuis 20 ans, mais a rechuté...
On le voit, peu de place pour la gaudriole dans Nuit Noire, Etoiles Mortes. C'est indéniablement un des opus les plus sombres de Stephen King avec Simetierre. Certains passages, comme le viol dans Grand Chauffeur ou le meurtre dans 1922, sont assez difficiles. Les personnages sont remarquables, crédibles, l'écriture est efficace, le suspense est redoutable. On notera un peu d'humour bien noir dans Extension Claire, la plus 'légère' (malgré ce qui arrive à la personne choisie par le personnage principal...) dans un sens. Ce n'est pas anodin si King a situé l'action de cette histoire diabolique à Derry, ville de résidence d'un certain Ca (mais ne vous attendez pas à revoir Ca, le monstre sans nom est bel et bien mort), ville, aussi, de l'action d'Insomnie et d'une partie de Dreamcatcher... Dans l'ensemble, entre suspense absolu, personnages remarquables, histoires remarquables et partant de postulats d'une simplicité effarrante, ce nouveau recueil de nouvelles (de novellas, comme King appelle ces longues histoires dans Différentes Saisons) est une réussite de plus pour le King de l'angoisse et du suspense. 1922 et Grand Chauffeur entrent directement dans le Panthéon des meilleures nouvelles de l'auteur, ce qu'aucune des nouvelles du précédent recueil (Juste Avant Le Crépuscule, pas mal mais quand même décevant), excepté N, n'avait fait. Remarquable !
"Rock Français : 123 Albums Essentiels" - Collectif
Editeur : Hoëbecke (beau livre)
Nombre de pages : 255
Sorti en 2010 (en fin d'année), ce livre est signé d'un collectif d'auteurs, des journalistes et critiques rock officiant essentiellement au sein de Rock'n'Folk. Le livre est présenté par Philippe Manoeuvre, qui signe la préface et quelques unes des chroniques (mais, au final, peu, par rapport à H.M., Philippe Thieyre ou Jean-William Thoury, pour ne citer qu'eux, car ils sont nombreux ; Antoine De Caunes en signe même une, ainsi que Francis Zégut, Vincent Ravalec, Bertrand Burgalat, Pascal Comelade, Thomas VDB (Vandenberghe) ou Frédéric Beigbeder. Ainsi que les habituels, Jérôme Soligny, Jérôme Reijasse, Patrick Eudeline, Géant Vert, Eric Dahan, Isabelle Chelley, Olivier Cachin ou Benoît Sabatier. Ce livre, donc, offre 123 albums essentiels du rock français (il y à un album de rap, deux ou trois d'électro, mais ils sont assimilés au rock, ce qui peut être un peu déstabilisant, mais reconnaissons que l'album de rap (Paris Sous Les Bombes de Suprème NTM, chronique de Cachin, spécialiste du rap) est assez rock dans l'âme, assez subversif, comme les meilleurs albums de rock teigneux), mais dans l'ensemble, que cela soit du rock'n'roll, du rock, du hard, du punk, de la pop/rock, de la chanson teintée de rock, du rock progressif ou expérimental, de l'électrorock ou de l'inclassable, ce livre propose un très bel aperçu d'ensemble, de 1961 à 2009, des Chats Sauvages de Dick Rivers (leur premier album éponyme) à Izïa (son premier album éponyme).
On notera cependant des oublis regrettables et, autant le dire, nombreux. OK, Bashung et Higelin sont abordés, mais par le biais d'un seul album (Play Blessures pour le premier, BBH 75 pour le second). Ces deux albums sont des monstres sacrés. Mais comment oublier Fantaisie Militaire, L'Imprudence, Novice (pour Bashung) et Alertez Les Bébés !, No Man's Land et Champagne Pour Tout Le Monde (pour Higelin) ? Idem pour Nino Ferrer, dont le En Public (apparemment pas vraiment enregistré live, soit-dit en passant) remarquable de 1966 est bien là, mais quid de Métronomie, Blanat ou La Désabusion, albums certes méconnus, mais quand même (il y à, dans le livre, des albums franchement méconnus, comme le premier album du groupe 12°5 - et si vous connaissez ça, chapeau - ou bien encore Album A Colorier du Zappa français, Albert Marcoeur), quand même, absolument remarquables ? Aussi, dans les oublis, Le Beau Bizarre de Christophe (Les Paradis Perdus, en revanche, est là), et, encore plus grave, Histoire De Melody Nelson, Vu De L'Extérieur et L'Homme A Tête De Chou de Gainsbourg (en revanche, Initials B.B. et Aux Armes Et Caetera sont présents). Aucun Thiéfaine. Dantzig Twist de Marquis De Sade, mais pas leur Rue De Siam qui est pourtant supérieur. Aucun album de Renaud, aucun de Cabrel (en même temps, c'est peut-être deux artistes géniaux, mais c'est pas du rock), mais ce n'est pas grave.
Car, dans ce livre, on a Boire de Miossec, Carcassonne d'Eicher, Polnareff's de vous-savez-qui, Rivière...Ouvre Ton Lit de Johnny, La Solitude de Ferré (enregistré avec le groupe de jazz-rock Zoo, dont le premier album éponyme et désormais introuvable est abordé aussi), La Mort D'Orion de Manset (mais pas son Long Long Chemin désormais introuvable à cause du principal intéressé), Kobaïa de Magma (la chronique de De Caunes, qui écrivit un livre entier sur Magma), Le 2.000.000ème Disque Des Chaussettes Noires, le premier Louise Attaque, Tostaky de Noir Déz', le premier Téléphone, O.K. Carole de Bijou, Dans Quel Etat J'Erre de Booz, l'album Lola-Cola des Frenchies de Jean-Marie Poiré, Emile Jacotey d'Ange, Obsolète de Dashielle Hedayat, Camembert Electrique de Gong, ou bien encore Too Much Class For The Neighborhood des Dogs, autrement dit, du lourd, du lourd, du lourd.Ce qui fait pardonner à la clique d'avoir placé ici l'album des Naast, le premier BB Brunes (pas nul, mais ne méritant pas cette intronisation tout de même), le Episode 2 : Medicine Cake de Pleymo, le Robots Après Tout de Katerine, Homework de Daft Punk ou le Paradize d'Indochine, tous mauvais. On leur pardonne. Ce n'est que quantité négligeable à côté de ces merveilles oubliées que sont Allez Téïa de Heldon, Les Visiteurs Du Soir de Mathématiques Modernes, (Libertés ?) de Catherine Ribeiro & Alpes, Le Retour De La Horde de Gogol 1er (un vrai cinglé), Rock'n'Roll Star de Dick Rivers ou Living In The Fast Lane de Little Bob Story, tous introuvables, hélas (ou difficilement trouvables, et pas en CD).
Sinon, ce livre est construit selon le même procédé (et il a le même format, le même grain de page et de couverture) que les deux tomes de Rock'n'Roll : La Discothèque Rock Idéale de Manoeuvre en solo. En fait, c'est pareil, mais uniquement français, évidemment. Soit une page pour la reproduction de la pochette initiale, et une page de texte, sans illustration, mais avec le tracklisting (à noter que pour Play Blessures, le tracklisting est celui du CD, avec les trois bonus-tracks, et pour Puta's Fever de la Mano Negra, c'est le tracklisting de l'édition canadienne, avec "Mala Vida", mais sans "Roger Cageot"). Le tout est super agréable à lire, on découvre (ou un redécouvre) des albums franchement remarquables (j'en ai découverts quelques uns, comme celui des Frenchies, celui d'OTH - Le Live de 1988 - ou celui de Marcoeur ; il y en avait en revanche beaucoup que je connaissait déjà). Pour amateur de rock français, c'est un livre qui devrait faire office de bible. En tout cas, un disque à lire !
"De Fièvre Et De Sang" - Sire Cédric
Editeur : Le Pré Aux Clercs (broché grand format)
Nombre de pages : 445
Sire Cédric est un auteur français de thrillers et de romans fantastiques, et aussi un musicien, ou plutôt chanteur, faisant partie de la scène gothique hexagonale. Rien qu'à voir son look (photo plus bas) et à voir aussi son pseudonyme (derrière lequel il reste anonyme ; à part ses amis, sa famille et probablement son éditeur, personne ne connaît son vrai nom), on s'en doutait fortement. En 2009, il signa L'Enfant Des Cimetières (déjà abordé sur ce blog), un thriller fantastique assez imparable, glauque, sanglant, violent et terriblement addictif, le genre de livre que l'on ne lâche plus jusqu'à son dénouement. Un an plus tard, il récidive avec un autre roman mélangeant le thriller et le fantastique/horreur, De Fièvre Et De Sang, lequel fait à nouveau intervenir un des personnages principaux de L'Enfant Des Cimetières, le commandant Alexandre Vauvert, un flic tenace, physique de boxeur, un mec qu'il ne faut pas faire chier, pour résumer. Mais si ce personnage est commun aux deux romans (on trouve aussi quelques flics qui apparaissaient déjà dans le précédent roman), si l'action de ce roman se situe après celle du précédent, les deux romans sont quand même indépendants, pas besoin d'avoir lu le premier pour comprendre le second, et vous pouvez les lire dans le désordre aussi.
L'action commence brutalement par une jeune femme, une jeune fille en fait (adolescente, la quinzaine d'années) qui se réveille, nue, attachée, sur un matelas couvert de sang, dans une maison assez glauque située en pleine cambrousse (l'action se situe, comme le précédent roman, vers Toulouse). Elle a été enlevée par deux frères totalement demeurés, les Salaville, des serial killers totalement givrés, sanguinaires, immondes. Elle est sauvée, et les deux frères tueurs tués, in extremis par l'intervention de la police, du commandnt Vauvert et de sa collègue Eva Svärta, une profileuse au physique hors normes (elle est albinos). Vauvert et Svärta découvrent que les deux frères Salaville semblaient flirter avec les forces de l'occulte, et semblaient aussi avoir un, ou une, complice, qui reste insaisissable. Peu de temps après, à Paris, des victimes, tuées selon la même manière (le corps entièrement vidé de son sang, et horriblement mutilé) sont découvertes, et Vauvert et Svärta sont dépêchés sur place, pour enquêter, persuadés que le tueur ne peut être que le complice des Salaville. Ou bien un monstre. Ou bien un des Salaville, car même s'ils sont morts et enterrés, il y à énormément de choses qui rattache ces crimes à eux...
De Fièvre Et De Sang, sous sa couverture assez glauque, est un roman absolument déconseillé aux âmes sensibles. Si L'Enfant Des Cimetières était déjà glauque et sanglant (des scènes vraiment choc), ce roman va encore plus loin. C'est, avec American Psycho de Bret Easton Ellis (et, dans un autre registre, Crash ! de Ballard), un des romans les plus jusquauboutistes, sanglants, choquants que j'ai lus. Si vous ne supportez pas ce qui a trait au sang, ne lisez pas ce livre, où vous gerberez sans cesse par la suite (le tueur, je ne vous dis pas de qui il s'agit évidemment, prend littéralement des bains de sang ; littéralement, au mot près) ! Un roman trash, glauque, violent, sanglant, choquant, ambiance irréelle, sombre, gothique, très prenante aussi, personnages très intéressants, sens du suspense absolu (chapitres courts, nombreux rebondissements ; ce roman, comme le précédent, comme les romans de Chattam ou Grangé, est un page-turner, le genre de roman qu'on ne lâche pas avant de le finir), écriture vive et fluide... De Fièvre Et De Sang est encore meilleur que L'Enfant Des Cimetières, qui, déjà, était vraiment une belle réussite du genre. Pour amateurs de romans d'épouvante et de thrillers, c'est une lecture ultra conseillée. Mais ayez le corps bien accroché, et ne lisez pas ça avant de vous endormir...
"Life" - Keith Richards
Editeur : Robert Laffont (broché grand format)
Nombre de pages : 660
Depuis le temps que les fans des Stones, de Keith Richards et de rock attendaient ça : une autobiographie de Keef, Keith Richards, guitariste co-fondateur des Rolling Stones ! Cette biographie, un vrai pavé (660 pages en grand format, 13 chapitres pour la plupart très longs, deux encarts de photos), est sortie en 2010. Elle s'appelle, connement (mais le titre est on ne peut mieux trouvé, aussi), Life ('la vie'), et a été faite en collaboration avec un journaliste anglais, James Fox, qui a sûrement du tirer quelques vers du nez de Keith, même si ce dernier semble avoir une mémoire éléphantesque. Et un humour grandiose. On lit ce pavé autobiographique comme un roman, c'est rempli d'humour, de légèreté, d'anecdotes, de choses, aussi, parfois dures, difficiles. Le style (James Fox a sans aucun doute aidé Keith, sur ce point) est parfait, fluide, ça se lit vraiment sans problème. Après un court premier chapitre nous contant, en avant-première du reste du livre, une mésaventure droguée de Keith et Ron Wood en 1975 dans le coin bouseux des USA (avec procès bidon a la clé), le livre passe ensuite à la naissance, en 1943 (le 18 décembre), de Keith, dans le Kent, à Dartford. Son enfance, son adolescence, ses premières emmerdes (à l'école), sa rencontre avec Mick Jagger, leur idée de faire un groupe, un jour, sur un quai de gare, ce dernier (Jagger) ayant sur lui un vinyle de Muddy Waters dont la première chanson donnera le nom du groupe... Puis, rencontre avec Ian Stewart (pianiste, manager du groupe), Brian Jones (guitare), Andrew Loog Oldham (premier producteur), Bill Wyman (basse), Charlie Watts (batteur venant de la scène jazz)...
Life n'épargne rien. Ni personne. Keith sait être drôle quand il parle de ses emmerdes, de sa rencontre avec Patti Hansen (sa dernière femme, avec qui il est toujours), de sa manière d'appeler Mick Jagger 'cette salope de Brenda' pour parler de lui quand il devient insupportable dans les années 80 (allusion à une écrivaine, Brenda Jagger, qui n'a aucun lien de parenté avec le chanteur), ou quand il parle de Voodoo, ce petit chat sauvé des eaux qu'il gardera avec lui dans les années 90 et a donné son nom à un album des Stones (Voodoo Lounge), sans oublier Ike Turner lui braquant un flingue sur la tempe pour qu'il l'oblige à lui expliquer comment il obtient ce fameux son de guitare (qu'Ike parviendra sans peine à reproduire). Il sait se faire sérieux pour parler de ses problèmes d'addiction à l'héroïne, de sa rechute, de sa désintoxication définitive ; ou de ses problèmes avec Brian Jones, devenu ingérable peu avant sa mort ; de sa liaison avec la fiancée de Jones, Anita Pallenberg, qui deviendra sa première femme ; de la mort de ses amis (Gram Parsons, Ian Stewart, Brian Jones), de ce concert tendu catastrophique d'Altamont 1969 au cours duquel un jeune spectateur Noir, Meredith Johnson, s'est fait tuer par des Hell's Angels défonçés qui étaient chargés de la 'sécurité' et firent du zèle ; aussi, et surtout, de la mort, en 1976, de son fils Tara, quelques mois, mort dans son sommeil, il apprit la nouvelle peu avant de monter sur scène à Paris.
Ce livre, cette autobiographie, est un régal absolu pour fans du groupe, du mec, de rock, d'autobiographies. Richement illustré (deux encarts de plusieurs pages de photos, les deux du site en font partie ; la première montre Keith sur scène aux USA pendant la tournée 1972, et la deuxième, Keith dans son manoir anglais de Redlands, devant une de ses bagnoles), Life est un monument du genre, clairement. Descentes de police, drogue, sexe, anecdotes diverses, relations entre les différents membres du groupe, vie personnelle de Keith (ses retrouvailles avec son père, pas vu depuis 20 ans, dans les années 80, est un grand moment ; sa vie sur les routes, pendant les tournées, avec son premier fils Marlon, né en 1969, aussi)... Vous saurez tout sur le grand riffard, l'icône ultime du rock, avec Life ! Monumentalement recommandé !
"Autre-Monde, 4 : Entropia" - Maxime Chattam
Editeur : Albin Michel (broché grand format)
Nombre de pages : 390
En 2008, Maxime Chattam, jusque là auteur de thrillers (si on excepte Le 5ème Règne), s'est lancé dans l'écriture d'une saga de fantastique/science-fiction, avec d'évidents accents heroïc-fantasy. Le nom de cette saga, c'est Autre-Monde. Le pitch de cette saga est à la fois simple et complexe : une tempête monstrueuse, surnommé par la suite la Tempête, se déclare sans prévenir, en décembre 2006, à New York (mais frappe la Terre entière, comme on s'en rendra rapidement compte). Après cette Tempête fulgurante traversée d'éclairs lumineux, plus rien ne sera comme avant : la une bonne partie des adultes a disparu, une autre est devenue monstrueuse (physiquement), une autre, monstrueuse moralement, cruelle, sans souvenirs de son ancienne vie. Les enfants et adolescents, eux, n'ont pas changé. Ils s'organisent en groupes, se rebaptisent les Pans (les adultes, eux, devenus leurs ennemis, sont baptisés les Cyniks par les Pans), et commencent à s'organiser pour réapprendre à vivre dans ce monde transformé, dans lequel une intense végétation a poussé, un monde différent, peuplé de créatures étranges et bien souvent dangereuses... Matt, Tobias (amis d'avant la Tempête) et Ambre (connue après) sont trois de ces Pans, et forment l'Alliance des Trois, un groupe d'entraide, une bande. La saga se concentre autour d'eux.
Le premier tome s'appelait L'Alliance Des Trois, et était franchement bon. Le deuxième, Malronce, et le troisième, Le Coeur De La Terre, publiés en 2009 et 2010, encore meilleurs. Ces trois premiers tomes forment un premier cycle, achevé. Maxime Chattam a apparemment comme but de faire un deuxième cycle de trois livres, puis un septième livre qui engloberait tout en conclusion. Récemment (le 2 novembre dernier !), il a publié le quatrième tome de la saga (après deux romans n'ayant rien à voir et formant le cycle du Temps, Léviatemps et Le Requiem Des Abysses), qui est aussi le premier opus du nouveau cycle. Ce nouveau roman s'appelle Entropia, et le voici. C'est le plus court des quatre (390 pages, devant Malronce, qui en faisait 410 et était, avant, le plus court ; les deux autres font respectivement 480 et 460 pages), et c'est bien dommage, car, honnêtement, Entropia, sous sa couverture noire (après le vert, le rouge et le bleu), est probablement le meilleur des quatre romans d'Autre-Monde à ce jour. Déjà que le premier tome était remarquable (mais reste le moins grandiose quand même) et les deux suivants de purs joyaux...
L'histoire va être, comme toujours avec cette saga qui se vit vraiment plus qu'on ne la lit, assez difficile à résumer en quelques lignes. La paix a été signée entre les Pans et les Cyniks (désormais appelés Maturs, afin de ne pas froisser la nouvelle et encore fragile entente), suite à la fin du règne de la cruelle reine Malronce (et à la destruction de cette immonde créature qui pourchassait Matt, le Raupéroden). Matt, Ambre (qui a absorbé en elle la puissance du Coeur de la Terre et est désormais emplie d'un immense pouvoir) et Tobias vivent, avec beaucoup d'autres Pans, à Eden, la principale ville des Pans. Des ambassadeurs servent de relais entre les Pans et les Maturs, dont le chef est le roi Balthazar (un ami des Pans). Tout devrait, normalement, aller bien, lentement mais sûrement, mais un jour, un des Postes Avancés du Nord, tenu par des Pans, est massacré par une sorte de force sombre, terrifiante, que les Pans vont rapidement surnommer le Tourmenteur. Cette créature (ces créatures, en fait, car il y en à plusieurs) a l'apparence de la Mort, et sème la désolation sur son passage, répandant aussi une sorte de brume grisâtre, palpable. Pour l'Alliance des Trois, il faut réagir, et une expédition pour le Nord s'organise, sans trop savoir ce qu'il y à a affronter, ni l'ampleur du péril...
Sens du suspense, humour (pas omniprésent, car ce roman est de loin le plus sombre de la saga, devant Malronce), personnages totalement attachants et évoluant, bestiaire fantastique, sens de l'épopée, ce quatrième tome, malgré sa courte épaisseur, est un régal absolu, qui comblera les fans d'Autre-Monde, dont c'est vraiment, pour le moment, le meilleur opus. On retrouve les personnages principaux du premier cycle, on en découvre d'autres, ainsi que d'autres lieux (l'expédition amènera le groupe au Québec, où ils découvriront une bande de Pans réfugiés dans le Château Frontenac !), d'autres périls, et lentement, mais sûrement, le voile se lève de plus en plus sur ce nouvel univers sur Terre. Avec une conclusion assez abrupte, qui donne furieusement envie de lire la suite (en espérant que le prochain livre de Chattam, il en fait deux par an, un tous les six mois, sera le cinquième tome et pas un roman indépendant, il faudra dans ce cas attendre mars/avril, mai au plus tard, pour lire cette suite) ! Apparemment, ça se passera en Europe, mais je n'en dis pas plus... Dans l'ensemble, sombre, captivant, remarquablement bien écrit, Entropia (pour savoir ce que le titre signifie, lisez le livre !) est une incontestable réussite qui prouve que la saga Autre-Monde risque bien de devenir le Grand Oeuvre de Maxime Chattam. J'imagine ce que ça donnerait au cinéma (j'adorerais voir ça, en tout cas), mais aucun projet d'adaptation n'est ne serait-ce qu'envisagé à l'heure actuelle. Hé, les producteurs, réveillez-vous !
"Rock'n'Roll - La Discothèque Rock Idéale 2" - Philippe Manoeuvre
Editeur : Albin Michel/Rock'n'Folk
Nombre de pages : 225
Enfin ! Ah, je l'attendais, ce tome 2 ! Ce livre vient tout juste de sortir (le 5 octobre dernier), et comme son nom l'indique, Rock'n'Roll - La Discothèque Rock Idéale 2 est la suite de Rock'n'Roll - La Discothèque Rock Idéale, une anthologie de chroniques d'albums signée Philippe Manoeuvre. Le tome 1 date de 2005, et était constitué des chroniques de la rubrique Discothèque Idéale de Rock'n'Folk, chroniques d'anciens albums essentiels publiée depuis 1998. La rubrique a cessé en 2007, après la publication du dernier album (parmi les chronique qui avaient été publiées en avant-première dans le recueil, car le recueil contenait pas mal de nouveautés en plus des anciennes chroniques du magazine). En 2008 (fin d'année), la Diskid (abréviation du nom de la rubrique) a enfin repris, avec l'album Dr. Byrds & Mr. Hyde des Byrds. Et depuis, mensuellement, c'est de nouveau actif. Ce tome 2 offre aussi bien les chroniques publiées depuis 2008 que des nouveautés, qui seront elles aussi publiées mensuellement au fil des mois à venir (ça va prendre plusieurs années, évidemment).
Petits reproches : il manque encore certains des albums abordés dans la Diskid : Tyranny And Mutation et Secret Treaties de Blue Öyster Cult (en revanche, leur premier opus éponyme a été enfin placé, ainsi que le Neverneverland des Pink Fairies, deux chroniques très anciennes), Blue Wild Angel : Live At The Isle Of Wight de Jimi Hendrix, le coffret Loud, Fast & Out Of Control : The Wild Sound Of The 50's Rock (pour ce dernier, logique : difficile d'aborder, un coffret de la sorte, il n'est pas à proprement parler un album) et, plus grave, certaines des nouvelles chroniques (peu, au final, mais tout de même), comme le Live At Leeds des Who, le premier album éponyme de Fairport Convention, la bande originale du film American Graffiti, le Young, Loud & Snotty des Dead Boys, le premier album éponyme des Pretenders, le Hollywood Town Hall des Jayhawks (ces quatre derniers albums cités sont d'ailleurs les quatre derniers abordés dans le magazine Rock'n'Folk), ou bien encore le Back From World War III de Jack Meatbeat & The Underground Society. Ces albums abordés dans le magazine ne sont pas, faute de place, dans le livre. Sil y à un jour un tome 3, tous les espoirs sont permis pour que Manoeuvre les foute dedans !
En revanche, il y à le reste des albums abordés avant ça dans le magazine (Siamese Dream des Smashing Pumpkins, Disraeli Gears de Cream, Highway To Hell d'AC/DC, Bitches Brew de Miles Davis, etc) et, évidemment, des nouvelles chroniques, totalement inédites. Avec la même présentation que pour le tome 1 (même format, même grain de papier, même pagination avec la reproduction de la pochette d'un côté et le texte agrémenté d'illustrations - pochettes de singles, étiquettes des faces vinyle, etc - sur l'autre), ce qui est bien, car les deux tomes vont bien ensemble sur leur étagère, ça ne choque pas, comme s'ils étaient sortis ensemble et pas à 6 ans d'intervalle. Même ça, ça compte ! Les textes sont encore une fois bien écrits, drôles, passionnants, ils donnent envie d'écouter ou de réécouter les albums (actuellement, je me fais une joie d'écouter, de découvrir, de me procurer, les albums que je ne connaissais pas avant la lecture du livre ; ils sont au final peu nombreux, mais il y en à quand même une vingtaine). Et c'est bien là le principal.
Parmi les nouveautés, des choses assez logiques, des albums essentiels et dont on se demande bien pourquoi ils ne faisaient pas partie de la précédente série (The Freewheelin' Bob Dylan, Pearl de Janis Joplin, The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars de Bowie, Transformer de Lou Reed, From Elvis In Memphis d'Elvis Presley, Let It Bleed des Stones, Every Picture Tells A Story de Rod Stewart ou The Psychedelic Sounds des 13th Floor Elevators. On a aussi des disques très connus et moins évidents, desalbums plus commerciaux et grand public que de coutume, comme le Out Of Time de R.E.M., le Live Through This de Hole, Ten de Pearl Jam, Rum, Sodomy & The Lash des Pogues ou bien encore Live After Death d'Iron Maiden. Du punk-rock (The Saints, The Damned, Richard Hell, Iggy Pop, The Stranglers, The Dead Kennedys), du hard-rock (Alive ! de Kiss, Mötley Crüe, le Live And Dangerous de Thin Lizzy, Blue Cheer), des trucs rarissimes (Outrageous de Kim Fowley, Basement 5, The Birthday Party) ou improbables (Off The Coast Of Me de Kid Creole & The Coconuts ! The Brian Jonestown Massacre !)... On a même deux chroniques qui prennent plus en compte le contenant que le contenu (Country Life de Roxy Music pour la pochette plus que pour le contenu, qui est immense ; et In Rainbows de Radiohead plus pour le fait que c'est le premier album offert gratuitement et légalement sur le Net avant la sortie CD que pour le contenu, qui est aussi immense).
Au final, ce tome 2 ne décevra absolument pas celles et ceux qui ont lu et aimé le premier opus. Albums mythiques (Bowie, Stones, Beatles, Who, Lou Reed, Iron Maiden, Pogues) ou méconnus (Basement 5, Kim Fowley, Blue Cheer, Shangri-Las, Brian Jonestown Massacre, Kid Creole & The Coconuts, Plimsouls), albums anciens (plus ancien : 1963) ou récents (2007 pour le plus récent, si on excepte le Live ! Beg, Borrow & Steal des Plimsouls qui, enregistré en 1981, n'est sorti qu'en 2010), tous sont, d'une manière ou d'une autre, immenses et méritent leur intronisation dans la Diskid. Bref, ce tome 2 est aussi mémorable (pour moi) que le premier !
"Le Passager" - Jean-Christophe Grangé
Editeur : Albin Michel (broché grand format)
Nombre de pages : 750
Paru dernièrement (le 1er septembre dernier), Le Passager est le dernier roman de Jean-Christophe Grangé, et son neuvième. C'est aussi, avec 750 pages, son plus épais, devant Le Serment Des Limbes (100 pages de moins). Après trois romans (La Ligne Noire, Le Serment Des Limbes, La Forêt Des Mânes) formant une trilogie consacrée à la violence, Grangé, ancien reporter, nous livre ici un roman-fleuve implacable sur les tréfonds de l'âme humaine, sur la folie, la psychiatrie. Le Passager est un roman labyrinthique, même s'il est très facile à lire (et se lit vraiment facilement, un vrai page-turner, un roman haletant aux très nombreux chapitres, qui sont, une première pour Grangé, non numérotés, non titrés). L'atout majeur du roman consiste dans le personnage principal, ce passager, justement, qui n'est pas celui qu'il croit être.
Bordeaux. Mathias Freire, psychiatre dirigeant un hôpital psychiatrique, voit, un jour, un homme amnésique, découvert dans la gare, arriver, apporté par la police. Non loin de l'amnésique (que Freire, grâce à l'hypnose, parvient à identifier et à ramener chez lui), un corps de SDF a été retrouvé, mort d'overdose, mais avec...une tête de taureau, une vraie, enfoncée sur sa tête à lui, une caricature de Minotaure. Anaïs Châtelet, une fliquette au passé trouble, enquête sur ce crime, et sa piste l'amène vers la clinique de Freire. En fait, on découvre, sur les lieux du crime, des empreintes digitales, celles d'un certain Victor Janusz, un SDF fiché à Marseille. Freire, de son côté, pris de doutes suite à des liens étranges entre l'amnésique et lui-même, et après avoir échappé à une mystérieuse tentative d'assassinat qui fut en revanche fatale à l'amnésique, découvre que les empreintes de Janusz et les siennes sont identiques. Il s'appelle, en fait, Janusz, et a vécu une fugue psychique, une rupture de personnalité.
Dès lors traqué par la police qui a aussi découvert les empreintes identiques, Freire, alias Janusz, part pour Marseille, à la recherche de son ancienne identité, savoir qui il était avant de faire sa fugue et de devenir Freire. Apparemment, il était un clochard. Sa quête identitaire va le mener à plusieurs révélations sur lui-même, il n'est pas au bout de ses suprises, tandis que la police le traque inlassablement, le soupçonnant non seulement du meurtre du SDF de Bordeaux, mais aussi de celui de l'amnésique. Freire, quant à lui, apprend que plusieurs semaines plus tôt, un SDF, à Marseille, a été retrouvé mort, tué par overdose, avec des ailes de deltaplane greffées dans le dos, en une grotesque parodie d'Icare...
Le problème, avec Le Passager, et je viens de m'en rendre compte, c'est qu'il est extrêmement difficile à résumer ! En résumé, c'est un roman implacable qu'il faut lire. Chaque partie (il y en à 5) est nommée selon une nouvelle identité que Freire/Janusz/.../.../... se découvre, car, oui, cet homme a vécu plusieurs fugues psychiques et reprend quasiment tout à zéro, à chaque rebondissement. Dans un sens, c'est un peu facile, pour Grangé, et ça fait un peu invraisemblable parfois, mais c'est cependant super bien écrit, ça laisse en haleine. La trame policière est un peu négligée en faveur des multiples identités découvertes par le personnage principal, mais ce n'est, au fond, pas trop grave, malgré un final un peu abrupt. Ce n'est, dans l'ensemble, pas le sommet de Grangé, ni mon préféré (je préfère Le Serment Des Limbes et Miserere), mais ce Passager est vraiment un bon cru, long, certes, mais passionnant. Pour fans de l'auteur et amateurs de thrillers psychologiques !
"Le Requiem Des Abysses" - Maxime Chattam
Editeur : Albin Michel (broché grand format)
Nombre de pages : 455
En tant que fan absolu de Maxime Chattam, je ne pouvais que virevolter à l'annonce de la sortie de son nouveau roman, lequel est sorti le 4 mai dernier (autrement dit, il y à TRES peu de temps, ah ah). Ce roman s'appelle Le Requiem Des Abysses (excellent titre, je trouve), et si vous connaissez l'univers de cet auteur francilien (né à Herblay, dans le 95, non loin de chez moi !), ou du moins, si vous avez lu son précédent roman (Léviatemps), il vous suffit de regarder la couverture, dorée par endroits, pour vous rendre compte qu'un lien unit ce roman et Léviatemps. En fait, il s'agit tout simplement de la suite directe de Léviatemps, avec les mêmes personnages (même secondaires), et l'action se passe quelques mois après les faits du précédent opus. Bref, ce nouveau roman n'est pas à lire si vous n'avez pas encore lu Léviatemps. Lisez le précédent roman (ou relisez-le si vous ne vous en souvenez plus bien) avant, car il n'y à pas vraiment de résumé !
Août 1900. Guy De Timée et Faustine, son amie prostituée (avec qui il n'a jamais couché, les deux jeunes gens s'apprécient platoniquement), après les tragiques et morbides évênements relatés dans Léviatemps, se sont retirés dans le Vexin, non loin de Magny-en-Vexin, dans une propriété privée appartenant à l'ami de Guy, Maxilimien Hencks (un chasseur professionnel), baptisée Elseneur. Très vite, un fait divers atroce va se produire : une jeune fille, adolescente, est agressée sexuellement, et, le lendemain de ce drame, elle est, avec sa famille, atrocement massacrée, dans leur maison. La barbarie absolue des crimes, plus quelques indices, vont faire que Guy, qui va s'intéresser de très près à ce crime (lequel sera rapidement suivi d'un autre multiple assassinat, autre carnage, ainsi que du meurtre d'un gendarme), va baptiser le tueur insaisissable Croquemitaine.
Un soir, après qu'une chasse à l'homme n'ait rien donné, Faustine est enlevée par le tueur. Guy décide de partir pour Paris, pour poursuivre son enquête, car plusieurs indices lui permettent de penser que le Croquemitaine, dont il a auparavant découvert l'identité, aurait une base à Paris. Il ne sait pas que dans la capitale, d'étranges et sordides faits divers se sont entre temps produits : meurtres de médiums, vols de momies dans des musées, multiples évasions de criminels dangereux... Une affaire bien étrange, glauque et complexe !
Voilà donc, rapidement, ce qu'est Le Requiem Des Abysses. On y retrouve tous les personnages, principaux ou secondaires, de Léviatemps, et, au final, ce deuxième et dernier opus de ce cycle du Temps est une réussite absolue, nettement meilleur que le précédent roman (lequel n'était absolument pas mauvais, mais un tantinet décevant quand même, un peu lent à la détente et bavard). Encore une fois, une description remarquable de la France de 1900, des personnages attachants ou troublants, du suspense, de la violence gore (vraiment gore ! Accrochez-vous !)... Gros point noir, en revanche, et surtout pour la première partie du roman, l'accumulation éhontée (il y en à vraiment beaucoup trop) de très très courts paragraphes (une phrase, une ligne), à la suite, parfois toute une page, tout un chapitre. En témoignent les chapitres 21 à 25 notamment, et d'autres précédents. Ca fait un peu vite-fait, un peu court, parfois ! Heureusement, le reste du roman est plus structuré. Ce n'est pas une tare majeure pour le roman (Chattam, dans ses précédents romans, a eu recours à ce procédé d'écriture, et il n'est pas le seul : Grangé, notamment), mais quand même, là, il y en à vraiment trop, dans la première partie du roman ! Sinon, rien à dire, c'est ultra puissant !
"Le Jour Où Tu Dois Mourir" - Marc Charuel
Editeur : Albin Michel (broché grand format)
Nombre de pages : 635
Attention, choc. J'ai découvert ce roman tout récemment (il vient juste de sortir, il y à quelques semaines ou mois), et j'ai mis du temps à m'en remettre. Autant le dire tout de suite, si vous aimez (ou adorez) les thrillers glauques et noirs comme la nuit, du style Le Silence Des Agneaux, Les Rivières Pourpres ou les romans de Maxime Chattam ou de Franck Thilliez, alors, dans ce cas, incontestablement, Le Jour Où Tu Dois Mourir, premier roman policier de Marc Charuel (à la base, un reporter de guerre qui a auparavant signé des romans ou livres sur la guerre), est pour vous. Le roman est long (635 pages, 32 chapitres et 188 sous-chapitres, plus un prologue et un épilogue), mais juste puissant.
Arcachon (Cap-Ferret), au cours d'un été assez maussade (temps de merde), en 2006. Alain Duncan, photographe, ancien reporter de guerre ayant bourlingué au fil de sa vie sur plusieurs conflits violents, ayant connu l'enfer à plusieurs reprises (comme l'auteur du roman, vraisemblablement !), est depuis rangé des affaires, tout au plus se contente-t-il de photographier, en mode paparazzi, des célébrités. Alors qu'il recherche Amélie Mauresmo, qui vit non loin, pour la photographier, il photographie une forme étrange, un homme en tenue sombre, qui est passé dans le champ. Quelques jours plus tard, il fait la connaissance de Clémence, une jeune femme pratiquant le naturisme, avec qui il se lie amoureusement. Parallèlement, on découvre le corps atrocement mutilé d'une jeune Allemande, babysitter chez une famille assez aisée vivant non loin, les Leclerc. La victime a été crucifiée au sol, violée, horriblement saignée. Duncan a découvert le corps par hasard.
Alors que Clémence, mystérieusement, va disparaître du jour au lendemain, Duncan, avec l'aide d'un ami journaliste de presse à sensation, va enquêter sur ce crime, et découvrir qu'il a un lien, ténu mais pourtant existant, avec un fait divers ayant légèrement défrayé la chronique en 1978. Parallèlement, en Thaïlande, la police a affaire à un réseau assez glauque, arrêté par dénonciation, un réseau de trafic de films très violents et morbides, des snuff-movies. Delpey, de l'ambassade française en Thaïlande, contacte un de ses amis afin qu'il l'aide à y voir plus clair. Cet ami n'est autre que Duncan, qui, une fois sur place, découvrant les vidéos, y aperçoit, sur l'une d'entre elles, la jeune Allemande se faisant tuer, et, sur une autre, le calvaire de sa Clémence, se faisant elle aussi tuer. Découvrant ce qui est arrivé à celle qu'il aimait, il va pister le tueur du réseau...
Ce thriller est d'un glauque tel qu'il vous laissera sur le carreau. D'une noirceur terrifiante, j'ai rarement eu autant de malaise en lisant un thriller ! Depuis In Tenebris de Maxime Chattam, précisément. Tout concourt à faire de ce coup d'essai en la matière (rappelons que Charuel nous offre ici son premier thriller, ses précédents livres, au nombre de trois, n'étaient absolument pas de ce genre) un futur classique, un best-seller (je l'espère pour l'auteur, en tout cas) : personnages intéressants, sujet choc, scènes choquantes, sens du détail, sens du rythme, rebondissements, suspense, violence... Le Jour Où Tu Dois Mourir n'a qu'un défaut majeur, son titre, qui fait furieusement penser à du Mary Higgins Clark (bonjour la référence). Sinon, c'est un polar noir incroyable !
"Le Talisman Des Territoires, 2 : Territoires" - Stephen King & Peter Straub
Editeur : Pocket (poche)
Nombre de pages : 790
Ce deuxième tome du Talisman Des Territoires s'appelle donc Territoires (comme c'est logique), mais son titre original est Black House. Comme le précédent, il a été écrit à quatre mains par Peter Straub et Stephen King, et on y trouve le style des deux auteurs, si reconnaissable et remarquable. Paru en 2001, ce roman est moins long que le premier, mais fait quand même quasiment 800 pages en poche. Le style des deux auteurs est bien là, reconnaissable, mais Territoires est totalement différent de Talisman (et je le préfère, légèrement, à Talisman, aussi). Fini le roman-fleuve sur un adolescent de 12 ans arpentant les Territoires pour récupérer le Talisman permettant de sauver sa mère et la Reine de cet univers parallèle. Là, c'est une histoire de serial-killer provenant vraisemblablement des Territoires...ou d'autre part. Mais pas de notre univers.
King et Straub
Jack Sawyer est devenu flic, et est, évidemment, adulte. On lui confie une affaire de crimes atroces perpétrés dans une petite ville peinarde (avant ces crimes), French Landing, dans le Wisconsin. Pour Sawyer, dont l'expérience des Territoires, dans son adolescence, fut intense, ces crimes semblent avoir été faits par un monstre, un être redoutable venant d'ailleurs. Très vite, il replonge dans ses souvenirs des Territoires, et sent qu'il va devoir y retourner, malgré le danger permanent dans les Territoires...
Territoires est un roman implacable qui m'a fait penser, par moments, au roman Le 5ème Règne de Maxime Chattam (écrit après, mais Chattam ne s'en est sûrement pas inspiré), pour son côté 'serial killer/ambiance fantastique et irréelle/petite ville paisible/meurtres sordides'. Dans l'ensemble, ce roman est une réussite, totale selon moi, mais il a été légèrement moins bien accueilli à sa sortie. C'est un des romans de King (même s'il a été écrit en binôme avec Straub) qui contient le plus d'allusion à son fameux cycle d'heroïc-fantasy de La Tour Sombre, par ailleurs - avis aux fans de ce cycle ! En bref, ce deuxième tome, dernier à ce jour (mais un jour, peut-être, un tome 3 sera fait...), est remarquable !






















