Mes livres de chevet

15 novembre 2013

Stephen King : la bibliographie

 

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Après avoir abordé diverses séries de BD en de longs articles (Tintin, Johan & Pirlouit, notamment), et j'en referai d'autres par ailleurs, place maintenant à un article résumant l'intégralité de l'oeuvre d'un auteur que j'adore (et je ne suis évidemment pas le seul à l'adorer), Stephen King. Chaque roman et recueil de nouvelles sera rapidement abordé, avec une petite note sur 20. Chaque roman ou recueil de nouvelles sera proposé avec sa couverture originale de première publication française (et non pas les couvertures plus récentes des rééditions poche), certaines sont peu connues, et étonnantes ! En revanche, la date est celle de la publication américaine, et les livres seront classés selon cet ordre (certains romans, comme ceux écrits sous pseudonymes, sont en effet sortis tardivement chez nous). Excusez-moi pour l'absence d'accents circonflexes et de trémas (le cas échéant) : mon clavier de PC déconne sur cette double touche !

01

Carrie (1973) : Premier roman paru, il y à de cela 40 ans (déjà !). King n'en était pas satisfait, et le foutra à la poubelle ; sa femme Tabitha (elle aussi écrivain, d'ailleurs, mais pas à l'époque) récupèrera le manuscrit et forcera son mari à le proposer à un éditeur, qui le publiera. De Palma l'adapte au cinéma trois ans plus tard (une des meilleures adaptations de romans de l'auteur). Le roman marchera fort (le film aussi), et si ce n'est pas le meilleur de King (un style encore un peu hésitant, des lourdeurs et maladresses), c'est franchement un très bon roman d'épouvante, s'achevant en apocalypse. Essentiel pour tout fan. Note : 15/20.

02

Salem (1975) : Quand King proposera ce roman à son éditeur, il le proposera avec un autre roman totalement différent, qui ne sera pas sélectionné (et que King ressuscitera bien des années plus tard : il s'agit de Blaze). Salem (adapté en TVfilm par Tobe Hooper en 1979, et un remake, aussi en TVfilm, sera fait dans les années 2000) est un des tous meilleurs romans de l'auteur, qui le republiera quelques trente ans plus tard dans une version légèrement remaniée (des chapitres ou paragraphes rajoutés, qui avaient été excisés de la première version, et des pages inédites situées après le roman, plus des nouvelles déjà connues et se passant aussi à Jerusalem's Lot, alias Salem) qui est sans doute meilleure encore que l'original. Un de mes préférés de l'auteur, qui en a chié pour le faire (il a crée toute une galerie de personnages, et devait par moments se sentir écrasé sous le poids des détails ; il ne refera que rarement cela, notamment avec Dome). Une sinistre et marquante histoire de vampires qui n'a rien à envier à ses ainés (Dracula de Stoker). Note : 20/20.

03

Shining (1977) : Publié en France sous le titre de L'Enfant Lumière avant que l'adaptation cinéma de 1980, par Kubrick, ne fasse mondialement publier ce livre sous son titre original, Shining. Un autre roman majeur que l'on ne présente plus, et dont l'adaptation cinématographique, bien que sublime, n'adapte que très peu de l'histoire (les personnages, les lieux, le topic de base, mais c'est tout ; pas mal de détails passent à la trappe, en faveur de l'atmosphère). Mick Garris et King, en 1997, feront un TVfilm en plusieurs parties, moins réussi stylistiquement parlant, mais adaptant mieux le roman. Lequel roman est tout simplement quintessentiel. L'auteur vient d'en publier la tardive suite : Docteur Sleep. Note : 20/20.

04

Rage (1977) : Publié en France en 1990, et à l'heure actuelle hors commerce, dans le monde entier, sur ordre de King directement, qui ne voulait pas risquer qu'un jour une tuerie dans un lycée ou université ne soit inspirée par ce roman. Ce roman, King l'a publié en 1977 aux USA, sous le pseudonyme, utilisé pour la première fois, de Richard Bachman. Jusqu'à 1984, personne ne se doutera que sous le nom de Bachman se cachait King ! Ces quelques romans ne marcheront pas fort jusqu'à la révélation Bachman/King, et ensuite, les ventes décolleront. Rage est un roman violent, glauque, sur un lycéen de 16 ans, Charlie Decker, qui pète un plomb et prend sa classe en otage après avoir tué sa prof d'algèbre et un autre professeur. On apprend pas mal de choses sur la vie de Charlie (père violent et peu aimant, etc...), et sur celle de ses camarades de classe, la salle devenant une sorte de grand cabinet de psy, tout le monde déballe tout... Un roman riche en flash-backs, raconté à la première personne, et à la fois drole et très violent. Une claque d'une profonde noirceur. A noter que les quatre premiers romans de King sous le nom de Bachman furent publiés en un seul volume aux USA et Angleterre (pas chez nous, mais je possède un exemplaire) dans le milieu des années 80, une fois la révélation du pseudonyme faite : The Bachman BooksNote : 17/20.

05

Danse Macabre (1978) : Premier recueil de nouvelles de King, et pas le dernier. Probablement son meilleur, meme si Brume et Tout Est Fatal ne sont pas à dédaigner (pour ne citer qu'eux). Plusieurs histoires ici seront adaptées au cinéma (dans des sketches du film Cat's Eye, ou en films à part, bien souvent très ratés, comme The Mangler). Toutes sont fantastiques, certaines restent longtemps en mémoire, comme La Presseuse, Matière Grise, Celui Qui Garde Le Ver, Poste De Nuit, Désintox Inc. ou Cours, Jimmy, Cours... ; à noter que le titre original du recueil est Night Shift (lequel est aussi le titre original de Poste De Nuit), et que le titre français de ce recueil est aussi le titre original d'un livre que King sortira en 1981 aux USA. Mais j'y reviendrai plus bas ! Note : 20/20.

06

Le Fléau (1978) : Anthologique roman-fleuve qui sera publié à deux reprises : en 1978 d'abord, et en 1990 dans une version rallongée et définitive. Ce roman adapté en TVfilm (de plusieurs parties) et en BD est un des chefs d'oeuvre absolus de King, une histoire terrifiante sur un virus (une grippe dévastatrice) ravageant quasiment toute la population mondiale ; les survivants se réunissent en ce qui va rapidement devenir deux clans : les gentils et les méchants ; les premiers dans le Colorado, et les autres à Las Vegas, sous la coupe d'un certain Homme en Noir, une sorte de magicien/démon du nom de Randall Flagg, qui semble tout diriger de cette catastrophe mondiale comme un marionnettiste cinglé... Un grand roman, certes long (en poche, l'ancienne édition en trois tomes faisait 1500 pages !), mais fabuleux. Note : 20/20.

07

Dead Zone (1979) : Adapté au cinéma en 1983 par David Cronenberg (sensationnel film) sous son titre original (qui deviendra dès lors le titre de publication international), ce roman est d'abord paru chez nous sous le titre L'Accident. Un professeur d'université est victime d'un accident de la route, et sombre dans le coma, pendant 5 ans. A son réveil, il découvre qu'il a hérité d'un pouvoir : il voit le futur des gens en leur touchant la main. Il va bientot mettre ce pouvoir étrange au service des autres, tentant de stopper un redoutable serial-killer, puis d'empecher l'accession au pouvoir d'un obscur politicien totalement psychotique, destiné aux plus hautes fonctions... Un grand roman de plus, sans doute moins connu que certains autres (la faute sans doute à une publication chez un autre éditeur, en marge des autres romans de King, du moins, pendant plusieurs années), et donc moins lu, mais pas moins réussi. Majeur, encore une fois ! Note : 19/20.

08

Marche Ou Crève (1979) : Publié chez nous dans les années 90, ce roman est sorti en 1979 sous le nom de Richard Bachman, comme Rage. Probablement mon roman préféré de King (oui, oui, devant Ca, Shining et Salem !), ce roman très très sombre se passe dans une Amérique fictive et nihiliste. Tous les ans, une grande compétition de marche à pied s'organise, les concurrents, tous très jeunes (16/18 ans), sont au nombre de 100, tous doivent marcher sans cesse, jusqu'à l'épuisement. Si on ralentit, chute, s'arrete, on a un, puis deux, puis trois avertissements, et après le troisième...une balle dans la tronche. Il ne doit en rester qu'un à la fin... Ray Garraty, N°47, évolue sur la route, entouré d'autres concurrents, avec qui il se lie plus ou moins. Un roman terrifiant, et prenant. Un roman culte, dont l'adaptation cinéma (par Frank Darabont) a depuis longtemps été annoncée, mais rien ne se profile, et ça m'étonnerait qu'elle se fasse un jour, hélas... Un grand roman de King. Note : 20/20.

09

Charlie (1980) : Adapté au cinéma (avec Drew Barrymore, en 1984 je crois ; un ratage), ce roman est très réussi, et met en scène Charlie, une petite fille d'environ 6/7 ans, capable d'allumer des incendies par la pensée. Elle a hérité d'un don de pyrokinésie suite à une expérience faite en cobayes par ses parents, quand ils étaient à l'université. Le don de la petite entraine une traque des services secrets sur sa personne et celle de son père (sa mère, elle, est morte)... Le roman prend le point de vue de la petite fille, qui ne comprend pas pourquoi on lui en veut et ne parvient pas vraiment à controler son don, qu'elle n'a jamais demandé. Un roman touchant, comprenant quelques excellents passages. Sans etre le sommet de King, Charlie (Firestarter en VO) est vraiment un bon cru, à conseiller aux fans. Note : 15/20.

10

Cujo (1981) : Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai jamais porté ce roman dans mon coeur (je ne le déteste pas non plus ; en revanche, son adaptation cinéma, de Lewis Teague, si : elle est à chier !). L'histoire est simple : un brave chien imposant (un saint-bernard), chien de ferme non loin de Castle Rock (Maine), est mordu, en un été caniculaire, par une chauve-souris enragée. Il contracte la rage, va dès lors semer la panique. Une femme et son jeune enfant, notamment, se retrouvent piégés dans leur voiture, en plein cagnard, entourés par le chien qui les menace... Un postulat de base simpliste (un chien enragé, OK, rien de bien original) ne peut pas donner un grand roman. Attention, ce n'est pas mauvais, hein, c'est bien écrit, et très sombre (le final...), mais Cujo n'est pas un grand cru, selon moi. King reconnait ne pas se souvenir de l'avoir écrit : il était, à l'époque, alcoolique, et a de gros trous noirs sur cette période d'écriture ! Pour la note, j'essaie de ne pas etre trop méchant, je la trouve plus gentille que mon avis personnel. Note : 13/20.

11

Chantier (1981) : Troisième roman publié sous le pseudonyme de Richard Bachman (et publié chez nous bien après sa publication originale U.S.), Chantier est un drame psychologique terrible sur un homme dans la quarantaine, cadre dans une petite laverie située dans une petite ville non connue, et pétant progressivement les plombs. L'action se passe en 1973/74. Sa maison et son lieu de travail doivent etre rasés pour céder la place à un chantier d'extension d'autoroute ; il est exproprié, et doit donc trouver (avec une aide gouvernementale) une nouvelle maison et un nouveau local pour la blanchisserie. Mais il ne veut pas partir, et, passablement schizo, va entamer une lente et violente résistance, seul, refusant l'inéluctable. Le combat d'un homme meurtri contre la société. Un grand roman, très sombre (le plus sombre de ceux écrits sous le nom de Bachman, avec Marche Ou Crève), puissant, qui laisse un gout de cendres. Je l'adore. Note : 20/20.

12

Anatomie De L'Horreur (1981) : Paru en 1994 chez nous, en deux tomes (en grand format : illustration ci-dessus, et en poche), ce livre date de 1981. Ce n'est ni un roman, ni un recueil de nouvelles, mais un essai. Ce qui en fait un OVNI dans l'oeuvre kingienne. Un de mes livres préférés de lui, c'est un essai qui traite de l'horreur et du fantastique sous toutes ses formes : TV, livres (un long chapitre décortique 10 nouveaux classiques de l'horreur écrits entre 1950 et 1980, aucun n'est de King évidemment), cinéma, radio, folklore, plus des souvenirs personnels de King. King, notamment, y explique par le menu son inspiration pour Le Fléau. A noter que le titre original d'Anatomie De L'Horreur est Stephen King's Danse Macabre. Quand King a republié Le Fléau en 1990 en version intégrale, il expliquait, dans la préface, que la genèse du roman était narrée dans le dernier chapitre de Danse Macabre. Les lecteurs français, à l'époque, ont du se demander de quoi King voulait parler, car jusque là, Danse Macabre était (et est toujours) un recueil de nouvelles (Night Shift en VO, 1978) ! En 1994, ils comprirent, du moins, ceux qui ignoraient encore l'existence de cet essai sorti très tardivement chez nous (en raison notamment de plusieurs références peu connues du lectorat français). Un grand livre pour les fans. Note : 20/20.

13

Running Man (1982) : Quatrième livre publié sous le pseudo de Bachman, il a été adapté au cinéma par Paul Michael Glaser (alias Starsky dans la fameuse série TV !) en 1987, et a été traduit en France à la meme époque. Oubliez le film avec Schwarzenegger, il est aussi éloigné du roman que faire se peut. Le roman se passe dans le futur (2025), les USA sont divisées entre les très riches et les très pauvres. Le Libertel (une TV moderne) diffuse en permanence des jeux ultraviolents, pour distraire les masses. Ben Richards, un pauvre comme les autres (mais plus intelligent que la moyenne), a besoin d'argent pour soigner son bébé, malade, et mieux vivre. Il décide de participer à un des Jeux, sans savoir s'il va revenir vivant. Il est sélectionné pour La Grande Traque (titre original : celui du roman), où le candidat, laché dans la nature, doit éviter des tueurs lancés à ses trousses. Le public est lui aussi contre lui, bien heureux de pouvoir dénoncer contre quelque argent... Un roman terrifiant sur un futur qui sera peut-etre, un jour, une réalité (j'espère que non). Rempli de suspense, c'est encore une fois un roman très sombre (Bachman oblige). Sans doute le roman que j'ai le plus lu de King, il faut dire que ses 250 pages se lisent comme un recommandé ! J'adore. Sans doute un 'petit' King dans un sens, mais il me procurera toujours énormément de plaisir de lecteur, la note s'en ressent donc.  Note : 18/20.

14

La Tour Sombre 1 : Le Pistolero (1982) : Premier tome d'une saga que King n'achèvera qu'en 2005 (en se demandant toujours, entre temps, s'il l'achèvera un jour !). C'est le moins réussi de cette saga de fantasy qu'est La Tour Sombre (existant aussi en BD depuis quelques années), et c'est plus un recueil de nouvelles qu'un roman. 5 longues nouvelles publiées autrefois dans des revues aux USA, 5 nouvelles se suivant ; 250 pages qui se lisent très facilement (c'est, avec le tome 2, le plus facile à lire de la série). Sans etre un grand cru, Le Pistolero est un bon petit King, un livre assez à part, à réserver aux fans, et pas pour découvrir l'univers de l'auteur, car ça ne transparait pas ici. A noter, un des personnages, l'Homme en Noir, est-il le meme que dans Le Fléau ? Sans doute, ou alors une autre version du meme personnage. L'histoire est simple, sinon : un pistolero du nom de Roland (son nom ne sera connu que dans le tome 2) traque, dans un paysage désertique, l'Homme en Noir, pour on ne sait quelle raison, et il est aussi en quete de la Tour Sombre, située on ne sait où, si elle existe... La porte d'entrée pour la fameuse saga de fantasy de La Tour Sombre. Très différent des autres. Pas mal, sans etre quintessentiel. Note : 14/20.

15

Creepshow (1982) : Pendant longtemps difficile à trouver, cet album de BD a été réédité en 2011. Illustré par Bernie Wrightson, il offre 5 histoires écrites pour l'occasion, adaptées par la suite au cinéma par George A. Romero (film du meme nom), à moins que le film ne soit venu avant, je ne sais plus. Creepshow est un des objets les plus cultes de l'oeuvre de King, un régal hilarant et gore avec notamment La Mort Solitaire de Jordy Verrill (personnage joué par King lui-meme dans le film), sur un homme se transformant progressivement en monstre végétal alien... Tout simplement génial, une BD courte, mais essentielle !

16

Différentes Saisons (1982) : Maintes fois réédité en grand format sous divers titres (en fonction des adaptations cinéma des différentes histoires du recueil, car ç'en est un), Différentes Saisons montre un King différent : quatre longues histoires (des novellas, comme King les appelle) sans élément horrifique ou fantastique. Rita Hayworth Et La Rédeption De Shawshank sera adapté par Frank Darabont (sous le titre Les Evadés, une splendeur) ; Un Elève Doué (cette histoire met mal à l'aise et est en meme temps remarquable) par Bryan Singer sous le meme titre ; Le Corps par Rob Reiner (Stand By Me, un chef d'oeuvre) ; seul La Méthode Respiratoire (la moins réussie et la plus courte des histoires) n'a pas été adapté. Au final, un recueil majeur, sublime. Meme si la dernière histoire est un peu décevante, je donne la note maximale, car elle (la dernière histoire) ne suffit pas à faire baisser le niveau du livre. Note : 20/20.

17

Christine (1983) : Adapté au cinéma par John Carpenter l'année meme de la sortie du livre ! Le film est fantastique, le roman est très très bien, mais n'étant pas fan de voitures, je ne suis pas fanatique du roman. L'histoire est connue, une voiture hantée sème la panique et possède littéralement son acheteur, un jeune lycéen boutonneux, Arnie, qui change dès lors du tout au tout. Son ami, Dennis, va tout faire pour empecher Christine (petit nom de la voiture, une Plymouth Fury rouge et blanche de 1958) de détruire Arnie. Très bon roman (King a toujours dit l'adorer), pas son meilleur, mais vraiment pas mal. Mais dire que je l'adore serait faux. Je ne le déteste pas, ceci dit. Note : 15/20.

18

L'Année Du Loup-Garou (1983) : Réédité l'an dernier, ce livre offre une longue nouvelle en 12 chapitres (un par mois), illustrée par Bernie Wrightson, sur les méfaits d'un loup-garou dans la petite ville de Tarker's Mill, dans le Maine. La nouvelle sera adaptée au cinéma en 1986 (Peur Bleue ; Silver Bullet en VO), et la meme année, un livre sera publié sous ce nom, avec la nouvelle de base (sans les illustrations) et le scénario détaillé du film (avec photos du film). Il sera pendant longtemps plus facile à trouver que le livre illustré initial, désormais recommercialisé avec les illustrations. Une excellente nouvelle, King regrette de nombreuses incohérences (il a utilisé le principe de la pleine lune, moment de sortie des loups-garous, en la faisant coincider avec des dates spéciales telles la Saint-Valentin, le 4 Juillet, Halloween, la Saint-Sylvestre, alors que dans un calendrier, la pleine lune ne tombera jamais, en une année, pile poil en ces soirs spéciaux à chaque fois), mais c'est bien foutu. Note : 16/20.

19

Simetierre (1983) : Le roman le plus sombre de King. Une histoire glauque, terrifiante, sur le deuil, la mort, la vie après la mort. Un jeune médecin s'installe avec sa femme et ses deux jeunes enfants (et leur chat) à Ludlow, Maine, non loin d'un cimetière pour animaux (avec sa pancarte infantile disant 'simetierre') et d'un ancien cimetière sacré de la tribu des Indiens Micmacs. Son voisin Judd lui raconte l'histoire de ce cimetière un soir qu'il emmene Louis enterrer leur chat, écrasé par un des nombreux camions passant sur la route en face de leurs maisons. Ils enterrent le chat dans le cimetière indien ; quelques jours plus tard, le chat revient, vivant, un peu changé, mais vivant. Un sinistre jour, le fils de Louis, Gage, 4 ans, meurt écrasé sous un camion... Simetierre (adapté au cinéma par Mary Lambert, scénario de King, une excellente adaptation dans laquelle King joue le role du pretre) est un roman fort, puissant, glacial et marquant, on en sort changé, traumatisé. Sensationnel. Note : 20/20.

20

La Peau Sur Les Os (1984) : Cinquième roman sous le nom de Bachman. C'est à ce moment-là qu'aux USA, un jeune libraire se rend compte que le style du livre (une histoire de malédiction gitane qui fait progressivement maigrir un jeune homme jusque là assez obèse) est très proche de celui de Stephen King (qui s'autocite dans le roman, le personnage principal trouvant que son aventure ressemble à du Stephen King !), et prendra sur lui d'enqueter. Bachman et King ont le meme agent littéraire, découvrira-t-il. Il sera contacté par King lui-meme, qui lui avouera le pot aux roses : oui, il est Richard Bachman. Avec son accord, la supercherie sera révélée en 1985, King n'en éprouvera aucune rancune, aucune amertume, aucune colère contre celui ayant tout découvert (et n'ayant rien gagné, pas d'argent, il n'a pas fait ça pour ça). Ce roman, sinon, est pas mal du tout, mais pas du niveau des quatre précédents opus signés Bachman. Une adaptation ciné sera faite, je ne l'ai pas vue, et elle semble assez moyenne. Note : 14/20.

21

Les Yeux Du Dragon (1984) : Ecrit pour sa fille Naomi, ce roman est à part. C'est un livre pour enfants et ados, un conte se passant à Delain, un royaume fictif imprégné de magie. Le roi est assassiné, empoisonné au cours d'un banquet. C'est Flagg, le mage noir (le meme personnage que Randall Flagg du Fléau, ou l'Homme en Noir du premier tome de la saga de fantasy La Tour Sombre ? Une autre variante, en tout cas) qui est derrière tout ça, afin d'installer au trone Dennis, un des fils du roi, un jeune homme impressionnable et faible, et de faire emprisonner l'autre fils, Peter, qui était le prétendant. Peter, en prison, fomente son évasion... Illustré (dans une version du livre parue notamment chez Pocket Junior), ce roman est passionnant, et permet à King de s'offrir un peu d'air, un changement bien venu, surtout après quelques romans assez sombres (difficile de se dire qu'il a écrit ce livre peu après Simetierre !). Un roman peu connu, très peu connu meme, mais magnifique.

22

Le Talisman Des Territoires 1 : Le Talisman (1984) : Ecrit en collaboration avec Peter Straub (Ghost Story, que King cite dans Anatomie De L'Horreur comme étant le roman d'épouvante le plus réussi depuis les années 50, et il date de 1979), ce roman-fleuve (1000 pages) sera publié sous deux titres : Le Talisman Des Territoires, puis Le Talisman. En 2001, le duo en fera une suite, et il parait qu'un tome 3 serait en cours de préparation. Une histoire de fantasy remarquable, bien qu'un peu longue, sur Jack Sawyer, un adolescent découvrant le moyen de passer de notre monde à un autre, les Territoires, une sorte de monde miroir (chaque personne y a son double). Jack entend bien récupérer, dans les Territoires, un talisman permettant de sauver la Reine des Territoires d'un mal inconnu ; et, aussi et surtout, de sauver sa propre mère, malade, quasiment mourante. Mais quelqu'un va lui mettre des batons dans les roues... Comme je l'ai dit, c'est assez longuet par moments. Mais ce livre écrit à quatre mains (difficile de dire qui a écrit quoi, les deux auteurs ont un style assez proche) est quand meme très bien foutu ! Je préfère sa suite, ceci dit, mais j'y reviendrai plus bas. Note : 15/20.

23

Brume (1985) : Un recueil de nouvelles qui, en poche, chez nous, sera divisé en deux tomes baptisés Paranoia et La Faucheuse. L'histoire-titre (Brume) est très longue, quasiment un roman (avec chapitres), et sera, on le sait, adapté au cinéma par Darabont il y à quelques années. C'est la meilleure du lot, mais franchement, quasiment tout est génial ici (Le Radeau, Le Singe, En Ce Lieu Des Tigres, La Ballade De La Balle Elastique...). Un des meilleurs recueils de nouvelles de King, qui se permet pour la première fois, ici, des explications, en fin de volume, sur la genèse de telle ou telle histoire. Notamment une histoire assez ancienne, Le Gout De Vivre, que King ne parviendra pas, pendant longtemps, à vendre en raison de son sujet : l'autocannibalisme (déjà, dans Anatomie De L'Horreur, il en parle). Skeleton Crew (titre original du recueil, allusion aux Contes De La Crypte) est un sommet de plus pour King.

24

Ca (1986) : Le sommet de King ? Probable. Paru en deux tomes dès sa sortie en grand format, Ca (adapté en TVfilm par Tommy Lee Wallace en 1990, j'adore ce TVfilm) fait partie de ces oeuvres qui marquent à vie le lecteur. Une fois le livre fini, on n'a pas envie de quitter les personnages, attachants au possible, et que l'on découvre ici enfants et adultes (l'action se passe à Derry, ville fictive du Maine, en 1957/58 et en 1985). Une bande d'enfants se promettent tous, après avoir réussi à chasser une créature immonde et sans nom (qu'ils appellent "Ca") de revenir à Derry si jamais, un jour, Ca se réveillait et recommençait à tuer des enfants (en se faisant passer pour un clown afin de les attirer). Ca se réveille tous les 27 ans, faisant de Derry un lieu d'enfer à chaque cycle... King a réussi ici à faire d'une simple ville un lieu maléfique malgré elle. La ville fait peur, à cause de tout ce qui s'y passe tous les 27 ans (tous les 30 ans dans le TVfilm). Personnages cultes, scènes cultes, sens du suspense, ce roman-fleuve est inoubliable, et ma note me semble définitivement trop méchante pour le coup. Note : 20/20.

25

La Tour Sombre 2 : Les Trois Cartes (1987) : Tome 2 de la saga de La Tour Sombre, ce roman est nettement plus épais que le premier (qui ne faisait que 250 pages), mais, de toutes façon, le tome 1 est le plus court, et de loin. Ici, Roland le Pistolero (qui fait la connaissance de ses futurs compagnons de route, comme Eddie) se réveille sur une plage, et, au fil de sa marche le long de ce long rivage, découvre plusieurs portes (il y en aura trois), menant chacune dans une autre dimension (la notre). Il va devoir, selon le tirage de cartes de tarot effectué par l'Homme en Noir autrefois (voir le précédent tome), récupérer divers compagnons de route qui vont l'aider dans sa quete... Très facile à lire (chapitres courts, style fluide), Les Trois Cartes est une très bonne suite au Pistolero, et le premier vrai roman de la série, vu que Le Pistolero était surtout un recueil de nouvelles reliées entre elles. Pas le sommet de King, c'est clair, ni le sommet de la saga (qui n'est pas ce que je préfère de King, autant le dire), mais quand meme très bien. Note : 16/20.

26

Misery (1987) : Adapté au cinéma par Rob Reiner (excellent film avec Kathy Bates et James Caan), Misery est un des plus fameux romans de King. Il n'a jamais été un de mes préférés, mais cette histoire d'auteur à succès victime d'accident de voiture et hébergé par une infirmière cinglée, solitaire et absolument fan de ses livres (qui mettent en scène une jeune femme du nom de Misery) est efficace. Quand l'infirmière, Annie Wilkes, découvre que Paul Sheldon, l'auteur, a fait, dans son dernier roman venant de paraitre, tuer Misery, elle entre dans une rage folle et séquestre le pauvre homme, déjà bien handicapé par son accident lui ayant niqué les jambes, et le force à écrire une suite, ressuscitant Misery rien que pour elle... Le cauchemar de tout écrivain : un fan trop fan et trop intransigeant ? Très bon roman, je préfère de loin le film, ceci dit. Note : 15/20.

27

Les Tommyknockers (1987) : Je vais etre clair : je trouve ce roman raté. Oui, je sais, ce roman (adapté en TVfilm) a été un gros succès, il fait partie des King les plus connus et réputés, mais sincèrement, je trouve que ces Tommyknockers se trainent en longueur. On a de bons moments, mais dans l'ensemble, c'est assez faiblard, le final est abracadabrantesque, certains personnages ne me plaisent pas (d'autres sont sous-exploités)... On notera une allusion assez réussie et cocasse à Ca : à un moment donné, un ou deux personnages se rendent (je ne sais plus pourquoi) à Derry (ville de l'action de Ca) et aperçoivent un clown bizarre en train de les regarder... De l'humour (comme toujours avec King), de bonnes idées, mais dans l'ensemble... Et puis, je me suis toujours demandé pourquoi ce roman était, autrefois, aux éditions J'Ai Lu, vendu en trois tomes de moins de 400 pages chacun, alors que tout aurait trèsbien pu tenir sur deux tomes. Histoire de se faire un peu de pognon ? C'est sans doute bete, mais ça n'a pas amélioré mon ressenti sur ce livre que, vraiment, je n'aime pas. Note : 05/20.

28

La Part Des Ténèbres (1989) : J'ai mis du temps à aimer ce roman, mais au final, je dois dire que c'est très réussi. Oui, un peu étrange quand meme, cette histoire de pseudonyme d'écrivain qui prend vie et tente de tuer l'écrivain l'ayant utilisé, mais c'est pas mal. King s'est évidemment inspiré de son pseudonyme Richard Bachman (il "lui" dédie le livre), grace auquel il a pu publier des romans plus sombres et décalés sans problème. Là, le personnage principal, Thad Beaumont, auteur à succès, utilise le pseudo George Stark pour écrire des thrillers violents, mais décide, un jour, de "tuer" Stark, ayant marre de tout ça. Mais Stark prend vie, littéralement, et va pourrir la vie de Beaumont... Dans l'ensemble, donc, un très bon thriller fantastique, au final remarquable. Le film de Romero est pas mal, ce n'est pas extraordinaire, mais il y à eu pire. Note : 16/20.

29

Minuit 2 (1990) : Etrange que ce livre et le suivant (sortis en meme temps) soient catalogués 'roman' sur la couverture de l'édition grand format, car il s'agit de deux recueils de nouvelles ! En fait, ce livre et le suivant forment un seul et meme livre du nom, aux USA, de Four Past Midnight, et on en a fait deux tomes en France, rapport à l'épaisseur du livre. Ce tome 1 est constitué de deux nouvelles, toutes deux adaptées (une en TVfilm - la première - et l'autre au cinéma), la première est sous-titrée "Minuit 1" et l'autre, "Minuit 2". Deux longues nouvelles (parmi les plus longues faites par King, ce sont quasiment des romans) intitulées Les Langoliers et Vue Imprenable Sur Jardin Secret. La première parle de créatures étranges, qui dévorent le temps, l'action se passe essentiellement dans un aéroport déserté ; l'autre met en scène un écrivain qui reçoit la visite d'un homme l'accusant de l'avoir plagié...mais l'écrivain sait qu'il ne l'a pas plagié, et il ignore absolument qui est cet inconnu. Dans l'ensemble, c'est pas mal du tout. Note : 15/20.

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Minuit 4 (1990) : Suite et fin de Minuit 2 : ici, on a encore une fois deux longues (presque des romans) nouvelles sous-titrées "Minuit 3" et "Minuit 4", la première s'appelle Le Policier Des Bibliothèques et parle d'un flic étrange et flippant chargé de controler si on a bien rendu ses livres à la bibliothèque ; et la seconde, Le Molosse Surgi Du Soleil, d'un chien féroce et fantastique sortant de l'objectif d'un appareil photo étrange. Hélas, si les deux histoires de Minuit 2 étaient bonnes, celles de Minuit 4 (aucune n'a été adaptée, ici, contrairement à l'autre tome) ne valent pas grand chose. Au final, ce doublé de recueils de nouvelles, en réalité un seul recueil scindé en deux volumes, est bien inégal. Note : 08/20.

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La Tour Sombre 3 : Terres Perdues (1991) : Troisième tome de La Tour Sombre, et il faudra attendre 7 ans pour que les fans puissent ensuite lire le tome 4. Constitué de chapitres assez longs, mettant en scène à nouveau Jake (un adolescent découvert brièvement dans le tome 1, totalement absent du 2) en plus de Roland, Eddie et Susannah, Terres Perdues est un bon opus, mais ça fait tellement longtemps que je ne l'ai pas lu que je ne m'en souviens qu'à moitié. Faudrait que je le relise (et autant le dire tout de suite, je n'ai pas encore lu les tomes 5 à 8 de la saga, mais je compte le faire) ! La note est donc selon mes souvenirs du livre. Note : 15/20.

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Bazaar (1991) : Adapté au cinéma par Fraser C. Heston (fiston de Charles), ce roman se passant, comme d'autres anciens romans (Dead Zone, Cujo), à Castle Rock, est un des plus connus de King dans les années 90 (une décennie assez moyenne le concernant, enfin je trouve, mais ayant mieux fini qu'elle n'a démarré). Est-ce un bon cru ? Sincèrement, cette histoire de diable qui s'installe à Castle Rock et ouvre une boutique où l'on trouve de tout (tout dépend du "prix" que l'on veut donner) est au départ assez amusante, mais au final plutot moyenne. Le diable, sous le nom de Leland Gaunt, va mettre la ville a feu et à sang, chaque habitant va se retourner contre l'autre... Un jeu de massacre qui ne m'a que très moyennement convaincu. Note : 11/20.

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Jessie (1992) : Jessie et son mari Gerald prennent l'habitude de passer quelques jours dans leur petit chalet situé sur les bords d'un lac tranquille, dansun coin paumé du Maine, isolé de tout. Gerald attache Jessie aux montants du lit avec des menottes, pour leur petit jeu sexuel habituel (auquel Jessie n'a plus trop envie de jouer). De colère contre son mari, voulant qu'il la détache, Jessie, attachée au lit, lui colle un coup de pied en plein ventre. Gerald en fait une attaque, et s'écroule raide mort au sol. La voilà seule, nue, attachée au lit, dans un coin reculé, et le pire, en plus de la douleur aux bras, de la soif, de la faim, de la fatigue, c'est ce chien errant qui rode dans le coin, et ces visions et voix dans la tete, qui ne cessent de la perturber... Un huis-clos haletant, terrifiant meme, qui résonne assez étrangement avec le roman suivant dans l'oeuvre de King (des allusions). Un très bon cru, que j'aime beaucoup, et qui aborde en filigrane un sujet assez tabou et délicat (pas les jeux sexuels déviants, mais l'inceste). Note : 16/20.

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Dolores Claiborne (1992) : Roman écrit sous la forme d'une longue confession à la première personne, sans chapitres ni coupures. Ca se lit très facilement (le roman n'est pas un pavé). L'action se passe sur une petite ile fictive du Maine, Little Tall, dans les années 60/70/80/90 (un passage est en lien avec un autre de Jessie, le roman précédent, qui n'a sinon aucun rapport, c'est juste une allusion). Dolores Claiborne n'a pas eu une vie facile : mari alcoolo et violent, qui la bat...elle travaille comme femme de ménage chez une riche dame un peu cintrée qui, quand elle mourra brutalement, va la mettre dans une drole de situation : elle qui, déjà, fut accusée d'avoir autrefois tué son mari est accusée de l'avoir tuée, elle. Mais si elle dit qu'elle a bien, autrefois, tué son mari le jour de l'éclipse, elle dément avoir tué sa patronne. Un excellent roman adapté au cinéma (un grand film aussi). Je l'adore. Note : 18/20.

35

Reves Et Cauchemars (1993) : Recueil de nouvelles que j'avais, autrefois, en poche (en deux tomes) puis que j'ai preté à quelqu'un ne me les ayant jamais rendus ; la mort dans l'ame, je l'ai racheté, ce livre, et en grand format, donc, au final, je ne regrette pas trop d'avoir 'paumé' indirectement mes deux tomes en poche ! Un très bon recueil, presque aussi bon que Brume, c'est dire donc si le niveau est important. Certaines des nouvelles ici sont purement géniales (Pompes De Basket, La Saison Des Pluies, La Maison De Maple Street, Dédicaces, Le Rapace Nocturne qui a été adapté au cinéma, un film foiré), une ou deux sont assez moyennes, mais au final, nettement plus de réussites que de ratages. Excellent livre ! Note : 17/20.

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Insomnie (1994) : Un des rares King (avec les deux derniers, mais pour ceux-là, c'est rapport à leur sortie récente) que je n'ai lus qu'une seule fois. Insomnie ne m'a pas trop plu, cette histoire assez tarabiscotée que je ne saurai d'ailleurs résumer et se passant à Derry est probablement le King le moins réussi des années 90, pour les romans. C'est assez long, longuet, je ne me souviens franchement pas de grand-chose, ce qui signifie qu'il me faudrait sans doute le relire, histoire de...oui, mais voilà, j'ai vraiment pas envie de le relire, tellement il ne m'a pas fait grande impression. Sans doute que je me trompe à son sujet, mais pour moi, c'est pas un bon cru ! Note : 06/20.

37

Rose Madder (1995) : Voilà un King que j'ai mis du temps à aimer, j'ai d'abord trouvé ennuyante cette histoire de femme poursuivie par son mari violent (et psychotique ; et flic, aussi), et découvrant malgré elle un monde parallèle assez fantastique, irréel. Avec le temps, je dois dire que ce plaidoyer en faveur des femmes battues (car c'est en partie cela) est un très bon cru, sans doute pas le meilleur roman de King (clairement pas, meme), ni son meilleur des années 90 (pour moi, c'est La Ligne VerteDolores Claiborne, Sac D'Os, ou Jessie), mais un honnete cru de King, il faut s'accrocher parfois, mais c'est vraiment bien foutu. Note : 15/20.

38

La Ligne Verte (1996) : A la base, ce roman (adapté à la perfection par Frank Darabont) est paru en épisodes, King voulait faire un peu comme ces auteurs du XIXème siecle (Dickens, notamment) qui publiaient leurs romans en épisodes. 6 épisodes en tout, y compris en France (c'était l'éditeur Librio, qui publiait des livres fins à 10 francs pièce, qui a publié ces 6 épisodes, et les a réunis en un coffret, avant que le roman ne soit commercialisé en un seul tome par la suite). Un des romans de King qu'il est désormais inutile de présenter, et c'est en grande partie le film qui en est la raison ; un remarquable roman se passant dans les années 30, dans le quartier des condamnés à mort d'un pénitencier de Louisiane. Personnages remarquables, qu'on aime (John Caffey, Mister Jingles la souris, Paul Edgecombe) ou aime détester (Percy Wetmore), et un plaidoyer contre la peine de mort, aussi. Un des meilleurs romans de King. Note : 19/20.

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Désolation (1996) : Roman étrange se passant en plein désert, dans une ville paumée et désertée du nom du roman (un nom bien en adéquation avec la ville), dans laquelle un flic bizarre, comme rongé par un mal étrange, sème la panique. Ce roman sera adapté en TVfilm en plusieurs parties (pas mal, sans plus), et sera accompagné, au moment de sa sortie, d'un autre roman (ci-dessous) avec les memes personnages, mais dans un autre décor, et avec un scénario différent, mais pas si différent que ca. Ca fait longtemps que je n'ai pas lu ce roman, je n'en garde pas un souvenir impérissable, meme si j'ai adoré les personnages du flic et de Johnny Marinville. Note : 13/20.

40

Les Régulateurs (1997) : Richard Bachman, le retour. Soit-disant "mort" (étant donné qu'il n'a jamais existé...), Bachman revit grace à ce livre que, selon l'histoire, sa veuve Claudia aurait découvert dans un carton, et publié. Memes personnages que dans Désolation, pas vraiment dans les memes roles, et une histoire assez étrange (il m'est quasiment impossible de la résumer, c'est vraiment space) qui tourne autour d'un vieux western violent de série B du nom du livre. Les deux romans se complètent, celui signé du nom de King est de loin le meilleur. Ces Régulateurs est le seul roman signé Bachman qui ne m'a pas plus du tout. Note : 04/20.

41

La Tour Sombre 4 : Magie Et Cristal (1997) : Encore un tome de la saga La Tour Sombre. C'est le quatrième tome, et il se situe en majeure partie dans le passé de Roland le Pistolero, sa vie de jeune adulte (histoire d'amour impossible à la clé). On peut dire que ce roman est un peu trop long, bavard, paresseux, on s'emmerde un peu parfois, mais je l'ai quand meme trouvé meilleur, dans mes souvenirs, que Terres Perdues, le tome 3. Pas trop mal dans l'ensemble, quoi. Note : 15/20.

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Sac D'Os (1998) : A partir de ce roman, je les possède tous en grand format (ce qui fait une chouette collection de beaux livres). Ce roman marque une sorte de renaissance pour King après quelques romans parfois assez moyens. Sac D'Os, "histoire d'amour hantée" selon les termes de l'auteur, est ce qui se rapproche le plus d'un roman traditionnel. C'est un roman fantastique, une histoire de fantomes et de malédiction, mais c'est surtout l'histoire d'un homme, écrivain à succès, qui se refait une nouvelle vie suite au décès accidentel de sa femme, décès qu'il a énormément de mal à vivre (il ne parvient plus à écrire). Il part se ressourcer dans leur chalet situé dans le TR-90 (un coin reculé du Maine, boisé, sauvage, qu'il connait bien), et va se rendre compte que "Sara Laughs", son chalet, est hanté, par l'esprit de sa femme, et par d'autres esprits, plus anciens. Il va aussi rencontrer une jeune femme en pleine détresse sentimentale, en proie à de gros soucis personnels, et va tout faire pour l'aider. Un grand King, un très grand King, meme. Un chef d'oeuvre. Note : 20/20.

44

La Tempete Du Siecle (1999) : Livre un peu à part : ce n'est pas un roman, ni un recueil de nouvelles (ni un essai !), mais un scénario, une histoire directement écrite pour la TV (TVfilm assez long, en plusieurs parties, diffusé aux USA au moment de la parution du livre, et réalisé par Craig R. Baxley ; un TVfilm très très bon, bien que long). Le livre consiste en ce scénario (avec détails techniques type 'extérieur jour, il pleut', etc et dialogues type théâtre), tout bêtement. L'histoire (un homme étrange débarque à Little Tall Island, l'île de Dolores Claiborne, alors qu'une tempête monstrueuse s'annonce, et cet homme, emprisonné dans un réduit par le shériff local car il a commis un crime, est apparemment tout sauf humain) est excellente, mais c'est parfois chiant à lire, à cause du procédé 'script de film'. Mieux vaut voir le TVfilm ! Note : 14/20.

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Coeurs Perdus En Atlantide (1999) : Considéré soit comme un roman, soit comme un recueil de nouvelles, ce livre est, de toutes façons, remarquable. Perso, j'y vois plus un roman qu'un recueil (meme si, c'est vrai, il y à un monde entre les différentes parties), ou alors un recueil romancé, un peu comme le premier tome de la saga de La Tour Sombre (ou les Elric de Michael Moorcock), car certains personnages reviennent d'histoire en histoire. Un livre sublime, qui se passe entre les années 60 et 90, et dont la première et la dernière histoire ont été adaptées dans le film basé sur le livre (un film moyen avec Anthony Hopkins). L'histoire ? Notamment l'amitié entre un jeune garçon et un vieil homme solitaire et érudit, qui se cache d'on ne sait quoi, et la vie dans un campus américain pendant la guerre du Vietnam, entre parties de chasse-coeur (un jeu de cartes) et contestations estudiantines... Si on excepte un détail dans la première histoire, aucun élément fantastique ou horrifique ici. Mais un vrai beau roman à l'ancienne (ou recueil de nouvelles, je sais), à lire absolument. Chef d'oeuvre total. Note : 20/20.

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La Petite Fille Qui Aimait Tom Gordon (1999) : Un livre très court (300 pages en grand format, et encore, 'grand format'...le livre est plutot en 'moyen format', chez Albin Michel !) et très simple, sur un postulat de base très simple : une petite fille de neuf ans, fan de base-ball, dont les parents sont divorcés, se paume en foret. Tout con, quoi. Mais très efficace et réussi, quoi qu'on en dise, meme si ce n'est pas le sommet de King. On est à fond avec cette petite gamine du nom de Trisha, débrouillarde et rigolote, luttant quand meme pour sa survie dans les bois du Maine. Note : 16/20.

46

Ecriture (2000) : Deuxième essai publié de King, celui-ci est à la fois une petite autobiographie (la première partie, remarquable) et un petit condenséde conseils divers sur le métier d'écrivain. Très bon (King y parle aussi et surtout des erreurs à ne pas commettre, citant des extraits de romans qui ont commis cette erreur, et je ne parle pas de romans de King, mais d'autres auteurs, ça balance !), mais à réserver aux ultra fans. Note : 17/20.

47

Dreamcatcher (2001) : Un roman fantastique (son adaptation cinéma par Lawrence Kasdan est, elle, médiocre) sur un thème peu souvent utilisé par King (mais quand meme de temps en temps), et ici magnifié : les extra-terrestres. A la base, ce roman devait s'appeler Cancer (la femme de King lui demandera de changer, trouvant ce titre horrible), allusion à la possession alien dans ce roman, qui peut s'assimiler à une sorte de cancer... Une bande de copains d'enfance se retrouvent, au cours d'une partie de chasse dans le Maine, en pleine histoire d'invasion d'extraterrestres étranges, qui prennent possession, à la Alien, des humains. L'armée s'en mele, avec à sa tete un dur de dur, bien psychotique, du nom de Kurtz... Un roman long (700 pages) et tout simplement quintessentiel, qui fait revenir des bribes de Ca, par moments. Note : 20/20.

48

Le Talisman Des Territoires 2 : Territoires (2001) : Suite tardive (dans les deux sens du terme : le premier roman date de 1984, et cette suite, en plus d'avoir été écrite bien plus tard, se passe plusieurs années après les faits du tome 1) du Talisman, et que je préfère au Talisman, d'ailleurs. Une histoire de serial-killer glauquissime, qui sévit dans une petite ville américaine apparemment sans histoires. Devenu flic, Jack Sawyer, l'adolescent du précédent tome, se demande si le tueur ne proviendrait pas des Territoires... J'ai toujours trouvé que ce roman et le roman Le 5ème Règne de Maxime Chattam se ressemblaient parfois, dans leurs ambiances. Un excellent et peu connu roman signé King en collaboration avec Peter Straub (comme ce fut déjà le cas du Talisman en 1984). Note : 18/20.

49

Roadmaster (2003) : Se passant essentiellement dans le passé (les personnages principaux, flics de Pennsylvanie, racontent leur histoire à une jeune recrue, fils d'un des leurs mort récemment, une histoire très étrange au sujet d'une sorte de voiture qu'ils ont découvert en 1979 et conservé dans un de leurs hangars depuis le temps ; c'est tout sauf une voiture, meme si elle a l'apparence d'une Buick Roadmaster de 1958 ; c'est plus une sorte de passerelle entre deux mondes, le notre et un monde terrifiant et inconnu), ce roman est sans doute un King mineur, mais j'avoue énormément l'adorer. Son titre original (From A Buick 8) est une allusion à une chanson de Bob Dylan de 1965 dont le titre est quasi identique (un 6 au lieu d'un 8). Un très bon cru, bien que King a fait mieux, mais j'aime vraiment ce 'petit' roman qui fait quand meme 440 pages en grand format ! Note : 16/20.

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Tout Est Fatal (2003) : Un excellent recueil de nouvelles (deux d'entre elles, grandioses toutes deux, avaient été publiées indépendamment, une dans le recueil collectif 999 sorti en 1999 - Quand L'Autovirus Met Cap Au Nord - et l'autre en un petit livre de poche, Un Tour Sur Le Bolid'), qui n'offre pour ainsi dire que des merveilles (1408, par exemple, adapté au cinéma, un mauvais film). Un des meilleurs recueils de King, avec quelques histoires un peu à part : une sur le bandit John Dillinger assistant à la mort d'un de ses complices (histoire vraie), une se passant dans l'univers de La Tour Sombre... Tout simplement excellent, mélange réussi entre humour, suspense, tragédie et violence. Note : 18/20.

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La Tour Sombre 5 : Les Loups De La Calla (2004) : C'est le tome 5 de La Tour Sombre. Stephen King a pris comme influence principale, ici, et il ne s'en cache pas (il cite ces oeuvres cinématographiques dans sa postface, et un dialogue d'un des films en ouverture du roman) Les Sept Samouraïs de Kurosawa, son remake hollywoodien Les Sept Mercenaires de John Sturges (c'est de ce film que vient la citation, et les lieux de l'action sont les Calla Bryn Sturgis, le dernier mot se prononce comme le nom du réalisateur du film) et les films de Sergio Leone. Les Loups De La Calla, western de fantasy, donc, possède une intrigue très proche de celle du film de Kurosawa (ou de Sturges), en version fantasy : Roland et ses amis pistoleros Eddie, Susannah et Jake (et Ote !) arrivent sur les terres de la Calla, peuplée de fermiers, et sur lesquelles s'est installé, depuis quelques années, un ancien prêtre défroqué au passé trouble, Donald Callahan (le prêtre dans Salem !), et où vit aussi Andy, un robot capable de parler et de penser. Tous les 30 ans environ, des créatures humanoïdes terrifiantes, les Loups, viennent de Tonnefoudre (un endroit similaire au Mordor dans l'oeuvre de Tolkien) pour enlever les enfants ; ceux qui reviennent vivant deviennent totalement décérébrés, crânés selon l'expression utilisée dans le roman. Les fermiers savent que les Loups vont revenir, et profitent du passage des pistoleros pour leur demander de les aider à repousser l'attaque. Mission acceptée, même si ça retarde leur quête de la Tour Sombre. Un grand roman dans la saga, clairement un de mes préférés, 665 pages (en poche) de bonheur (les fans de Salem apprécieront les allusions, et la présence du Père Callahan). A lire ! Note : 18/20.

52

La Tour Sombre 6 : Le Chant De Susannah (2004) : Sixième tome de la saga de La Tour Sombre, ce roman assez court par rapport à d'autres (en poche, 520 pages ; c'est pas tellement court, OK, mais le tome suivant fait 950 pages, le tome 4 en faisait 860, le tome 5 en faisait 665 !), aussi long que le tome 3 en fait, est une réussite, même si son début est laborieux. Il est constitué de 13 parties intitulées 'couplets' (chaque partie possède des chapitres, parfois courts, très courts), allusion au titre du roman, et son action se passe essentiellement dans notre monde, entre 1977 et 1999. Tandis que Susannah, possédée par une entité maléfique femelle du nom de Mia, et enceinte d'un enfant qu'elle a eu au cours de son viol par un démon (tome 3) - mais le pèe de l'enfant, par insémination indirecte, est Roland, le Pistolero -, est dans le New York de 1999 afin d'accoucher et de se débarrasser de Mia, et que Jake et le Père Callahan sont à sa recherche, Eddie et Roland sont, eux, en 1977, à la recherche de Calvin Tower, possesseur du terrain vague new-yorkais sur lequel se trouve la Rose (si ce résumé vous semble bordélique, c'est que vous n'avez pas lu les romans, et dans ce cas, what are you waiting for ?), afin de le convaincre de leur vendre ledit terrain afin qu'ils protègent la Rose. Ils vont découvrir l'existence d'un écrivain vivant dans le Maine (où se trouve aussi Tower), un certain...Stephen King, lequel a une grande part de responsabilité dans la quête de la Tour Sombre... Le début est laborieux (dès le septième couplet, ça va mieux ; au fait, les premiers couplets sont courts, et les 5 derniers, bien plus longs), mais le roman se termine en apothéose. L'avant-dernier roman du cycle, pas le meilleur (pas le moins bon non plus), mais c'est quand même excellent ! Note : 16/20.

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La Tour Sombre 7 : La Tour Sombre (2005) : Vous ne pouvez pas vous imaginer le bonheur et l'excitation qui fut la mienne en lisant ce roman de 950 pages (en poche). C'est le septième et ultime volet de la fameuse saga entamée par un jeune King en 1970 (première histoire publiée en magazine aux USA en 1978, premier livre publié en 1982 aux USA), et qu'il aura donc achevé plus de 30 ans après (même si, en 1970, ce n'était que de premiers jets de l'histoire, il a réellement commencé ça vers 1977, en fait) : La Tour Sombre. Ce septième et ultime tome s'appelle du même nom, ce qui est logique. Je ne vais pas raconter l'histoire, juste vous dire que si vous voulez savoir quel est le monument absolu de la carrière de l'auteur, c'est cette saga (selon son propre aveu, et ce, même s'il avoue que tout n'y est pas totalement réussi). Le final de cette saga est déchirant, grandiose, et le final de ce final (le final du roman) m'a limite fait venir les larmes aux yeux. La Tour Sombre, le roman, est non seulement, selon moi, le meilleur de la saga, devant Les Loups De La Calla (le tome 5), mais aussi un des romans, un des livres, les plus grandioses de Stephen King. On a enfin, ici, le dénouement de l'histoire, la Tour fait plus que se profiler, à la fin, on y est, et même si certains trouveront à redire à ce final (King en dévoile la teneur dans une coda, et dans laquelle, juste avant d'entrer dans les détails, il met en garde les lecteurs : il est temps de faire demi-tour si vous ne voulez pas risquer d'être déçus ou d'avoir le coeur brisé par ce qu'il reste à lire ; le genre de mise en garde qui donne férocement envie de continuer à lire plutôt que de préférer s'arrêter là et de se demander, ensuite, ce qu'il y à après), ce final, justement, est d'une force et d'une logique implacables. Non, vraiment, un GRAND roman. Inutile de dire qu'il faut le lire une fois les autres tomes finis, et pas le lire comme ça, sans connaître la saga. Je me demande vraiment pourquoi je le précise, d'ailleurs, ça semble tellement évident... Note : 20/20.

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Colorado Kid (2005) : Un court (150 pages, sorti direct en poche) roman sous influence Agatha Christie/Ellery Queen. Sur une petite ile du Maine (Moose-Lookit), deux journaliste locaux dirigeant la feuille de chou du coin racontent à leur jeune stagiaire Stephanie une histoire qui les hante depuis une trentaine d'années, et qui n'a pas été résolue : un homme, retrouvé mort sur la plage, apparemment originaire du Colorado, mort vraisemblablement de s'etre étouffer en mangeant... Que faisait-il là, qui était-il vraiment ? Un roman sympa, qui n'offre pas de révélation finale (King s'amuse de ses lecteurs, les laissant dans le vague), mais est bien écrit, reposant, amusant, un pastiche ou un hommage aux romans policiers d'autrefois. Pas mal du tout ! Note : 15/20.

55

Cellulaire (2006) : Le retour de King, enfin, une sorte de retour : ses trois précédents opus étaient (Colorado Kid excepté) les tomes manquants de sa saga de fantasy, et ça faisait depuis Roadmaster qu'il n'avait pas refait de roman (ou recueil) indépendant de La Tour Sombre. C'est chose faite ici, avec ce roman sympa, mais indéniablement un cru mineur, très (trop ?) fortement influencé par les films de zombies de George A. Romero (surtout Land Of The Dead). L'histoire ? Une onde envoyée par le biais des téléphones portables rendent leurs utilisateurs zombifiés. Clay et une poignée de survivants ne possédant pas de portables (au fait, King, à l'époque, n'en possédait pas, et sans doute est-ce toujours le cas) vont essayer de survivre dans une Amérique devenue totalement folle...ou si-phonée, comme on le dit dans le roman ! Ca ne vole pas haut, mais c'est réjouissant, divertissant, que demander de plus ? Ca ne donne pas envie de conserver son portable, en plus. Note : 14/20.

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Histoire De Lisey (2006) : Il faut s'acccocher au départ, ce roman est en effet le moins facile à lire de toute la bibliographie kingienne. King y utilise plusieurs mots ou expressions plus ou moins argotiques, certaines inventées, d'autres trafiquées (la traductrice en a chié, et a du puiser dans des livres tels que les San-Antonio, pour trouver des équivalences correctes !). L'histoire ? Une sorte de Sac D'Os au féminin, teinté de Rose Madder. Lisey Landon est la femme de Scott Landon, écrivain à succès, et au passé douloureux et étrange (je ne dis rien, il faut lire le livre). Au moment où démarre le roman, Scott est mort depuis deux ans environ, Lisey a du mal à vivre sans lui. Elle est rapidement contactée par un homme voulant à tout prix récupérer des manuscrits appartenant à Scott, et va jusqu'à envoyer un sous-fifre agressif et demeuré chez elle pour faire le sale boulot. Entre ce taré et les souvenirs, profondément enfouis, du passé de Scott, plus des soucis de santé mentale chez une de ses soeurs, Amanda, Lisey ne va bientot plus savoir où donner de la tete... Un grand roman que j'ai bien mal résumé, mais en meme temps, ce livre se vit, et ne se résume pas. King a dit que c'était le roman dont il était le plus fier. Il a en effet de quoi en etre fier. Note : 20/20.

57

Blaze (2007) : Celui-là, je ne le possède pas en français, mais en anglais (jamais lu en français, pas encore du moins) ! Ecrit en 1973 en meme temps que Salem, King le proposera, en 1975, à son éditeur, en meme temps que Salem donc, et son éditeur choisira Salem. Celui-ci, une histoire sur un criminel mentalement déficient (un grand con à la Lenny dans Des Souris Et Des Hommes de Steinbeck) enlevant le bébé d'une riche famille pour obtenir une rançon, mais se prenant d'affection pour le bébé, est un très bon roman, pas très long, que King publiera finalement en 2007, sous le pseudonyme éventé depuis longtemps de Richard Bachman. Un roman qui aurait très bien pu paraitre dans les années 70 sous ce pseudo, en meme temps que Rage ou Marche Ou Crève, tant il transpire de la meme ambiance. Excellent. Note : 17/20.

58

Duma Key (2008) : Encore un chef d'oeuvre absolu pour King. Une histoire marquante sur un homme blessé par la vie (victime d'un accident violent sur un chantier où il bossait, il en ressort amputé d'un bras, des problèmes moteurs éphémères et des difficultés à marcher), qui accepte de se retirer un temps sur Duma Key, une des iles de l'archipel floridien des Keys, afin de faire le point et de se refaire une santé physique. Il va, sur place, découvrir, sur cette ile privée, deux habitants assez étranges (un ancien avocat alcoolique et une vieille dame atteinte d'Alzheimer, richissime, propriétaire de l'ile) et se découvrir une passion pour la peinture. Mais rapidement, il va etre hanté par d'étranges visions, qu'il va reproduire sur toiles, presque malgré lui... Une parabole remarquable sur les affres de la création, et aussi une réflexion sur la convalescence après un grand choc, rappelons que King, en 2000 je crois, a failli etre tué dans un accident de la route (renversé par une voiture), il mettra du temps à s'en remettre... Un chef d'oeuvre à ranger à coté de Sac D'Os ou Histoire De Lisey. Note : 20/20.

59

Juste Avant Le Crepuscule (2009) : Quelqes très bonnes histoires (Le Chat D'Enfer, assez ancienne), mais au final, ce recueil, assez court (moins de 500 pages, largement moins) est décevant. J'ai vraiment été frustré par ce livre, pas mal d'histoires sont soit moyennes, soit ne vont pas jusqu'au bout des choses. Après, c'est vrai que cette histoire d'homme témoin involontaire, dans des chiottes d'aire d'autoroute, d'une agression sur une femme, ou cette histoire tournant autour du 9/11, sont vraiment excellentes. Mais dans l'ensemble, Juste Avant Le Crépuscule (titre français qui traduit à coté de la plaque le titre original, qui est Just Past Sunset, soit "Juste APRES Le Crépuscule") est un King mineur. Son moins bon recueil de nouvelles, aussi, Minuit 4 excepté. Note : 12/20.

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Dome (2010) : Que dire ? Adapté en série TV diffusée actuellement sur M6 (excellente, mais il y à de belles grosses différences avec le roman : personnages différents ou manquants, etc), ce roman est un des plus épais de King : 1200 pages en deux tomes. Un chef d'oeuvre, malgré un manichéisme (les bons très gentils d'un coté, les méchants très méchants de l'autre) très présent, un peu comme Le Fléau. Inutile de rappeler l'histoire, tout le monde la connait, hein ? King a mis du temps entre sa première idée d'histoire (et les premiers jets d'écriture) et la publication finale, il a maintes fois interrompu l'écriture du manuscrit, passé à autre chose, revenu dessus, avant d'enfin réussir à l'écrire. Un extraordinaire roman. Pour moi, ça mérite 20, mais je retire un point à cause de la psychologie primaire des personnages. Note : 19/20.

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Nuit Noire, Etoiles Mortes (2011) : De meme que Différentes Saisons, voici un recueil de quatre longues (la plus courte fait 60 pages environ) nouvelles, toutes très sombres, parmi les histoires les plus sombres jamais écrites par King. Première histoire : 1922. Un brave fermier du Nebraska, en 1922, tue sa femme pour une sinistre histoire de propriété de terrain. Est-ce la culpabilité qui va le rendre fou, ou bien sa femme va-t-elle vraiment revenir le hanter ? Grand Chauffeur raconte l'histoire d'une écrivaine prise en stop, après une petite conférence en milieu paumé, par un routier qui va la violer et tenter de la tuer par étranglement. Elle s'en sort, et va dès lors rechercher son agresseur... Extension Claire (la plus courte) parle d'un homme, atteint d'un cancer, et jaloux de la réussite (à tous niveaux) de son ami d'enfance, qui va découvrir, grace à un étrange et inquiétant commerçant, une extension de vie. Il accepte de signer pour que sa vie se rallonge, mais en contrepartie, d'autres personnes vont payer son bonheur... Enfin, Bon Ménage parle d'une femme découvrant que son mari bien-aimé est en réalité un tueur en série, un prédateur sexuel répugnant... Quatre grandes nouvelles (ma préférée est la première) qui font de ce recueil un des meilleurs de l'auteur. Note : 19/20.

61

La Tour Sombre 8 : La Clé Des Vents (2012) : Sorti il y à peu de temps (en format poche exclusivement, rapport à son faible nombre de pages : 280), ce roman est partie intégrante du cycle de La Tour Sombre, tout en pouvant se lire séparément sans problème (mieux : sachez que si vous n'avez pas lu les romans du cycle, vous pouvez lire celui-là sans crainte de rien piger). La Clé Des Vents est en effet un tome intermédiaire (et tardif : King l'a écrit en 2011, et il avait achevé son cycle en 2005 !), que King a situé entre les faits du tome 4 (Magie Et Cristal) et du tome 5 (Les Loups De La Calla), une sorte de tome 4,5, en gros. Et l'action se situe effectivement directement après la fin du tome 4. Mais tout comme le tome 4, l'essentiel se passe dans le passé, en un gros flash-back raconté par Roland le Pistolero. Ici, il raconte à ses compagnons de route Eddie, Susannah et Jake (et Ote, la petite créature à poils qui les accompagne), au cours d'une nuit de tempête, une histoire lui étant arrivée quand il avait une quinzaine d'années : la traque d'un garou (un homme métamorphe, se transformant en un monstre sanguinaire), histoire dans laquelle s'imbrique une autre, celle de la Clé des Vents, qu'il raconte à un jeune enfant, en parallèle. Une histoire dans une histoire dans une histoire, quoi ! Bien écrit, mais pas révolutionnaire, ce tome additionnel au cycle plaira aux fans de La Tour Sombre, mais on ne peut pas dire qu'il est essentiel. C'est quand même pas mal, et, donc, à lire ! Note : 14/20.

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22/11/63 (2013) : 900 pages parues assez tardivement chez nous (King a publié ce livre en 2011 aux USA, il est sorti deux ans plus tard en France...l'année des 50 ans de la mort de Kennedy), et utilisant une des plus fameuses dates du XXème siècle, celle de la mort de JFK, pour une histoire de faille temporelle. Un professeur d'université, Jake Epping, découvre grace à un de ses amis mourant un lieu étrange, dans la maison de celui-ci, permettant de passer dans une faille temporelle, et de se retrouver en 1958 (à un endroit précis et une date précise, toujours la meme). Son ami a depuis longtemps essayé une chose bien particulière : s'étant rendu compte que peu importe combien de temps on reste dans le passé, il ne s'écoulera pas plus de 2 minutes dans le temps présent, il a essayé de rester jusqu'en 1963 afin d'empecher l'assassinat de Kennedy par Oswald. Si Kennedy n'est pas tué, Lyndon Johnson ne le remplacera pas à la Présidence, et la guerre du Vietnam n'aura pas lieu, entre autres évenements. Jake accepte de tenter le coup pour son ami (qui ne peut plus le faire, étant moribond), en sachant qu'il devra sans aucun doute essayer plusieurs fois, passer de nombreuses années dans le passé, afin d'etre sur de réussir... Un chef d'oeuvre d'inventivité (c'est fourmillant de détails), totalement bluffant. A lire absolument ! Note : 20/20.

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Docteur Sleep (2013) : Le dernier roman en date. Comme vous le savez surement, il s'agit de la suite de Shining. De la tardive (dans les deux sens du terme : il a mis du temps à la faire, et l'action se passe facile 30 ans après Shining) suite, meme. Danny Torrance a maintenant près de 40 ans. Il est toujours possesseur du Don, et va faire tout son possible pour empecher une bande de givrés à moitié immortels (qui se déplacent en camping-cars et se sont baptisés le Noeud Vrai) se s'en prendre à une jeune fille ayant elle aussi le Don. Le Noeud Vrai s'en prennent en effet aux enfants possesseurs du Don, qu'ils tuent  afin d'absorber ce qu'ils appellent leur 'vapeur' (leur Don, quoi). Ancien alcoolique, Dan va tout faire pour sauver cette fille, du nom d'Abra... Un remarquable roman, le seul reproche est qu'il faut s'accrocher au début, pour les passages concernant le Noeud Vrai : l'explication les concernant (ce qu'ils sont) n'arrive, au compte-gouttes, que tardivement. Sinon, entre le plaisir de retrouver Danny (adulte et assez mal en point, au passif douloureux) et une histoire riche en suspense et inventivité, Docteur Sleep est un régal ! Il n'est pas nécessaire d'avoir lu Shining auparavant, mais c'est tout de meme préférable. Note : 18/20.


03 novembre 2013

"Docteur Sleep" - Stephen King

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Editeur : Albin Michel (broché grand format)

Nombre de pages : 585

Stephen King le dit dans la postface (située, comme il se doit, en final, après le roman) de ce roman, son dernier à ce jour(sorti très récemment) : ça fait quelques années que l'idée de ce roman lui trottait dans le crâne, au même titre que deux autres romans qu'il a depuis écrits et publiés (Dôme et 22/11/63, ce dernier étant sorti chez nous en mars dernier). En rajoutant le fait que pas mal de gens (fans, proches, journalistes) lui demandaient parfois s'il comptait écrire une suite à Shining, afin de raconter ce qu'est devenu le petit Danny, tout ceci a fait que King s'est finalement lancé, en 2011, dans ce roman qui, donc, est la suite de ce best-seller prodigieux de 1977, adapté au cinéma par Kubrick en 1979, et en TVfilm (une mini-série) par Mick Garris en 1997 : Shining. Personnellement, quand j'ai appris qu'il allait finalement écrire cette suite, j'étais aux anges, Shining étant un de mes grands préférés de l'auteur avec Ca, Salem et Marche Ou Crève. Cette suite, sortie récemment, donc, 585 pages chez Albin Michel, s'appelle Docteur Sleep. C'est un roman qui peut se lire sans problème si vous ne connaissez pas Shining (on a pas mal d'allusions, mais rien qui ne permet pas de suivre l'action de ce nouveau roman sans avoir lu l'autre), mais il est quand même conseillé de l'avoir lu, afin de mieux apprécier ce nouveau pavé kingien, considéré, au verso de couverture, comme son nouveau chef d'oeuvre. Une belle publicité, évidemment (vous imaginez un texte du style 'nouveau roman pour Stephen King, hélas c'est pas son meilleur' au dos d'un de ses livres ?), mais une publicité qui, franchement, est méritée, justifiée. Car, oui, Docteur Sleep, à n'en pas douter, rejoindra bientôt la clique des Ca, Simetierre, Le Fléau, Duma Key, Dreamcatcher, Sac D'Os, 22/11/63, Dôme, Histoire De Lisey et autres Dead Zone (sans oublier Shining, évidemment) : les authentiques chefs d'oeuvres de Stephen King.

L'action démarre quelques mois après la chute de l'hôtel Overlook. Un peu comme dans le dernier chapitre (l'épilogue, en fait) de Shining, qui montrait Danny et Wendy Torrance, et Dick Hallorann, en été, en train de se reposer, et d'essayer d'oublier ce qu'ils venaient de vivre, on découvre, dans le prologue de Docteur Sleep, ces trois mêmes personnages de survivants d'âge variés (Danny est enfant, Wendy, sa mère, a la trentaine, et Hallorann, le vieux cuisinier noir de l'Overlook possesseur, comme Danny, du Don, a la soixantaine), se remettant progressivement du traumatisme qu'ils ont vécu. Puis, on passe, ensuite à un Danny devenu adulte (une trentaine d'années, fin des années 90) et passablement alcoolique, comme l'était son père Jack. Dan, un jour, se réveille dans le pieu d'une jeune femme qu'il a apparemment baisé, elle est encore endormie, un sachet de poudre blanche se trouve non loin, un bébé de 18 mois aussi... Se demandant ce qu'il a foutu, Dan s'en va, non sans avoir mis la came hors de portée du gosse et pris le peu d'argent qui se trouvait à côté. Danny s'en va, en errance, d'Etat en Etat, et termine sa course dans le New Hampshire, où il se fait engager comme saisonnier dans un petit parc d'attractions local, puis comme aide-soignant dans un hospice pour mourants. Son patron d'un temps (du parc d'attractions), Casey Kingsley, ancien alcoolique, le parraine aux Alcooliques Anonymes. Dan a bien l'intention d'arrêter totalement la tise (il ne boit plus depuis son réveil glauque auprès d'une inconnue qu'il ne reverra dès lors plus).

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Parallèlement, un jeune couple, David et Lucy Stone, donnent naissance à Abra, une charmante fille, en 2001. La fille possède le Don, et va assez rapidement entrer en contact (un contact très primaire d'abord, puis, au fur et à mesure, plus construit) avec Dan, qui ne connaît absolument pas les Stone, mais connaît leur pédiatre, John Dalton, lequel est un autre membre des Alcooliques Anonymes (ou AA). Encore parallèmement, une tribu de marginaux à moitié immortels et aux noms improbables, se surnommant le Noeud Vrai, circulant en camping-cars, passe son temps à traquer les enfants possesseurs du Don, afin de les tuer et d'absorber ce qu'ils appellent leur 'vapeur' (leur pouvoir). Ces sortes de vampires modernes, dont un des leaders est une femme du nom de Rose O'Hara, ou Rose Claque (laquelle arbore toujours un chapeau haut-de-forme), va rapidement se lancer sur les traces d'une fill qui non seulement possède le Don, mais le possède avec une telle intensité qu'absorber sa 'vapeur' pourrait bien faire des membres du Noeud Vrai (qui se considèrent comme les seuls vrais Humains existant, les autres sont appelés les pecnos) des Dieux vivants... Abra, au fil des ans (le reste de l'action se passe en 2013), va entrer en contact avec Dan, contact psychique et physique, et les deux vont s'entraider pour essayer de repousser les assauts du Noeud Vrai,et, si possible, de les mettre hors d'état de nuire. Mais les démons de Danny vnt se réveiller eux aussi...

Docteur Sleep (le titre est une allusion à l'emploi de Dan Torrance dans l'hospice où il travaille : il aide les mourants à passer de l'autre côté, avec l'appui d'un chat quelque peu médium, Azraël, capable de savoir quand telle ou telle personne va y passer ; c'est inspiré d'une histoire vraie, le chat de l'hôpital qui, dans la réalité, s'appelle ou s'appelait Oscar) est une suite remarquable, tardive, de Shining. Tardive car Dan y est adulte (l'action se passe donc bien des années après Shining) et parce que King aura mis le temps avant de l'écrire. Mais l'attente en vaut la chandelle, car entre le plaisir de retrouver, bien changé, un des meilleurs personnages de l'univers de King et le plaisir de lire un nouveau roman de cet auteur fantastique qui n'aura que très rarement déçu dans sa carrière, difficile de dire ce qui est le plus appréciable ici. C'est sans doute un peu difficile, au début du roman, de comprendre qui sont ces membres du Noeud Vrai (c'est expliqué par la suite, mais les premières apparitions de ces personnages sont difficiles à saisir, on se demande qui ils sont, où King veut en venir...), mais mis à part ça, ce roman est un petit chef d'oeuvre, rempli de suspense, avec pas mal d'humour à la King, et c'est aussi, quelque part, une réflexion sur les dégâts de l'alcoolisme (fléau ayant touché le père de Danny dans Shining, Danny et d'autres personnages dans Docteur Sleep, et Stephen King pendant plusieurs années, sans parler de bien des anonymes). Au final, ces 585 pages se lisent super bien (j'ai mis deux jours, mais bon, je sais que je lis vite), et nul doute, donc, que ce roman rejoindra les autres grands classiques de King par la suite ! Un chef d'oeuvre, vraiment !

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02 novembre 2013

Gil Jourdan : la série

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Place maintenant à une série de BD belge (publiée dans Spirou Magazine autrefois) qui, à l'époque, fut un très grand succès : Gil Jourdan. Il n'y à que 16 tomes dans cette série qui a été arrêtée en 1978, bien malgré elle, suite au décès de son auteur, Maurice Tillieux (qui a conçu scénario et dessins des 12 premiers tomes, et le scénario des quatre tomes restants, ayant délégué les dessins à Gos), un auteur très réputé dans le monde de la BD, et un spécialiste des histoires remplies de suspense et de personnages troubles. Une vraie série policière, certes remplie d'humour, mais quand même très marquée 'film noir' par moments ! Les albums sont, hélas, impossible à trouver à l'unité en état neuf et en magasin à l'heure actuelle, mais la série est, heureusement, commercialisée en quatre épais tomes de quatre albums chacun, en intégrale, et ces quatre tomes sont, eux, facilement trouvables en magasin ou sur le Net ! On commence, donc, ce résumé rapide (avec avis et note objective), à noter que les dates sont celles des publications en album et non pas dans Spirou :

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Libellule S'Evade (1959) : Première aventure, et déjà, tous les personnages principaux de la série sont là : Gil Jourdan, bien sûr (un jeune étudiant en driot reconverti en détective privé amateur), Libellule (un truand sans grande envergure, perceur de coffres-forts et amateur de vannes pourries), Queue-De-Cerise (secrétaire de Gil) et l'inspecteur de police Crouton (qui mérite bien son nom). L'histoire ? Libellule, André de son prénom, doit être escorté par l'inspecteur Crouton, mais il parvient à s'évader grâce à l'aide non prévue au programme (il s'évade sans le savoir avant de s'évader, quoi, on le fait s'évader !) de Gil Jourdan, déguisé en taxi. Alors que Crouton, qui s'est fait avoir comme un bleu, le poursuit, Libellule découvre les raisons de l'évasion : Gil Jourdan lui demande de l'aider dans son entreprise, qui est de faire tomber un important réseau de trafiquants de popaïne. Si Libellule refuse, Crouton pourrait bien avoir des facilités à le retrouver... Libellule accepte, d'autant plus que ce n'est pas un mauvais bougre. Les dessins sont très bons (ils se rapprochent de ceux de Franquin), le scénario est très réussi, l'humour est bien présent... Un premier tome de qualité, qui se finit en suspense... logique, la suite de l'histoire est dans le tome 2 ! Note : 18/20.

02

Popaïne Et Vieux Tableaux (1960) : Il faut absolument avoir lu Libellule S'Evade pour bien apprécier ce tome 2, qui en est la suite directe. On peut quand même le lire sans avoir lu le précédent tome, mais c'est préférable (de toute façon, comme on ne trouve quasiment plus les albums de la série autrement qu'en gros tomes d'intégrales réunissant chacun 4 albums, et qu'ils sont proposés dans l'ordre, il est logique d'avoir lu Libellule S'Evade avant celui-ci si on possède ces tomes "Intégrale", le premier tome proposant les 4 premiers albums !). Gil, Libellule et Queue-De-Cerise (qui, une fois cet album passé, retrouvera un rôle plus passif de secrétaire dans un bureau) entendent bien mettre à bas le réseau de trafiquants de popaïne, qui semble passer par le biais d'un châtelain propriétaire d'oeuvres d'art. Une histoire que je trouve moins réussie que la première partie, j'ai un peu le même sentiment, ici, qu'avec le deuxième film des Fantômas avec De Funès : bien, mais moins bien, et même un chouïa prise de tête parfois. Le trop est l'ennemi du mieux, comme on dit. Dans l'ensemble, cet album est tout de même très très bien, n'allez pas croire que c'est raté, mais c'est quand même moins bien que le précédent et que plusieurs des suivants (qui seront indépendants de cette histoire de trafic de popaïne). A noter que l'éditeur Dupuis (qui dirigeait Spirou Magazine) n'était pas content qu'on parle de came dans une BD pour enfants, mais Tillieux lui dira sans malice que la popaïne étant une drogue fictive, il n'y avait pas grand mal ! Note : 16/20.

03

La Voiture Immergée (1960) : Première aventure indépendante de la série après deux tomes qui se suivent totalement et proposaient une intrigue en deux volumes. Ici, l'action prend place en Bretagne, dans le Morbihan, dans un lieu fictif vraisemblablement inspiré par Noirmoutier et Tascon, deux îles, dont l'une est dans le Morbihan et est accessible, comme celle de l'album, à marée basse (Tascon). Une voiture est retrouvée totalement immergée sur une chaussée submersible pouvant, à marée basse, mener à un château en ruines, la Tour du Chevalier (le chemin submersible s'appelle le Pas du Malin, et il est très difficile d'accès). Le conducteur a disparu. Apprenant cette étrange histoire, Gil Jourdan et Libellule (définitivement son second dans son entreprise de détective privé), ainsi que l'inspecteur Crouton, se rendent sur place, mandatés, qui plus est, par le neveu du disparu, lequel était antiquaire, Nikita Zix. Henri Zix, le neveu, a découvert que plusieurs des oeuvres d'art détenues par son oncle disparu, sont désormais des copies... Une intrigue qui se passe dans une atmosphère assez lugubre, ce qui n'empêche pas des gags et dialogues assez savoureux. Dans l'ensemble, c'est un excellent opus ! Note : 18/20

04

Les Cargos Du Crépuscule (1961) : Jo-la-Seringue, un détenu, s'évade de la prison de Morbeuf, et ce, dans des conditions totalement étranges : il aurait fait des bonds de 10 mètres, sautant allègrement, d'un coup, sans élan, par-dessus le mur d'enceinte de la prison, qui est de cette hauteur (et ce, devant témoins, enfin, quasiment) ! L'inspecteur Crouton est appelé en urgence pour protéger l'ancien avocat de Jo, Samson Loucq, que Jo avait menacé de mort (il avait perdu son procès). Loucq est rapidement enlevé, et Gil Jourdan et Libellule, aidés de Crouton, mènent l'enquête... Une intrigue excellente, une ambiance très film noir (rien que le titre de l'album est un poème, dans cette catégorie), des dessins comme toujours remarquables... Encore une réussite flagrante pour la série ! Note : 18/20.

05

L'Enfer De Xique-Xique (1962) : Maurice Tillieux semble s'être totalement inspiré de Franquin et de l'album Le Dictateur Et Le Champignon (tome 7 des Spirou & Fantasio) pour cet album se passant dans un pays fictif d'Amérique du Sud, une dictature militaire. Gil Jourdan et Libellule se retrouvent, sur un malentendu (mais, en même temps, ils recherchent quelqu'un), prisonniers dans le sinistre camp de travail de Xique-Xique, paumé en plein désert, et vont par tous les moyens chercher à s'évader, ce qui peut sembler d'ailleurs impossible vu les conditions du camp et sa localisation. Tillieux a toujours adoré les voitures et adoré les dessiner (et dessiner des accidents de voitures). Ici, de très beaux camions et une ambiance parfois proche de Cent Mille Dollars Au Soleil ou du Salaire De La Peur, même si ça sera surtout dans Le Chinois A 2 Roues que l'on retrouvera un ambiance typique de ces films. Cet album est clairement un des sommets de la saga, qui entre alors dans ce que l'on appellera son Âge d'Or.  Note : 20/20.

06

Surboum Pour 4 Roues (1963) : Tillieux a toujours adoré dessiner les voitures, camions et autres véhicules motorisés, et dessiner, aussi, des courses-poursuites et/ou crashs automobiles. C'était son truc ! Ici, il se fait vraiment plaisir, avec cette histoire mettant en scène une bande de voleurs de fourgonnettes. Un collègue de l'inspecteur Crouton est sur l'affaire. Parallèlement, Gil Jourdan reçoit chez lui, par erreur (il ne s'en rend compte qu'en l'ouvrant), une lettre de menaces destinée à un certain Marc Rouleau, résidant à Savajols, en Lozère, lettre l'informant qu'il va bientôt y passer. Jourdan et Libellule se rendent sur place, à la fois pour prévenir Rouleau de ses menaces et pour l'en protéger - et en savoir plus. Surpris par un orage dans le Causse (une grande étendue quasi désertique, un des paysages usuels de la région), ils prennent refuge, pour la nuit, dans un village abandonné, et au petit matin, sont réveillés par une explosion, qui a eu lieu dans une casse automobile proche, laquelle possède une cour intérieure remplie de fourgonnettes... Surboum Pour 4 Roues est une réussite de plus, ça commence à devenir une habitude. L'intrigue est légèrement plus terre-à-terre que certains des précédents opus (le saut de 10 mètres des Cargos..., par exemple), et fait la part belle aux véhicules, comme son titre l'indique (et le postulat de départ, ces vols organisés et ciblés, que des fourgonnettes). Excellent opus, pas un de mes préférés, et sans aucun doute moins grandiose que les deux précédents (voire que les trois précédents), mais ne boudons pas notre plaisir ! Note : 16/20.

07

Les Moines Rouges (1964) : Probablement (non ! clairement, en fait !) mon préféré de la série. L'action se passe encoreune fois en Bretagne (après le tome 3), à Labarre-Hilaire, un petit village apparemment paisible, situé non loin d'une ancienne abbaye en ruines, l'Abbaye des Moines Rouges. Hyacinthe Laplume, le très émotif (quand il est énervé, il bafouille atrocement !) maire du village, et son adjoint Benoît Chassemouche, décident d'appeler le détective Gil Jourdan, de Paris, afin qu'il vienne élucider certains mystères : un fantôme aurait été aperçu dans l'abbaye. Gil et Libellule arrivent, et le soir-même, Gil tente de photographier le fantôme en l'attendant dans les ruines. Il l'aperçoit, le prend en photo en infrarouge et le poursuit, récoltant un coup de poing pour la peine. Depuis quand les fantômes peuvent-ils frapper quelqu'un ? Une histoire à l'ambiance assez gothique parfois (un village, des ruines d'une abbaye soit-disant hantée, la nuit, les paysages un peu déchirés et sauvages de la Bretagne rurale...), et totalement admirable (l'ambiance, et l'histoire aussi), avec un dénouement plus terre-à-terre que son postulat de départ. C'est un des meilleurs albums d'une série qui, pour le moment (mais ça ne va hélas pas durer), n'a aucun mauvais album. Essentiel pour tout fan de BD de ce genre ! Note : 20/20.

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Les 3 Taches (1965) : Un album assez drôle dans lequel le trio de personnages principaux Gil/Libellule/Crouton se fait un peu voler la vedette par un duo de truands sans envergure et assez maladroit et idiot, Aldo et Skip. Le premier est un blondinet (cheveux qui masquent les yeux en permanence) idiot au sourire béat, qui ne cesse de se faire rabrouer et gifler par le second, plus sérieux et intelligent, et toujours énervé de la connerie de son complice. Les deux hommes, au début, percent un coffre-fort et emportent troisdossiers qui s'y trouvaient : des cartes géodésiques de vues aériennes. L'inspecteur Crouton est sur l'affaire, mais le chef de l'entreprise cambriolée demande à Gil Jourdan d'enquêter en parallèle. Aldo et Skip retiennent, dans leur cave, le photographe de la compagnie cambriolée, Werner & Cie, un certain Luc Renard, lequel est le seul, avec un géologue de la société, à connaître les clichés et à en connaître les secrets, car ces clichés possèdent une particularité qui peut rendre très riche quiconque sait les déchiffrer... Une intrigue plus ou moins tarabiscotée, sauvée par des personnages hilarants (Aldo et Skip) et une très bonne ambiance, mais dans l'ensemble, sans être raté, cet album est tout de même inférieur aux précédents. C'est quand même pas mal. Note : 14/20.

09

Le Gant A Trois Doigts (1966) : Particularité de cet album au titre trompeur (ce n'est que vers la fin qu'on comprend le titre, et à aucun moment on ne voit ce fameux gant) : la quasi-totalité de son action (qui se passe dans un pays arabe fictif, un émirat) est non-stop et en temps réel, il n'y à pas d'indications du style "une heure plus tard" ou "le lendemain matin", tout est d'affilée. En résulte un rythme effréné, tellement effréné que Tillieux, de son propre avis, s'en est un peu trouvé piégé : la conclusion de l'histoire (qui fait intervenir de manière incongrue Libellule et Crouton, absents du reste de l'album) est bâclée, expédiée, et on sent que Tillieux a pris trop de temps et de place (en nombre de pages, ou, comme on dit dans le milieu de la BD, de planches) pour la course-poursuite pleine d'action et pas assez pour l'histoire en elle-même. En résulte un tome décevant, certes bien foutu dans sa majeure partie, mais finalement moyen. Il aurait fallu soit raccourcir l'action, soit faire deux tomes pour cette histoire ! Reste que les 30 premières pages (environ) sont ahurissantes dans leur description de l'action, sans temps morts. Note : 13/20.

10

Le Chinois A 2 Roues (1967) : Il pleut quasiment tout le temps durant l'action de cet album, qui est très Salaire De La Peur. On sent vraiment l'attrait de Tillieux pour les camions, les ambiances poisseuses, etc... Du grand art que cet album au titre assez ridicule (on sait dès le départ ce qu'est ce Chinois A 2 Roues : un fabriquant chinois de bicycles !) mais dans lequel on ne s'ennuie pas. A noter, une case sera censurée dans Spirou, et republiée telle qu'elle était voulue (non censurée, donc) par la suite : Libellule s'en prend vertement à un Crouton un peu amorphe, endormi, lui disant que ce n'est pas étonnant qu'il soit dans cet état-là, vu qu'il vient de fumer des cigarettes d'opium. L'allusion à la drogue (bien réelle, celle-là, pas comme la popaïne !) ne passera pas, on la remplacera par 'cigarettes chinoises'... Dans l'album, c'est rétabli. On notera un jeu de mots bien pourrave comme Libellule les aime : pas de Kwaï, répond-il à Gil Jourdan venant de lui dire que, oui, merci, il avait remarqué qu'ils arrivaient sur un pont relativement peu stable ! Excellent album, et même plus que ça : pour moi, c'est tout simplement le dernier grand album de la série, le dernier sommet, car les suivants seront, pour la plupart, de belles déceptions... Note : 20/20.

11

Chaud Et Froid (1969) : C'est le premier album de la série à proposer non pas une, mais plusieurs (ici : trois) aventures indépendantes. Ce n'est pas forcément un gage de qualité, d'ailleurs... Chaud Et Froid, la première, qui donne son titre à l'album, est tout de même un peu anodine. Meilleure en tout cas que La Maison Du Mystère. Le Grand Souffle (la seconde) est la meilleure des trois, sans être géniale non plus. Les trois histoires datent respectivement de 1967, 1968 et 1969. La première parle d'un trafic de manteaux de fourrure, et la seconde, d'un vent violent et étrange qui surgit d'un coup, sans prévenir, d'une grotte, et la dernière, très courte, d'une maison étrange où il se passe d'étranges choses... Dans l'ensemble, c'est vraiment banal, sans grand intérêt, mais il faut savoir qu'il y aura pire encore dans la série ! Note : 08/20.

12

Pâtée Explosive (1971) : Encore un album proposant plusieurs histoires. Comme pour l'autre, il en contient trois : Pâtée Explosive (une histoire ridicule sur un scientifique un peu fou qui a inventé un nouveau genre d'explosif très sensible, et des robots étranges...), La Guerre En Caleçon (une histoire qui prend place au cours d'un conflit fictif, Gil Jourdan, Libellule et Crouton s'y retrouvent bien malgré eux ; sympa, sans plus) et La Poursuite (la première rencontre entre Crouton et Libellule, lequel était encore truand et neconnaissait pas encore Gil Jourdan ; bref, ce qui se passe avant l'action de Libellule S'Evade, le tome 1), qui est de loin la meilleure histoire de l'album. A noter que dans les tomes "Intégrale", la troisième histoire est proposée séparément des deux autres (et ce, pour un souci de chronologie, car elle date de 1963, et les deux autres, de 1969 et 1966, dans l'ordre sur l'album), à la fin du tome 2 de l'Intégrale (l'album Pâtée Explosive est, lui, dans le tome 3 de l'Intégrale). Oui, je sais, c'est compliqué ! Sinon, c'est encore moins bon que le précédent opus. Note : 06/20.

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Carats En Vrac (1971) : Avec cet album, Tillieux décide d'arrêter le dessin et de se concentrer sur le scénario. Les dessins, il les confie à Gos (futur créateur du personnage du Scrameustache, de la série de BD du même nom), qui, jusqu'à la fin, sera le dessinateur de Gil Jourdan. Les dessins sont très proches de ceux de Tillieux, tellement proches que si on ne sait pas qu'il y à un autre dessinateur, on pourrait se laisser 'avoir' ! Des quatre derniers opus de la série (car, par la force des choses, il n'en reste plus que quatre en comptant celui-ci, qui ouvre le tome 4 et ultime de l'Intégrale), c'est de loin le meilleur, une histoire remarquable dans laquelle Gil Jourdan et Libellule, revenants de vacances en Camargue, croisent la route d'un marin, qu'ils prennent en stop. Dans une auberge, des hommes peu fréquentables surgissent pour tenter d'enlever le marin, qui parvient à s'enfuir, mais se blesse gravement. Apparemment, l'homme est mouillé dans une affaire de vol de diamants... Une histoire très bien foutue, prétexte à une scène de course-poursuite automobile remarquable  et vertigineuse (la meilleure de la série, indéniablement), tellement géniale qu'elle sert d'illustration à la couverture ! Après deux très médiocres albums, ça fait du bien d'avoir à nouveau un aussi bon niveau dans la série ! Profitez-en, ça ne va pas durer... Note : 17/20

14

Gil Jourdan Et Les Fantômes (1972) : Il fallait bien que, tôt ou tard, un album de la série contienne le mot 'fantômes' dans son titre ! Il ne s'agit d'ailleurs pas de fantômes ici, l'album plonge certes dans une ambiance bizarre et SF, mais pas surnaturelle pour autant. Un album amusant, mais mineur, probablement même un des moins bons de la série, malgré qu'on prenne pasmal de plaisir à le lire. Une déception quand même, et je ne vois pas quoi dire d'autre au sujet de ce tome 14. Anodin, quoi... Note : 12/20.

15

Sur La Piste D'Un 33-Tours (1973) : Libellule et Gil offrent à Crouton, pour son anniversaire, l'album d'une chanteuse à la mode, Greta Love (chanteuse à succès que, cependant, Libellule ne supporte pas). En sortant du disquaire, Libellule et un cycliste possédant lui aussi le 33-tours se percutent. Le cycliste rentre chez lui, où plutôt chez un certain Anselme Rossini, un truand. En entendant le disque, il pique une crise et ordonne à ses hommes de retrouver le disque qu'ils devaient lui ramener. En effet, dans la collision, les deux 33-tours se sont intervertis, et Libellule et Gil sont désormais en possession, sans le savoir, d'un disque renfermant, sous l'apparence de l'album de Greta Love, des secrets industriels... Une histoire banale (je me souviens d'une histoire de Mickey Mouse qui abordait un sujet très similaire, des secrets industriels gravés sur un vinyle acheté par erreur par Mickey), prétexte à des gags amusants (Libellule piquant une crise en entendant la chanson, Crouton faisant du camping...), mais, sinon, c'est vraiment plat. Note : 11/20.

16

Entre Deux Eaux (1979) : Tillieux meurt en 1978 (accident de la route). Un an plus tard, le 16ème et ultime (c'est d'ailleurs dit sur la couverture : "Les dernières enquêtes") album de Gil Jourdan sort. Comme Chaud Et Froid et Pâtée Explosive, c'est un recueil de plusieurs histoires. Le niveau est meilleur que pour les deux autres recueils, mais on peut quand même dire que le format 'petites histoires' ne correspondait pas trop à Gil Jourdan (même remarque pour Ric Hochet, qui était publié dans Tintin Magazine). Ici, quatre histoires, datant respectivement de 1978, 1971, 1971 et 1970 pour les publications en magazine : Entre Deux Eaux, L'Homme Au Pull Blanc (une histoire mettant en scène Queue-De-Cerise, la secrétaire de Gil), Coup D'Eclat et Les Santons. La première prend place vers Saint-Nazaire, une histoire de sous-marin, de chantier naval un peu louche ; la seconde, d'un dresseur de puces qui a perdu ses petites bêtes, une enquête tellement basique que Libellule la confie à Queue-De-Cerise, mais ce n'est pas aussi banal qu'on pourrait le croire ; la troisième, d'un meurtre étrange sur lequel enquêtent Gil et Libellule (à noter que le lecteur était mis à contribution en lui demandant de résoudre l'affaire avant la fin de l'histoire, une case lui dit en gros 'regardez-bien, et logiquement, vous saurez qui a tué Bellon, la victime') ; et la dernière, de trafiquants utilisant des santons de Noël pour y cacher des plans... Dans l'ensemble, ce final de la série est bien mince, bien banal... La série a donc bien démarré, pour s'effondrer quelque peu dans sa deuxième moitié... Note : 11/20.

01 novembre 2013

"La Trilogie Du Mal 2 : Ecrit Sur Les Portes De L'Enfer" - Maxime Chattam & Michel Montheillet

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Editeur : Michel Lafon/Jungle ! Thriller

Nombre de pages : 52

L'an dernier, à peu près à cette période, un album de BD est paru, qui m'a totalement emballé (mais, en même temps, étant fan de Maxime Chattam, le contraire aurait été étonnant) : le premier tome de l'adaptation en BD du premier roman de sa fameuse Trilogie du Mal : L'Âme Du Mal. Ce premier tome, 52 pages dessinées par Michel Montheillet et scénarisées par ce même Montheillet (en collaboration avec Chattam, évidemment), s'appelait Le Bourreau De Portland, et résumait la première partie du roman (au sens littéral, c'est à dire ce qui, dans le roman, est entre une page intitulé Première Partie et une autre intitulée Deuxième Partie !), ce qui, pour l'édition poche du roman, représente dans les 80 pages (sur 500). Il semblait impossible, à moins de bien massacrer l'histoire, d'adapter tout L'Âme Du Mal en un seul tome de BD de 52 pages, et il y aura donc plusieurs tomes par roman adapté (les deux autres romans sont In Tenebris et Maléfices, et j'ai déjà hâte d'en lire les versions illustrées), et vu l'endroit où se termine le tome 2, tout juste paru (mercredi dernier), j'imagine qu'il faudra trois, voire quatre tomes par roman. Le tome 2 vient dont de paraître, autant de pages, même auteur/dessinateur (évidemment et heureusement), et il s'intitulé : La Trilogie Du Mal 2 : Ecrit Sur Les Portes De L'Enfer. Tout un programme ! On est en plein dans l'actualité chattamesque, vu que le sixième tome de sa saga de fantasy Autre-Monde, Neverland, vient de sortir (et sera abordé ici bientôt) !

Leland Beaumont, le Bourreau de Portland, redoutable tueur en série psychopathe qui séquestrait ses victimes et leur tranchait les bras, est mort, tué par Joshua Brolin (ancien profiler du FBI devenu simple officier de police à Portland, Oregon, sa ville natale) alors qu'il s'apprêtait à tuer Juliette Lafayette, sa plus récente proie. Mais si Beaumont est mort (une balle dans le crâne, qui a en partie sauté) et Juliette saine et sauve, Joshua a morflé, un coup de couteau mal placé. Il s'en sort heureusement, et un an passe, tant bien que mal. Juliette se remet progressivement du traumatisme, et a sympathisé avec Joshua, qui partage avec elle cette sinistre expérience.

Maxime-Chattam

Un jour, alors que l'on se rapproche de la date anniversaire de la mort de Beaumont, un crime atroce est découvert : une femme, atrocement mutilée (les bras tranchés, le visage tailladé, déjà en putréfaction), est trouvée dans une maison abandonnée. Le modus operandi est, pour Joshua Brolin, tellement proche de celui de Beaumont qu'il ne peut pas s'agir de quelqu'un d'autre ; mais Beaumont est mort et enterré depuis un an. Un copycat (serial killer imitant un autre serial killer) ou bien Beaumont n'était pas le tueur ? Parallèlement, Juliette et lui reçoivent chacun une lettre tâchée de sang, et renfermant un court poème étrange, directement issu de La Divine Comédie de Dante (la première partie, sur L'Enfer), poème annonçant à tous qu'un nouveau meurtre va être commis...

Encore une fois, une adaptation très réussie de L'Âme Du Mal. Enfin, "encore une fois"... disons que le scénario est bien foutu, on a certes des variantes, mais ces changements ne sont pas choquants, ne gênent pas la compréhension du récit et ne viennent pas transformer le roman en autre chose. On notera (et je m'adresse ici aux fans de Chattam, je sais qu'il y en a) que Chattam et Montheillet ont adroitement mélangé le roman avec un autre de Chattam se situant à Portland, Oregon, mais dont les histoires, à part ça, sont totalement différentes : Le 5ème Règne. Dans Le 5ème Règne, on a une bande d'adolescents aux prises bien malgré eux avec des forces surnaturelles obscures tout droit sorties d'un antique livre de sorcellerie. Au tout début de ce tome 2 de l'adaptation BD de L'Âme Du Mal, on aperçoit, en flash-back, des bribes de l'enfance de Joshua Brolin, enfance qu'il a vécue à Portland, et on découvrir qu'il faisait partie d'une bande de copains dont les noms des autres sont Lewis, Sean, Meredith... soit les noms de pas mal des personnages du 5ème Règne ! L'un de ces ados, Meredith, devient plus tard (et ça, c'est une totale invention de Chattam et du scénariste et dessinateur) membre du SWAT, et retrouve Brolin au cours d'une intervention sans rapport avec le serial killer qui nous occupe dans l'histoire de L'Âme Du Mal.

Cette mise en abîme, mélanger des personnages d'un roman de Chattam à celui qui est le héros d'une trilogie de thrillers du même auteur, afin de donner plus de profondeur encore au personnage, de lui donner une histoire (bien entendu, dans Le 5ème Règne, pas de Joshua Brolin), est plutôt une bonne idée ; en tout cas, en lisant le tome 2 de la Trilogie Du Mal en BD, et en découvrant ces détails sans importance dans l'histoire (ils sont juste là pour les fans, pour faire un clin d'oeil de connaisseurs), ça ne m'a absolument pas choqué ou dérangé, je ne me suis pas dit mais qu'est-ce qu'ils foutent, Chattam et Montheillet, pourquoi faire ça, ça ne sert à rien. Non, j'ai trouvé que c'était plutôt une bonne idée. Une meilleure idée que cette histoire d'ouragan qui, dans le tome 1 de la BD, menace de frapper Portland (entraînant une panique générale dans la ville et des scènes de pillage et d'émeutes) au moment où la ville est victime des actes de Leland Beaumont. L'ouragan était peut-être une allusion à la Tempête qui frappe l'Amérique (le monde, en fait) dans le tome 1 de la saga de fantasy Autre-Monde de Chattam, mais ça ne servait qu'à rajouter dans l'ambiance poisseuse et sombre de l'histoire, qui n'aurait pas été moins bonne sans ce détail (voir le roman, où on ne parle pas d'un ouragant violent menaçant de frapper Portland). Entre le rajout de la tempête dans le tome 1 et celui de ces détails sur l'enfance de Brolin dansle tome 2, je préfère les détails sur l'enfance/adolescence de Brolin ! Sinon, rien à dire, c'est encore une fois réussi (les dessins sont très bons ; à noter, une belle caricature de David Niven pour le personnage d'Anthony Desaux, personnage qui, si le roman avait été adapté en film, aurait bien allé à Anthony Hopkins, selon les aveux mêmes de Chattam sur un site web), le scénario est bien foutu, ça se termine sur un cliffhanger donnant directement envie de lire la suite... Mais pour ça, nul doute qu'il faudra attendre encore un an ! Bref, je conseille cette lecture aux fans, mais aussi à ceux ne connaissant pas cette trilogie de romans de Chattam.

27 octobre 2013

Astérix : La série

 

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Après Tintin, après Spirou & Fantasio, après Johan & Pirlouit, et avant, sans aucun doute, Gil Jourdan, Tif & Tondu ou Blake & Mortimer, voici un résumé illustré de la série Astérix au complet, album par album, avec un petit avis et une note objective sur le niveau de l'album !

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Astérix Le Gaulois (1961) : Paru dans Pilote en 1959 (le premier numéro de Pilote comprenant les premières pages de cet album, on peut dire, évidemment, que les deux sont nés en même temps ; le magazine sera rapidement rebaptisé, sur sa couverture, le journal d'Astérix et Obélix, d'ailleurs), ce premier album n'est clairement pas le meilleur de la série, il possède trop de défauts : les dessins d'Uderzo sont encore très hésitants (le style n'est pas trouvé) ; la colorisation des premières éditions (j'en possède une) est ratée, l'album sera mieux colorisé dans les rééditions récentes ; le scénario est affligeant de banalité ; il existe des différences flagrantes de style entre une page et une autre (César est dessiné avec un nez pointu et droit au départ, et avec un nez écrasé et plus gros à la fin)... Mais ce premier opus reste historique parce que c'est le premier. Rien que pour ça, il faut le lire, mais par rapport à d'autres de la série, c'est pas toujours ça... Note : 12/20.

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La Serpe D'Or (1962) : Un de mes grands préférés de la série, tout simplement. C'est aussi un album important : la première aventure digne de ce nom du Gaulois colérique et attachant, et son premier voyage, même s'il ne va pas plus loin que Lutèce (ancien nom de Paris, comme tout le monde le sait) ici ! Entre caricatures (les premières ! et ici, Charles Laughton ou Raimu), allusions, gentils anachronismes (agences de voyages faisant visiter Lutèce, notamment...) et humour à foison, ce tome 2, dans lequel Astérix et Obélix partent chercher une serpe d'or pour leur druide Panoramix afin qu'il puisse bien cueillir le gui (et faire de la potion magique), est une réussite. En tout cas, nettement meilleur que le précédent ! Note : 16/20.

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Astérix Chez Les Goths (1963) : Goscinny étant juif, et ayant perdu des membres de sa famille dans les sinistres camps (il n'y à pas été, lui, heureusement), Uderzo et l'éditeur Dargaud avaient quelques craintes de savoir comment l'album, qui fait voyager Astérix jusqu'en pays Goth (les ancêtres des Allemands) pour rechercher leur druide qui y a été capturé, serait accueilli en Allemagne... Il fut très bien accueilli, les Allemands ayant su faire la part des choses ! Aucune amertume, d'ailleurs, dans cet album vraiment drôle et réussi, un de mes préférés, et dans lequel se trouvent quelques gags tordants. Bref, une réussite de plus ! Note : 17/20.

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Astérix Gladiateur (1964) : Encore un voyage pour Astérix (par la suite, ça sera environ un tome sur deux), ici, à Rome, où, pour aller chercher leur barde Assurancetourix qui a été capturé par les Romains, Astérix et Obélix vont jusqu'à se faire gladiateurs, afin d'approcher au plus près de la prison du Colisée, où le barde est enfermé. A partir de cet album, dixit Uderzo, Astérix devient vraiment un personnage majeur de la BD française, on commence à entendre un peu partout les phrases cultes de la série, comme Ils sont fous, ces Romains ! ou les crises d'égo d'Obélix affirmant qu'il n'est pas gros ! Un excellent album. Note : 16/20.

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Le Tour De Gaule D'Astérix (1965) : Mon préféré absolu, et un des meilleurs ! Comme son nom l'indique, dans cet album, le duo voyage tout du long de la France, enfin, de la Gaule. Lutèce, Rotomagus (Rouen), Tolosa (Toulouse), Nicae (Nice), Burdigala (Bordeaux), Camaricum (Cambrai), Lugdunum (Lyon), j'en passe... Leur but ? Ramasser, à chaque étape, une spécialité culinaire (vin, nourriture...) à ramener chez eux, afin de prouver aux Romains qu'ils peuvent aisément faire le tour de la Gaule sans se faire arrêter par les troupes de César. Tout du long du chemin, un petit chien blanc va les suivre à la trace, petit chien qui ne sera remarqué par le duo qu'à la toute fin, et immédiatement adopté. La création d'Idéfix, dont le nom sera choisi par les auteurs après un jeu-concours dans Pilote ! Ils hésiteront avec Papeurdurix et Patracourcix, pour l'anecdote... Note : 20/20.

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Astérix Et Cléopâtre (1965) : Un des plus mythiques, conçu par les auteurs après qu'ils aient été voir le film de Mankiewitz (avec Elizabeth Taylor) et en soient sorti atterrés devant tant d'incohérences et de grandiloquence (ils se moqueront de ça sur la couverture originale de l'album, qui n'a hélas pas été reprise dans les rééditions, et sur laquelle un texte prenant tout le bas de couverture indiquait le nombre de crayons, encre, papier, gomme et, même, bière nécessaires à la conception de l'album). Un des meilleurs albums, qui fut, on le sait, adapté en dessin animé (un des meilleurs de la série, et même le meilleur de ceux basés sur les albums) et en film (le meilleur des quatre films). Un des plus longs voyages d'Astérix par ailleurs (il ira plus loin encore par la suite), et une histoire réussie sur un architecte egyptien raté devant réussir le défi qui lui a été lancé par Cleopâtre (défi lui-même lancé à Cléopâtre par Jules César) : construire un palais gigantesque en trois mois. Avec l'aide de la potion magique, qui sait ? Note : 20/20.

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Le Combat Des Chefs (1966) : Selon Uderzo, un des albums les plus politisés de la série. On y parle de collaboration et d'occupation du pays par l'ennemi Romain, d'un combat d'égo entre Abraracourcix, chef du village résistant, et Aplusbégalix, chef d'un village totalement soumis aux Romains, un village gallo-romain, donc. Parallèlement, Panoramix, ayant mal réceptionné un menhir qui lui est tombé sur la tête, est devenu fou, et sans druide, pas de potion, il convient donc de le guérir... Adapté en dessin animé (qui le mixait avec Le Devin), c'est un très bon album, il n'a jamais fait partie de mes préférés, mais c'est du tout bon ! A noter que dans sa parution dans Pilote, les auteurs avaient pastiché une des fameuses conférences de presse du Général de Gaulle, alors Président, pour lancer l'album, avec Abraracourcix dans le rôle de l'orateur ! Hélas, ça n'a pas été repris en album... Note : 17/20.

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Astérix Chez Les Bretons (1966) : Adapté en dessin animé et en film avec acteurs (le dernier en date), c'est une totale réussite, et un de mes grands préférés, même mon second préféré. Une histoire hilarante se passant en Bretagne, actuelle Grande-Bretagne, et tout y passe : l'allusion à un éventuel futur tunnel sous la Manche, les Beatles, la Tour de Londres, la bouffe dégueulasse, le temps de merde, le brouillard, la langue et le flegme anglais, le thé et son heure rituelle, le gazon britannique qui est toujours nickel-chrome, les maisons qui se ressemblent toutes, le rugby... Afin de sauver un village breton de l'invasion romaine, Astérix et Obélix embarquent avec un tonneau de potion, en compagnie de Jolitorax, cousin germain et Breton d'Astérix, venu chercher leur aide. Un album totalement réussi, donc ! Note : 20/20.

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Astérix Et Les Normands (1967) : Assurancetourix a un rôle important dans cet album qui sera un peu adapté dans le film Astérix Et Obélix Au Service De Sa Majesté (adaptation cinéma avec acteurs de l'album précédent). Goudurix, un jeune Gaulois de Lutèce, un jeune con en quelque sorte, est reçu au village afin qu'on en fasse un homme, un vrai. C'est à ce moment que des Normands (un peu comme des Vikings) arrivent sur la côte, afin de chercher la seule chose qu'ils ne connaissent pas : la peur. Chose que Goudurix, en voyant arriver les Normands, maîtrise, lui, parfaitement... Un album très sympathique, qui se passe exclusivement au village et sur la côte non loin. Pas le meilleur ni mon préféré, mais c'est vraiment très bon ! Note : 15/20.

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Astérix Légionnaire (1967) : Afin d'aller chercher Tragicomix, fiancé de la belle Falbala dont Obélix est éperdument amoureux, fiancé qui a été raflé par les Romains afin d'en faire un légionnaire, Astérix et Obélix décident d'entrer eux aussi dans l'armée romaine. Pauvre Romains... Un album très amusant, qui critique allègrement l'armée et son fonctionnement, entre la mauvaise bouffe, les exercices physiques, l'administration militaire invraisemblable, les grades... A noter, une allusion amusante et amicale à un fameux personnage de la BD belge conçu par Hergé, via la coupe de cheveux d'un aspirant légionnaire originaire d'un pays (une province, à l'époque) que les Gaulois visiteront plus tard dans la série, la Belgique ! On a aussi un futur légionnaire égyptien, un Grec... Un très bon album, qui sera mixé avec Astérix Gladiateur en dessin animé : Astérix Et La Surprise De César. Note : 16/20.

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Le Bouclier Arverne (1968) : Dans cet album, on se moque de plein de choses : des cures thermales (après une violente crise de foie, Abraracourcix, chef du village, se doit d'en faire une), de la défaite gauloise d'Alésia dont les Gaulois du pays Arverne (l'Auvergne) refusent de parler, ni même de savoir où elle a eu lieu (c'est en effet un sujet de polémique, le lieu exact de la bataille...)... Un très bon album se passant donc en Auvergne d'époque, tout le monde y parle comme cha et est exchploitant de charbon, ch'est à peine caricaturé, pas vrai ? J'ai toujours énormément aimé cet album dans lequel Abraracourcix a un rôle très important, plus que de coutume (sauf Le Combat Des Chefs où il a aussi un grand rôle). Parmi les passages qui me plaisent bien, la cure thermale et la visite d'une usine romaine. Note : 16/20.

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Astérix Aux Jeux Olympiques (1968) : Un autre voyage pour les Gaulois, qui partent tous pour Athènes afin de participer aux Jeux Olympiques(une délgation du village avec eux), afin de faire la nique aux Romains ! Le dopage est habilement abordé, la corruption aussi, dans cet album dans lequel Agecanonix, le doyen éternel du village, est littéralement déchaîné ! Très drôle, cet album sera, on le sait, adapté au cinéma dans un film controversé mais que j'aime beaucoup et que je trouve plus réussi que la moyenne des gens, mais c'est une autre histoire... L'album, lui, est peu controversé chez les fans, qui l'aiment tous beaucoup ! Note : 17/20.

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Astérix Et Le Chaudron (1969) : Album que j'avais perdu dans un déménagement, et racheté plus tard (oui, je sais, on s'en fout). Un album très étrange, assez sombre, d'ailleurs : parce que l'or d'un chaudron qui lui avait été confié par le chef d'un autre village a été volé pendant qu'il en assurait la garde, Astérix, fautif (mais ce n'était pas de sa faute, on s'en doute bien, il a été dupé), est banni du village, jusqu'à ce qu'il puisse retrouver l'or. Obélix part avec lui, fidèle en amitié. C'est un Astérix meurtri, viré de son village, qui va dès lors découvrir la dure loi de la vie : pas facile de gagner de l'argent tout en essayant de subsister... Un très bon album, qui fut pendant longtemps un de mes préférés. Je l'aime vraiment beaucoup ! Note : 15/20.

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Astérix En Hispanie (1969) : Je n'ai en revanche jamais été fanatique de cet album pourtant pas raté, et dans lequel Astérix et Obélix partent jusqu'en Hispanie (l'Espagne actuelle, évidemment) pour y ramener chez lui Pépé Soupalognon Y Crouton, le fils d'un chef de village local. Le gamin, colérique, fut en effet enlevé par les Romains, qui, à leur tour, firent une mauvaise rencontre non loin du village gaulois d'Armorique, celle avec Astérix et Obélix, évidemment, qui récupèrent ainsi le gosse. L'album fut moyennement accueilli en Espagne alors franquiste, les Espagnols n'ont pas apprécié qu'Uderzo les dessine poilus et vêtus, tous, comme des Gitans ! Gros succès, sinon, avec un calembour qui fera date : Les Ibères sont rudes ! Note : 15/20.

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La Zizanie (1970) : De multiples caricatures dans cet album : Lino Ventura (réussi) en centurion romain, Louis De Funès (moins évident) dans le rôle de Détritus, ce Romain capable de foutre la merde par sa seule présence (personnage joué par Roberto Begnini dans le premier film avec acteurs, mais il jouera en fait un centurion de ce nom, et pas vraiment le même personnage). Justement, Jules César envoie Détritus, le semeur de zizanie, près du village, avec comme mission de semer la zizanie dans le village afin de les affaiblir, et de pouvoir les vaincre plus facilement. J'ai toujours beaucoup aimé la planche de schéma de bataille, situé vers la fin de l'album. Sinon, un album correct, pas un de mes préférés, sans doute pas un des meilleurs, mais c'est, comme toujours, très sympa et bon ! Note : 14/20.

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Astérix Chez Les Helvètes (1970) : Selon Uderzo, l'idée de l'album fut proposée à Goscinny et lui par...Georges Pompidou, alors Président (depuis peu), qui leur dira et pourquoi ne pas envoyer vos héros jusqu'en Suisse ?, et ils mettront un peu de temps avant de se laisser convaincre, en eux-mêmes, de le faire, afin de ne pas laisser croire qu'ils étaient aux ordres de l'Elysée, ils avaient leur dignité, ah mais ! Mais tôt ou tard, il fallait bien faire venir Astérix en Helvétie... Un excellent album, meilleur que le précédent, et dans lequel tout y passe : Guillaume Tell, les banques, la précision horlogère, la propreté, le fromage, la fondue, le coucou, l'edelweiss (c'est justement pour cette fleur de montagne, rare, qu'Astérix part en Helvétie, afin de soigner un contrôleur des impôts Romain malade, captif au village, et ayant été empoisonné par un autre Romain sans scrupules, qui pille l'Helvétie), la neutralité helvète, leur bonhomie... On se régale tout du long ! A noter que les scènes d'orgie romaine, décadentes, ont été directement inspirées par le film Fellini Satyricon (1969) de Federico Fellini, qui marcha très bien à l'époque. Note : 16/20.

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Le Domaine Des Dieux (1971) : Encore une idée de Jules César pour affaiblir les Gaulois duvillage irréductible qui le narguent depuis trop longtemps : faire construire, tout près du village, une insulae (un grand immeuble d'habitation, un HLM, mais assez moderne et luxueux) pour Romains fortunés, le Domaine des Dieux, afin de pervertir la vie du village, transformer le village en attraction pour les civils Romains... Mais dès que la construction, dans la forêt, démarre, sous les ordre de l'architecte Anglaigus, tout va dès lors déraper, les Gaulois n'entendant pas se laisser faire ! A noter que dans le scénario original, Goscinny avait fait une allusion sexuelle involontaire dans la scène où Panoramix lance un gland autoreproducteur de chêne dans un trou, afin de faire repousser l'arbre abattu pendant le chantier (et retarder le chantier romain). Goscinny avait écrit Panoramix enfonce son gland dans le trou, et Uderzo demandera à son ami de changer la phrase afin de virer l'allusion gênante ! A noter, aussi, la touchante réaction d'Idéfix, chien écolo qui ne supporte pas qu'un abatte un arbre et fond en larmes à la vision d'un arbre déraciné... J'ai toujours adoré cet album possédant un calembour dévastateur : Ne jamais parler sèchement à un Numide ! Note : 16/20.

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Les Lauriers De César (1972) : Je ne m'explique pas pourquoi j'ai toujours trouvé cet album plus court que les autres, alors qu'il fait le même nombre de pages (45) et que mon édition n'en manque pas une seule ! Mais j'ai toujours trouvé que la lecture de ce tome passait plus vite que de coutume. Pourtant, ce n'est pas un de mes préférés, loin de là ! Mais cet album faisant embarquer Astérix et Obélix à Rome afin de récupérer, à la suite d'un pari stupide et aviné, la couronne de lauriers de César, est quand même pas mal du tout. On notera le désormais mythique Farpaitement ! lancé par un Obélix bourré, dans une scène d'intro culte racontée en flash-back (les deux héros étant déjà à Rome, pour leur mission stupide, au début de l'album). Note : 14/20.

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Le Devin (1972) : Uderzo dira de cet album (adapté en partie dans le dessin animé Le Coup Du Menhir et encore plus vaguement dans le premier film avec acteurs) qu'il marchera moins bien que les autres (tout en marchant quand même très très bien !) à cause de sa couverture, assez sombre, distillant une ambiance (la même que dans les premières pages) très glauque, sinistre... Pourtant, s'il fallait refaire l'album, Uderzo n'y changerait strictement rien, tenant parfaitement (et il a raison !) à cette ambiance. Le Devin est une réussite, pour moi le meilleur depuis Astérix Aux Jeux Olympiques, voire même depuis Astérix Chez Les Bretons, une histoire remarquable sur un devin gaulois raté, Prolix, qui arrive, un soir d'orage, dans le village, et va y semer la discorde avec ses prophéties... jusqu'à ce que les Romains décident de se servir de lui ! Un excellent cru, donc. Note : 18/20.

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Astérix En Corse (1973) : Dernier album paru dans Pilote (ce qui explique le banquet réunissant, en début d'album, plein de personnages d'anciens albums, venus en amis (et ça permet, en quelque sorte, de marquer le coup de la fin de la parution dans Pilote), comme Pépé Soupalognon Y Crouton et son père, ou comme Jolitorax). Une réussite majeure qui fait, donc, voyager nos héros jusqu'en Corse. Un prologue amusant en début d'album permet à Goscinn et Uderzo de mettre de leur côté la proverbiale sensibilité, susceptibilité même, des Corses, et ce n'est pas la carte du village, mais celle de la Corse, qui est en ouverture d'album, aussi ! Les Romains ont capturé un Corse, Ocatarinetabellatchitchix, et entendent bien l'utiliser afin de mettre la Corse sous leur contrôle. Mais Astérix parviennent à libérer le gaulois Corse, et ils prennent la route de l'île de Beauté afin de le ramener chez lui. Encore une fois, pas mal de choses y passent : les fromages corses (qui puent tellement qu'Idéfix en hurle à la mort !), la susceptibilité, les châtaignes, le maquis, l'omerta, la fierté corse, les cochons sauvages, les vieux pépères assis sur le banc toute la journée, parle pas à ma soeur/touche pas à ma soeur/regarde pas ma soeur/elle te plaît, ma soeur ?/Ah, elle te plaît pas, ma soeur !?, les rivalités entre clans pour de sombres histoires de famille, et la fameuse légende de la fainéantise corse... Mythique et jubilatoire ! A noter que le personnage d'Ocatarinetabellatchitchix (nom inspiré par Tino Rossi, évidemment) est inspiré par Paul Gianolli, journaliste d'origine corse qui fut envisagé, par l'éditeur Dargaud, pour reprendre une nouvelle série de BD qui serait capable de remplacer Astérix dans Pilote, ce que Goscinny et Uderzo n'apprécieront pas (entre Dargaud et eux, ça n'ira plus du tout), d'où petite vengeance personnelle... Note : 20/20.

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Le Cadeau De César (1974) : Première aventure parue directement en album. Un album assez politisé, sorti en une année d'élection présidentielle. La scène où Abraracourcix et Orthopédix (une caricature physique d'un acteur français des années 30/40, André Alerme) débattent avec Assurancetourix en arbitre impartial les chronométrant est une allusion évidente au débat présidentiel entre Mitterrand et le grand gagnant de 1974 Giscard D'Estaing (Vous n'avez pas le monopole du coeur n'est pas reprise dans l'album, en revanche !). L'histoire ? Afin de punir un légionnaire aviné et tout juste retraité, César lui offre, en terre de résidence, le village gaulois irréductible. Roméomontaigus, le légionnaire en question, l'offre, un jour de beuverie, à Orthopédix, un tavernier du sud-est (à Arausio, autrement dit, à l'époque, Orange), et ce dernier arrive avec sa femme et sa fille au village, afin d'en prendre légalement possession. Le bordel commence... Jamais été fan de cet album que je trouve un peu mineur, mais de là à dire que c'est mauvais, non. C'est, comme toujours, au minimum vraiment pas mal du tout ! Mais je ne suis pas très attaché à cet opus, quand même. Note : 14/20.

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La Grande Traversée (1975) : Nettement meilleur est cet album adapté en deux fois en dessin animé (Astérix Et Les Indiens et Astérix Et Les Vikings, deux ratages visuellement hideux adaptant chacun une partie de l'album - le second dessin animé reprend aussi Astérix Et Les Normands, vaguement). Afin d'aller chercher du poisson (pour la potion magique), Astérix et Obélix prennent le large...mais se paument totalement et finissent par arriver en Amérique, territoire encore sauvage, peuplé de dindons (qu'Obélix trouve succulents et appelle les glouglous, d'après leurs cris) et d'indigènes au look assez anachronique (des Indiens type western, alors qu'ils devraient avoir un look plus Indiens d'Amazonie), qui vont assez rapidement les adopter. Puis, en prenant le chemin du retour (qu'ils espèrent !), ils croisent la route de Vikings, qui vont les emmener jusque chez eux en Scandinavie (Idéfix se lie d'amitié avec un molosse danois qui pourrait, sinon, en bouffer dix comme lui pour le petit-déjeuner). Uderzo a pris le risque d'ouvrir l'album par une page entière de cases toutes blanches (l'action démarre rapidement par les Vikings pris dans le brouillard...), avec juste des phylactères pour les dialogues, ce qui peu paraître fainéant, mais est, aussi, original ! Pour l'anecdote, j'ai lu cet album sur le tard comparé aux précédents : tous  les Astérix, du tome 1 au tome 26 (mais sauf le 25), me furent offerts d'un coup par mes parents, qui avaient acheté (enfin, mon père) les albums autrefois, et les avaient conservés ; La Grande Traversée était hélas bien abimé, il manquait des pages (j'avais du jouer avec étant bébé sans le savoir ?), et ce fut un des seuls que j'ai lu tardivement, en l'achetant ado (ainsi que le tome 25 et les suivants, dès le tome 27) ; les autres, tous les autres, je les ai découverts d'un coup, en une journée que je n'oublierai jamais, j'avais 6 ou 7 ans ! Sinon, album remarquable. Note : 18/20.

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Obélix Et Compagnie (1976) : Avec sa caricature (atténuée par Goscinny pour ne pas risquer d'emmerdes, on ne sait jamais) de Jacques Chirac (qui, plus tard, n'en tiendra pas rigueur du tout à Uderzo, Chirac ayant de l'humour), dans le rôle d'un Romain ayant le sens des affaires et sortant de la NEA (Chirac, lui, vient de l'ENA...), Obélix Et Compagnie, dernier album sorti du vivant de Goscinny, est une chargé du monde des affaires, du business. Obélix tombe sous la coupe de ce jeune Romain du nom de Caïus Saugrenus, qui le transforme en homme d'affaires, vendeur professionnel de menhirs. La mode du menhir devient alors immense, tout le monde en veut, la loi de l'offre et de la demande fait que le village entier veut faire pareil, tout le monde en oublie les choses simples, ça devient la loi de la jungle au village...exactement comme selon les souhaits de Jules César ! Mais Astérix veille... Un très bon album, pas grandiose, mais comme La Zizanie, c'est du bon travail. Je l'aime beaucoup ! Note : 15/20.

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Astérix Chez Les Belges (1979) : Un mauvais souvenir pour Uderzo : Goscinny est mort alors qu'il achevait d'écrire le scénario de l'album, en 1977. Uderzo sera forcé par Dargaud, l'éditeur, de finir l'album, sous contrôle d'huissier... Il n'avait pas la tête à ça, on le comprend... Mais en résulte un excellent album, qui fait découvrir ce peuple que César estime, dans sa fameuse Guerre Des Gaules, être le plus brave : les Belges. Encore une fois, tout y passe, caricature des Dupondt, d'Eddy Merckx, du Manneken-Pis, apparition d'Annie Cordy, calembours (Waterzooï, morne plat, soupire Obélix en goûtant à ce plat typique du Nord, allusion à Waterloo, morne plaine, de Victor Hugo) et allusions (la bataille de Waterloo, et notamment allusion à Napoléon confondant, de loin, son Grouchy avec Blücher, général prussien et donc ennemi). Ca est très drôle, alleï, hein, une fois, fieu. On notera un hommage discret d'Uderzo à Goscinny dans la dernière case, le banquet : le petit lapin qui s'en va en pleurant, triste. Goscinny surnommait lapaing (avé l'assent du midi) sa femme, originaire du sud de la France. Par la suite, l'album sera réédité avec, en couverture, la mention Hommage à René Goscinny. L'album sort deux ans environ après sa mort, tout le monde sera d'accord pour estimer Astérix mort avec son scénariste. Tout le monde, sauf Uderzo. Note : 17/20.

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Le Grand Fossé (1980) : Seul contre tous (des confrères clameront qu'Astérix est fini, je crois que c'est Greg, auteur des Achille Talon, qui le dira, et le regrettera publiquement plus tard), Albert Uderzo reprend la série, signant ici son premier scénario. Par respect et amitié, il met le nom de Goscinny sur la couverture, ce qui sera dès lors toujours le cas (c'est tout à fait normal, après tout), même pour le tome 35, sorti récemment, et le premier n'ayant pas été fait par Uderzo. Cet album sort en 1980, et sera un gros succès. Une histoire qui n'est pas sans rappeler le Mur de Berlin : un village gaulois (pas le fameux village, mais un autre) avec un grand fossé au centre, le coupant en deux. Chaque partie du village a son propre chef, et refuse de reconnaître le pouvoir de chef de l'autre, il y à des bagarres récurrentes, c'est la belle ambiance de merde... Surtout que Comix, le fils d'un des deux chefs, est amoureux de la fille de l'autre chef (ça fait très Roméo Et Juliette, hein ?). Il faudrait un tiers neutre pour les départager, les aider à se ressouder, surtout que les Romains veulent prendre le contrôle du village... Seul regret d'Uderzo, avoir dessiné Comix comme un héros de comics, justement, ça fait caricatural. Sinon, un opus très correct, un des meilleurs de ceux faits par Uderzo seul. Note : 15/20.

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L'Odyssée D'Astérix (1981) : Voyage en Palestine, afin d'aller chercher de l'huile de roche (en fait, c'est du pétrole, mais il ne s'appelait pas ainsi à l'époque, pas pour l'album) pour la potion de Panoramix (il lui manque décidément toujours quelque chose...). De nombreuses caricatures : Sean Connery dans le rôle d'un Gaulois agent double pour les Romains, Zérozérosix (accompagné d'une mouche espion, un mouchard quoi !), mais aussi Jean Gabin dans le rôle d'un Romain, Bernard Blier dans le rôle d'un autre (excellentes caricatures)... Uderzo dira un jour au sujet de cet album qu'une personne de religion juive lui dira c'est un album qui aurait pu être fait par un Juif, ce qu'il prendra pour un grand compliment, vu le sujet de l'album, le lieu de son action, et le fait que Goscinny était de religion juive ! Un très bon opus. Note : 15/20.

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Le Fils D'Astérix (1983) : Un des albums que je n'aime pas du tout (ils sont au nombre de quatre, tous datent d'après la mort de Goscinny), allez savoir pourquoi... En fait, si, c'est facile de savoir pourquoi : j'ai toujours trouvé cet album tarte, faiblard, tout simplement ! Un bébé blondinet, romain (le fils de César et de Cleopâtre, Césarion), est découvert dans  le village, devant la maison d'Astérix. Qui va, dès lors, forcément, s'en occuper, bien malgré lui, en attendant de retrouver ses parents et de leur remettre le bambin. Les Romains sont à ses trousses, menés par Brutus, le fils de César... Un opus qui n'a qu'un seul intérêt, transformer Brutus, jusque là assez con mais inoffensif quand il apparaissait, en méchant limite angoissant. Sinon, c'est vraiment banal, même mauvais... Note : 04/20

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Astérix Chez Rahazade (1987) : Nettement meilleur. Goscinny et Uderzo avaient toujours dit dommage qu'on ait pas fait manger du caviar aux Gaulois plutôt que du sanglier, on en mangerait, nous, tous les jours !, car il faut savoir que souvent, dans des réceptions, on faisait manger du sanglier aux auteurs, en allusion à leur série, et à force... Comme s'il s'en rappelait, Uderzo fait emmener ses héros, par l'intermédiaire d'un tapis volant, jusqu'en Inde, pays notamment du caviar, afin de sauver une princesse et son peuple. Uderzo envisageait au départ un voyage jusqu'en Chine, mais renoncera, le voyage aurait été trop long, déjà que jusqu'en Inde, c'est assez long (le plus long voyage d'Astérix, je crois) ! Un très bon album dans lequel Assurancetourix a, et c'est rare, un rôle important. Je l'aime beaucoup ! Sans tuer le suspense quant au reste de l'article, c'est sans doute le meilleur des albums faits par Uderzo seul, et son dernier grand album, donc.  Note : 16/20.

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La Rose Et Le Glaive (1991) : Que je l'ai détesté, cet opus, qui fait la part belle au féminisme (Maestria, une bardesse féministe, déboule au village et met tout sens dessus dessous, les femmes au pouvoir, etc... Ce ne sera pas du goût des hommes, qui vont pourtant se laisser marcher dessus) ! Le personnage de Maestria est assez énervant, si ce n'est pire, et ce n'est pas faire preuve de phallocratie que de le dire. Chose rare, Astérix lui en colle une dans la face, unique fois (et il en est d'ailleurs, après, tout choqué lui-même) qu'il frappe une femme. Uderzo avait à la base fait une autre couverture pour l'album, qui sera jugée trop violente: un glaive sur le point de tomber sur un Astérix apeuré, tentant de protéger un Obélix stoïque et sûr de lui. Une couverture, il est vrai, assez agressive et marquante, remplacée in extremis donc par celle-ci, montrant Obélix se moquant d'un Astérix confus de se faire prendre dans les bras de Maestria, comme s'il était un enfant... Pour en revenir à l'album, je ne l'aime pas, et ce n'est pas parce que c'est un album féministe, d'ailleurs.  Note : 06/20.

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La Galère D'Obélix (1996) : J'ai adoré l'album à la première lecture, nettement moins aux suivantes, mais au final, La Galère D'Obélix est tout de même pas mal. Obélix, victime d'un sort, est retombé en enfance (littéralement : il est redevenu enfant). Panoramix sent que la solution, afin de faire revenir Obélix tel qu'il était (et avec sa force légendaire), est d'entreprendre un long voyage jusqu'à une terre lointaine, qui n'est autre que la légendaire Atlantide... Caricatures (Kirk Douglas dans un esclave grec révolté, Spartakis ; Jacques Roulland), humour, tout y est, mais l'album met un peu de temps à décoller, et est, au final, un peu mineur, secondaire. Pas mauvais, cependant. Note : 13/20.

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Astérix Et Latraviata (2001) : Une belle déception, je me souviens d'ailleurs des critiques presse de l'époque, qui n'étaient pas tendres, et il y avait de quoi... Rien que pour ça, j'ai mis du temps à l'acheter, je ne voulais pas prendre le risque d'être déçu, et j'ai mis 4 ans avant de le prendre, en même temps que le 33ème tome, qui est largement pire. Mais Astérix Et Latraviata n'est quand même pas terrible, cette histoire d'actrice romaine prenant le rôle de Falbala pour semer la pagaille dans le village est vraiment plate... A noter, de bons gags de ci de là (César décernant un Moi d'or...), et la présence des parents d'Astérix et Obélix, qui ne furent pas crées pour l'album mais pour une petite histoire datant d'avant lui. A noter, aussi, à deux reprises (et toujours de la bouche de Romains), un peu de grossièreté atténuée ("Fils de..." ou "salopards"), ce qui, dans un album d'Astérix, choque un peu ; il n'y à jamais eu besoin de faire dans la grossièreté autrefois dans la série (et dans d'autres comme Tintin), pourquoi commencer ? Parce que les temps changent, comme le chante Dylan ? Note : 11/20.

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Astérix Et La Rentrée Gauloise (2003) : Cet album est à part : il offre plein de petites histoires essentiellement parues dans Pilote autrefois, scénarisées par le regretté Goscinny (on y trouve aussi quelques inédits faits après la mort du scénariste). Officiellement, il est entré dans la série en 2003 en tant que tome 32, mais je le possède dans une ancienne édition qui, dans les années 90 (à peu près au moment de la parution de La Rose Et Le Glaive), avait été commercialisée dans un packaging le proposant avec une VHS d'un des dessins animés de la série (pour ma part, je l'ai eu avec Astérix Et Le Coup Du Menhir, mais les autres titres étaient proposés aussi, au choix). La couverture était similaire, il y avait juste moins d'histoires (celles signées du tandem, pas les plus récentes, évidemment, comme celle avec le coq). C'est très amusant dans l'ensemble, j'aime bien celle du descendant breton d'Obélix, et celle donnant son nom à l'album. Après, ce n'est pas grandiose, mais un fan devrait apprécier ! Faudrait que je me le rachète dans sa version 2003, que je n'ai que lue en bibliothèque... Note : 13/20.

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Le Ciel Lui Tombe Sur La Tête (2005) : Que dire qui n'a déjà été dit, au moment de la sortie de l'album et les années suivantes ? C'est tout simplement... merdique. Uderzo touche le fond du fond avec ce tome N°33, dont la seule bonne idée est la couverture (une relecture de celle du premier album), et il paraît qu'Uderzo ne s'était pas rendu compte, en faisant cette couverture, qu'elle reprenait celle du tome 1 ! Sinon, cette aventure faisant intervenir d'étranges extra-terrestres au look de superhéros de comics U.S., de Mickey ou de je-ne-sais-quoi est un vrai carnage. Uderzo aurait voulu couler la série qu'il ne s'y serait pas pris autrement, et on ne s'étonnera pas, donc, de la faible (pléonasme !) réputation de cet album dans le coeur des fans. Si je n'avais pas été fan, il y à longtemps qu'il aurait fini à la poubelle. Note : 00/20.

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L'Anniversaire D'Astérix Et Obélix - Le Livre D'Or (2009) : Comme pour faire oublier le ratage intégral du tome précédent, Uderzo, pour célébrer les 50 ans de sa création partagée avec le regretté Goscinny, publie cet album de petites histoires reliées entre elles, album assez amusant, sympathique, mais très bordélique (littéralement : ça part dans tous les sens, entre pastiches de tableaux, allusions diverses, pastiche du Guide du Routard, etc). A réserver aux fans ultras, cet album est un peu à part dans la série, comme l'était le tome 32. Note : 12/20.

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Astérix Chez Les Pictes (2013) : Historique, comme il a déjà été dit à son sujet, et pour quelle raison : c'est le premier Astérix conçu par d'autres que le tandem Goscinny/Uderzo, ou par Uderzo seul ! En l'occurrence, Jean-Yves Ferri pour le scénario, et Didier Conrad pour les dessins. Uderzo a bien fait de passer la main, il se faisait vieux, et vu le niveau des derniers opus et la lenteur (dûe à l'âge et à des soucis dans la main depuis des années) des derniers opus... Ici, le scénario est très bon, rempli d'allusions et de calembours que n'aurait pas reniés Goscinny, et les dessins, très proches de ceux d'Uderzo (trop, sans doute, mais il ne fallait pas déstabiliser les fans), sont sublimes. On voyage jusqu'en Calédonie (ancienne Ecosse), faire la rencontre de cette tribu celte qui y vivait à l'époque, les Pictes. Un excellent album, un vrai petit miracle, qui fait oublier les précédents et s'impose même comme le meilleur tome depuis, allez, Astérix Chez Les Belges (le dernier avec Goscinny) ! Note : 17/20.


26 octobre 2013

"Astérix, Tome 35 : Astérix Chez Les Pictes" - Jean-Yves Ferri & Didier Conrad

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Editeur : Les Editions Albert René

Nombre de pages : 45

L'annonce, l'an dernier (il y à un petit peu plus d'un an, en fait, du moins je crois), de la retraite artistique d'Albert Uderzo, et de la reprise de la fameuse série Astérix par d'autres auteurs, a mis le monde de la BD en émoi : fin d'une ère, Uderzo raccroche les gants, bla bla bla... Plus tout jeune (il a quand même 86 ans !), parvenant difficilement à dessiner désormais en raison de problèmes à la main, de tremblements et de l'âge, et quelque peu freiné par l'insuccès critique du dernier tome de la série (Le Ciel Lui Tombe Sur La Tête, 33ème tome, un vrai ratage, sorti en 2005 ; par la suite, un tome 34, L'Anniversaire D'Astérix Et Obélix : Le Livre D'Or, sera publié en 2009 pour fêter les 50 ans de la série, et est constitué essentiellement de petites histoires) qui fut cependant un carton de librairie comme tout Astérix qui se respecte, Albert Uderzo a donc décidé de laisser la main. Sorti très récemment (jeudi 24 octobre dernier, simultanément en plusieurs versions, dans plusieurs pays), le nouveau tome, N°35, d'Astérix, est donc un album historique : c'est le tout premier à avoir été fait par d'autres auteurs que les auteurs d'origine qui étaient, je le rappelle, le scénariste René Goscinny (mort en 1977) et, donc, le dessinateur Albert Uderzo (qui, depuis 1980, faisait aussi les scénarii des albums). Uderzo a aidé à la conception de la pochette (il a dessiné Obélix sur la couverture, le reste est du nouveau dessinateur, ce qui explique les deux crédits de dessins), et a bien entendu supervisé, avec Anne Goscinny (fille de René), la conception du scénario et des dessins, donnant des conseils de ci de là (mais, généralement, n'intervenant pas trop). Les nouveaux auteurs sont Didier Conrad pour les dessins, et Jean-Yves Ferri pour le scénario. Ce 35ème tome s'intitule Astérix Chez Les Pictes, et dire qu'il était attendu est un bel euphémisme.

On le sait, Astérix a souvent voyagé, généralement un album sur deux. Rome, la Bretagne (c'est à dire l'Angleterre actuelle, qui s'appelait Bretagne à l'époque), l'Helvétie, l'Hispanie, Le Nouveau Monde, le Pays Goth (l'Allemagne, donc), l'Inde, L'Egypte, la Palestine, la Belgique, la Grèce, même l'Atlantide (La Galère D'Obélix) ! Uderzo et Goscinny voulaient un jour faire voyager Astérix jusqu'en Chine, mais renoncèrent, se rendant compte que ça ferait un trop long voyage pour un album (vu le mode de transport des héros à pied ou en char...). Ca ne se fera sans doute jamais, mais en attendant, les nouveaux auteurs ont décidé d'envoyer nos deux héros dans un pays qu'ils ne connaissaient pas encore, la Calédonie, c'est à dire l'Ecosse actuelle, un pays qui, à l'époque celte et antique, était habité par des tribus celtes barbares, les Pictes.

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Un de ces Pictes, un certain Mac Oloch ('ma coloc'...), est découvert, emprisonné dans une gigantesque bulle de glace, près du village gaulois, un jour d'hiver (de la neige partout). Dégelé, il revient à lui, aphone (une potion de Panoramix va lui rendre sa voix), et est plus que désireux de revenir chez lui, afin de retrouver Camomilla, sa promise, qui lui a été ravie par le chef d'un clan adverse, Mac Abbeh. Bien entendu, Astérix et Obélix partent avec lui pour l'escorter et l'aider dans ses démarches. Idéfix, lui, reste bien sagement au village (il est, comme toujours, trop petit pour une telle expédition, ce qui ne l'a jamais empêché de partie en loucedé, bien souvent, mais pas ici) !

Humour à foison, dessins vraiment remarquables, personnages amusants (le plaisir de retrouver les personnages mythiques du village est total, celui d'en découvrir d'autres aussi), allusions cocasses (Monstre du Loch Ness, Mur d'Hadrien...), jeux de mots en pagaille, ce 35ème tome ne fait absolument pas honte aux précédents, et est même sans aucun doute le meilleur depuis le dernier tome publié par les deux auteurs d'origine (c'est à dire Astérix Chez Les Belges, paru en 1979, scénarisé par Goscinny, qui est cependant mort avant de l'avoir vu naître, deux ans avant), meilleur en tout cas que ceux faits par Uderzo seul (sans vouloir le dénigrer, il a fait du bon boulot en général, et il a surtout fait ce qu'il pouvait, mais entre Le Fils D'Astérix, La Rose Et Le Glaive, Astérix Et Latraviata et Le Ciel Lui Tombe Sur La Tête qui ne valent pas grand chose, soit 4 tomes sur les 8 qu'il a faits seul, c'est assez moyen comme bilan). Ferri a réussi à retrouver le sens du calembour goscinnyien (niveau jeux de mots sur les noms des personnages, il s'en est donné à coeur joie ! Mac Keul, Mac Aye, Mac Abbeh, Mac Oloch, Mac II...), et Conrad dessine très bien, le style est très proche de celui d'Uderzo (on sent des différences, mais il faut connaître son Uderzo par coeur pour ça ; au premier abord, on ne se rend pas vraiment compte que ce n'est pas le même dessinateur que d'habitude), il y à encore un peu de marge pour une amélioration dans les décors, mais je chipote vraiment en disant cela. Dans l'ensemble, Astérix Chez Les Pictes est une réussite, ça fait vraiment du bien de lire un album aussi bon ! Un régal, en fait !

29 septembre 2013

"Une Histoire D'Hommes" - Zep

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Editeur : Rue De Sèvres

Nombre de pages : 62

Après une bonne douzaine (13, en fait !) d'albums de son fameux personnage de Titeuf le sale gosse à la banane blonde, et après quelques albums à part tels Happy Rock (plus des H-S de Titeuf comme Le Guide Du Zizi Sexuel), Zep passe a la vitesse supérieure avec un album sorti très récemment (en septembre dernier, ce mois-ci, donc, pour encore quelques jours) et qui, je n'en doute pas, sera un jour considéré comme sa meilleure oeuvre...à moins que le Suisse ne parvienne à surpasser ces 62 pages, évidemment. Cet album est une sorte de roman graphique plus qu'un simple album de bande dessinée, et il est avant tout destiné aux adultes (et pas seulement parce qu'il y à deux courtes séquences de nudité dedans), même si un adolescent peut le lire sans problème. C'est un album assez triste, une oeuvre de matûrité, qui peut faire penser au film Mes Meilleurs Copains de Jean-Marie Poiré, dans un sens. Cet album, paru aux éditions Rue De Sèvre, s'appelle Une Histoire D'Hommes. On y sent toute l'attirance de Zep (de son vrai nom Philippe Chappuis) pour le rock.

Il y à vingt ans, Tricky Fingers était un jeune groupe de rock français très prometteur, mené par le chanteur Sandro Moon et son frangin guitariste Yvan. Malheureusement, alors que le groupe devait passer à la BBC, ce qui aurait fortement contribué à booster encore plus leur carrière, leur batteur, défoncé, s'en prend à un des pontes de la chaîne britannique, stoppant là leur envolée. Le groupe se sépare, seul Sandro continue dans la musique, et 20 ans plus tard, alors que ses anciens complices (dont son très effacé frère) ont coupé les ponts avec le rock, ayant plus ou moins réussi dans la vie, Sandro Moon est une star internationale, vivant dans une sublime baraque en Angleterre. Ses amis et son frère sont invités par Sandro pour un week-end, afin de se retrouver, de repenser au bon vieux temps. Des choses depuis longtemps enfouies vont alors refaire surface, se mélangeant avec une actualité plus douloureuse (quelques années auparavant, Sandro et sa femme, une ex d'Yvan, ont perdu, dans un accident, leur enfant, qui était alors ado)...

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Les dessins, en teintes assez claires (pastel) et aux bords éclaircis (pas vraiment de cadre, c'est dans le plus pur style Zeppien, il faut le dire), sont franchement sublimes, mais ce qui marque le plus, dans Une Histoire D'Hommes, c'est l'histoire. Parfois drôle, parfois déchirant, remplie d'allusions et de références (difficile de ne pas penser aux frangins Gallagher, leaders d'Oasis, en pensant à Sandro et Yvan, difficile aussi de ne pas penser au batteur de Noir Désir, Denis Barthe, en voyant le look du batteur de Tricky Fingers, groupe dont le nom est une allusion évidente aux Rolling Stones et à un ancien membre du groupe de trip-hop Massive Attack), une histoire d'amitié, avec tout ce que ça implique (petites - ou grosses - trahisons, déceptions, réconciliations,secrets enfouis et qui, pour certains, gagneraient à le rester - et pour d'autres, à éclater comme des bulles...). Les personnages sont bien foutus, l'histoire est touchante, les dessins, superbes (dans le style Zep ; ne cherchez pas une modification de style graphique ici). Le seul regret : ça ne fait que 62 pages, autrement dit, comme toute BD qui se respecte, ça se lit vite, très vite, trop vite... J'aurais bien aimé qu'il soit plus épais, disons, 100 ou 120 pages, cet album... Mis à part ça, c'est tout simplement génial.

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15 septembre 2013

Johan & Pirlouit : la série

Johan-et-Pirlouit

Place maintenant à une série de BD assez culte, mais dont aucun album n'a, à ce jour, été abordé sur le blog (je rattrappera sans doute cette erreur par la suite), jusqu'à cet article, donc, qui la résume album par album (avec note objective en complément) : Johan & Pirlouit, du dessinateur/scénariste belge Pierre Culliford, alias Peyo, mort en 1992, et que l'on ne présente plus (Les Schtroumpfs, c'est lui, comme chacun le sait) ! Voici donc un rapide résumé des 17 albums de la série (dont 4 faits après la mort de Peyo, par d'autres auteurs ; au fait, les dates indiquées sont celles de la première publication en album, et non pas de la prépublication dans Spirou Magazine) :

01Le Châtiment De Basenhau (1954) : Malgré des dessins un peu trop grossiers (et encore, je chipote ; ils sont, en fait, moins fins que par la suite), ce premier album est on ne peut plus prometteur : humour très présent, dessins excellents, scénario efficace, personnages d'emblée marquants (Johan le jeune page du Roi ; le Roi, justement ; le tristement célèbre Basenhau, un noble colérique et avide de pouvoir...). A Noter que Pirlouit brille ici, et dans le tome suivant, par son absence, ce qui est logique, il n'existait pas encore (il faudra attendre le tome 3) ! Pour résumer, cet album est, sans être le sommet de la série, un très bon coup d'essai, l'ambiance est très réussie et sympathique (dans le genre "ambiance médiévale à l'ancienne" avec moult oriflammes et tenues hautes en couleurs, avec plein de batailles et de joutes, sans rechercher la pure vérité historique mais en utilisant bien les clichés du genre, c'est parfait), similaire à celle que l'on retrouvait dans les films d'époque qui se passaient au Moyen-Âge (style Les Aventures De Robin Des Bois avec Erroll Flynn). Note : 15/20.

02Le Maître De Roucybeuf (1954) : Une deuxième aventure qui apporte une amélioration certaine dans le graphisme ; sans parler du personnage de Johan, qui semble avoir légèrement mûri (dans le précédent tome, il est clairement adolescent, ici, il semble un poil plus âgé, tout en étant très jeune : il passe, en gros, de 14 à 17 ans). Une histoire qui utilise à fond le principe cher aux romans policiers : qui a commis le crime ? On se demande tout du long qui est le fameux Maître de Roucybeuf, cagoulé comme il se doit. Scénario efficace, dessins réussis, encore une fois une ambiance parfaite (et un titre d'album réussi, une constante dans la série ; les titres des albums seront très souvent, quasiment toujours, en fait, très évocateurs et réussis)... La seule chose qui manque, ici (sauf pour les lecteurs ayant découvert cet album à l'époque), c'est Pirlouit, qui n'existait pas encore ! Patience, ça sera dans le tome suivant, et dès lors, il ne quittera plus Johan ! Sinon, cet album marque la première apparition de la sorcière Rachel, qui, donc, reviendra par la suite de temps à autre. Note : 16/20.

03Le Lutin Du Bois Aux Roches (1956) : Un des albums les plus mythiques de la série (il a connu une autre couverture que celle-ci, très similaire, mais avec un style graphique un peu plus ancien, et sans la précision Johan & Pirlouit dessus), et pour cause : il fait intervenir pour la première fois un personnage que Peyo n'envisageait pas, au départ, de réutiliser par la suite, mais qu'il transformera en co-héros de la série quand il se rendra compte qu'il était très populaire parmi les lecteurs : Pirlouit. Petit personnage (un lutin, selon l'album) blond au bonnet rouge et à la veste verte, toujours accompagné de sa chèvre noire Biquette, aimant la boustifaille et la bagarre, aimant, aussi, faire des farces et chanter et jouer (dans les deux cas, très mal !) de la musique, Pirlouit est au centre de cet album dans lequel il sème une petite panique dans les environs du Bois Aux Roches (on apprend qu'une sorte de créature joue des tours à ceux qui se promènent dans le coin, et pousse des cris assez étranges - Piiiirlouiiiiiit !!! -, et Johan décide d'en avoir le coeur net). Un album majeur, qui apporte encore une fois une amélioration dans les dessins. Le duo de la série est crée, la série, pour certains, démarre réellement... Note : 20/20.

04La Pierre De Lune (1956) : Dans le tome 2 de l'intégrale (qui propose trois ou quatre albums par tome, il y à 5 tomes en tout), il est dit, au sujet de cet album, qu'il est considéré comme étant un pur modèle de construction scénaristique ; pas par Peyo, ni par un de ses collègues et amis dessinateurs, ni par un biographe de Peyo, ni par l'auteur des textes situés en avant-propos des tomes de l'intégrale, mais par...Pierre Arditi, l'acteur (lequel est apparemment un grand amateur de BD) ! Et en effet, cet album est une pure petite merveille d'horlogerie. Et le premier dans lequel apparaît un futur personnage récurrent, le mage Homnibus (qui n'est pas des plus attachants au premier abord, d'ailleurs). Encore une fois une intrigue efficace, avec un méchant anthologique, et d'excellents dessins. Pirlouit devient donc, à partir de ce tome 4, un personnage récurrent, et même plus : cet album est le premier estampillé au nom de Johan & Pirlouit, et non pas Johan tout court. Note : 20/20.

05Le Serment Des Vikings (1957) : Afin de rechercher un petit garçon (d'une dizaine d'années) enlevé par une horde de Vikings, Johan et Pirlouit embarquent sur le drakkar d'une autre horde de Vikings, pour gagner leurs terres et récupérer le garçon, fils d'un pauvre pêcheur des environs... Ils vont découvrir en cours de route que : a) tout n'est pas aussi simple dans cette histoire de rapt d'enfant, qui entremêle aussi une histoire de rivalité entre clans, et b) que Pirlouit est violemment sujet au mal de mer ! Une histoire très réussie, des dessins sublimes, beaucoup d'humour (Pirlouit malade comme un chien, sauf quand la mer est méchamment démontée, ce qui, curieusement, ne lui fait rien, contrairement aux autres !), de l'action, du suspense, une intrigue réussie... Sans être aussi quintessentiel que les deux précédents, cet album est vraiment excellent ! Note : 17/20.

06La Source Des Dieux (1957) : Le début de l'album laisse penser qu'il s'agit d'une suite directe du Serment Des Vikings : le tome précédent montrait Johan et Pirlouit loin de chez eux, prêts à embarquer pour, justement, rentrer au bercail, et au début de ce nouvel album, ils embarquent à bord d'un bateau...qui fait naufrage. Johan et Pirlouit se réveillent dans un pays inconnu, dont les habitants sont étonnamment mous (et se surnomment les Mollassons). Ils sont asservis par un seigneur cruel, Gracauchon, et auraient besoin, pour retrouver leur force, de boire de l'eau d'une source magique, la Source des Dieux. Avec l'aide de cette eau, ils reprendraient du poil de la bête et pourraient chasser Gracauchon et reprendre le contrôle de leurs vies et de leurs terres. Mais le voyage est long, et ils sont si mous et lents... Johan se propose (contre l'avis de Pirlouit le pantouflard !) de les aider, et le duo part en quête de la Source des Dieux... Un excellent opus, il faut le reconnaître, meilleur encore (mais dans un autre style) que le précédent, ce qui ne m'empêche pas de lui donner la même note. A lire si vous aimez la série, et les BD en général (ce conseil, je le donne aussi en ce qui concerne les précédents tomes et les suivants, d'ailleurs !). Note : 17/20.

07La Flêche Noire (1959) : Je vais rester relatif, mais il faut reconnaître que cet album est une légère déception par rapport aux précédents et aux suivants ; ce qui ne l'empêche pas d'être vraiment plus que correct, très drôle, dessins magnifiques (Peyo savait superbement bien dessiner des châteaux, notamment), et dans l'ensemble nettement supérieur aux quatre albums qui seront faits après la mort de Peyo (tomes 14 à 17), ce qui vous donne ici un petit avant-goût de ce que vous lirez sur ces quatre tomes plus bas dans l'article ! Ici, une histoire de brigands de grand chemin qui sèment la panique. Johan et Pirlouit découvrent qu'un signal lancé aux brigands (une flèche noire) est lancé chaque nuit d'agression des fenêtres du château du Roi, signe forcément qu'un traître est dans le château, le tout est de découvrir qui. Très bon album dans l'ensemble. Note : 15/20.

08Le Sire De Montrésor (1960) : Dans cette aventure très drôle, Pirlouit est bien malgré lui (mais il ne s'en plaint pas trop...) pris pour le sire de Montrésor (à qui il ressemble assez, hormis la taille). Une situation qui n'aura pas que des avantages, compte tenu qu'une sordide machination va s'ourdir pour chasser le "sire" de son trône. Johan va tout faire pour sauver son ami, qui s'est entre temps trouvé un ami supplémentaire : Romulus, un faucon végétarien et un peu débile... Une histoire remarquable, drôlissime, qui compte probablement parmi les meilleures de la série. C'est dommage que Romulus n'ait pas été utilisé dans les aventures suivantes de la série ! Note : 18/20.

09La Flûte A Six Schtroumpfs (1960) : On va le dire clairement : cet album marque une date. C'est en effet dans cet album (ui, à la base, s'appelait La Flûte A Six Trous, et sera adapté en dessin animé de long-métrage dans les années 70) qu'apparaissent les Schtroumpfs pour la toute première fois, Peyo les a crées pour cet album, et le succès qu'ils remporteront l'encouragera à les réutiliser pour d'autres albums de Johan & Pirlouit, mais aussi et surtout à créer une série de BD qui leur sera entièrement consacrée (le succès grandissant de cette série entraînera une baisse, en terme de nombre d'albums, pour Johan & Pirlouit, qui furent pourtant les personnages préférés parmi tous ceux que Peyo à crées) ! Cet album est aussi le premier à atteindre 62 pages (les précédents en faisaient 45). Humour, suspense, tout est réuni pour faire de cet album une totale réussite, un chef d'oeuvre dans le genre. La note est donc peu surprenante. A noter, le retour de l'enchanteur Homnibus.  Note : 20/20.

10La Guerre Des 7 Fontaines (1961) : Encore une fois, soyons clairs : cet album est encore un chef d'oeuvre absolu (dans lequel réapparaît la sorcière Rachel, présente dans le tome 2, et découvrant ici Pirlouit pour la première fois ; un gag remarquable concerne un 'vin merveilleux', rendant toute personne l'ayant bu totalement hilare), un des sommets absolus de la série et de l'oeuvre entière de Peyo. Ah mais ! Une histoire magnifique sur un château, surplombant sept fontaines depuis longtemps taries, suite à la méprise de l'ancien châtelain, qui, autrefois, demanda à une sorcière de changer l'eau des sept sources en vin ; se rendant compte de son erreur (tout le monde était sous l'emprise de l'alcool et se battait), il exigea qu'elle remette de l'eau, mais, enragée contre lui, tarit tout simplement les sources. A sa mort, le châtelain revint en fantôme, jusqu'à ce qu'un de ses descendants reprenne le contrôle du château, et que les sept sources soient à nouveau en état. En entendant cette histoire de la bouche même du fantôme, dans le château en ruine, Johan et Pirlouit vont tout faire pour l'aider à trouver la paix de l'âme... Mais de nombreux descendants du châtelain vont arriver, avec chacun l'intention de prendre le château. Qui est le descendant légitime ? Dessins magnifiques, scénario parfait, cet album (dans lequel reviennent les Schtroumpfs) est un chef d'oeuvre. Point barre. Note : 20/20.

11L'Anneau Des Castellac (1962) : Une histoire d'enlèvement, encore une, avec à la clé une histoire de pouvoir, encore une. Le sire de Castellac fut enlevé par un sinistre et cruel ennemi, mais parvint à s'échapper, afin de regagner son fief. Il ne se doute pas qu'au sein même de ses hommes de mains se cache celui qui a causé sa perte. Johan et Pirlouit, ayant par hasard croisé la route du sire (qui leur a remis un anneau, la preuve qu'il est bien le sire de Castellac, et sans lequel il ne peut règner), vont tout faire pour lui sauver la mise. Même s'il faut, pour cela, se rendre chez l'ennemi, afin de déjouer ses plans... Une histoire très sympathique (dans laquelle Pirlouit invente une curieuse recette de brouet d'épices, destiné à tellement donner envie de boire au méchant qu'il se saoûlerait de vin pour apaiser sa gorge...), pas le meilleur album de la série, et il fait surtout un petit peu pâle figure après les deux précédents opus, mais c'est tout de même du très bon travail. Note : 16/20.

12Le Pays Maudit (1964) : On retrouve les Schtroumpfs dans cet album dont l'action se situe en partie au Pays Maudit (comme le titre l'indique), qui est le lieu de résidence de ce petit peuple bleu, loin, très loin de toute terre habitée par les Hommes. Un Schtroumpf vient demander de l'aide à Johan et Pirlouit : un Schtroumpf qui schtroumpfe du schtroumpf serait en train de totalement ravager leurs terres. Sans vraiment savoir de quoi le Schtroumpf veut parler, le duo prend la route (qui est longue et périlleuse !), en compagnie de leur Roi (qui, s'ennuyant, décide de partir avec eux pour se changer les idées) vers le Pays Maudit... A noter que le méchant de l'histoire, Monulf, sera source de polémique à cause de son aspect (nez crochu, cheveux crépus) et d'une bulle de texte remplie d'insultes dessinées, dont une en caractère hébreu. De là à ce que Peyo fut accusé d'antisémitisme, il n'y à pas eu loin à chercher, ce qui, franchement, est idiot. Mais ça a fait polémique à l'époque, au grand dam de l'auteur ! Sinon, un remarquable album. Note : 19/20.

13Le Sortilège De Maltrochu (1970) : Un album qui connaîtra un étrange destin : il sera publié, en 1968, dans Spirou, puis, arrivé au centre de l'intrigue, Peyo indiquera 'fin de la première partie' et il faudra attendre un an pour qu'il en reprenne la suite ! La mention 'fin de la première partie' est absente de l'album. Un album, sinon, remarquable, dans lequel reviennent les Schtroumpfs et Homnibus (qui apparaissait aussi, au fait, dans le précédent tome), et qui raconte une terrible histoire de sortilège lancé par un cruel seigneur, Maltrochu, sur un jeune homme, qu'il a transformé en chien parlant ; et tout ça, afin qu'il n'épouse pas sa promise, que Maltrochu envisage d'épouser ! Cet album sera le dernier dessiné et écrit par Peyo, qui se consacrera à ses petits bonshommes bleus par la suite. Au grand dam des fans de cette série médiévale vraiment marquante, et dont ce tome 13 est le dernier chef d'oeuvre, par ailleurs. Note : 19/20.

14La Horde Du Corbeau (1994) : Peu de temps après avoir cédé les droits de ses oeuvres aux éditions du Lombard (qui, dès lors, les publieront ; Peyo était, autrefois, édité par Dupuis), Peyo meurt, en 1992, plus précisément le soir de Noël (un bien triste cadeau, n'est-ce pas, pour ses fans ?). Les séries qu'il a créées ne s'arrêteront pas là, heureusement, grâce notamment au fils de Peyo, Thierry Culliford. En 1994, le dessinateur Alain Maury et le scénariste Yvan Delporte (ami de longue date de Peyo, Franquin..., membre éminent de la maison Dupuis/Spirou), avec l'aide de Thierry Culliford, reprennent la barre de la série, avec cet album, le 14ème. Le sujet ? Des hordes de barbares à la Attila envahissent le royaume... Dessins très proches de ceux de Peyo (mais tout de même un poil différents, juste assez pour qu'on puisse vraiment distinguer que ce n'est pas Peyo qui a fait l'album), scénario assez  sympathique... Pourtant, la sauce ne prend qu'à moitié. Enfin, c'est quand même pas mal, mais c'est le premier album de la série pour lequel j'ai vraiment eu du mal à l'apprécier. Note : 13/20.

15Les Troubadours De Roc-A-Pic (1995) : Un jeune homme, héritier d'un fief, est constamment suivi par une horde de brigands chargés, par son père, de le provoquer en permanence ; le jeune homme ayant en effet une forte tendance à s'emporter et à se bagarrer, et doit, pour gagner le droit de règner un jour, apprendre à se maîtriser... Parallèlement, Pirlouit ne cesse d'acheter, à une bande de troubadours, un instrument de musique (qu'il ne cesse de casser malgré lui)... Partant de ce postulat de base assez mince, on a affaire ici à un album remarquablement bien dessiné (Alain Maury reconnaît qu'il a forcé le trait, en rajoutant pas mal dans les détails, mais il s'est fait plaisir), mais très décevant d'un point de vue scénaristique. C'est drôle, mais on s'ennuie un peu... Enfin, le suivant sera encore moins bien ! Note : 12/20.

16La Nuit Des Sorciers (1998) : Clairement le moins bon des 17 opus de Johan & Pirlouit. Ca reste tout de même pas mal du tout (je l'ai déjà dit, rien dans la série n'est mauvais), mais cette histoire de sorcières pourchassées par un seigneur un peu sorcier lui-même (Ubiquitas) et devant (les sorcières) participer à un sabbat sur le Mont Chauve est assez médiocre quand même. D'excellents dessins, pas mal d'humour (notez les très amusants noms de lieux, comme la Falaise Toi-Faire, par exemple !), mais au final, c'est le moins réussi, et heureusement que l'album suivant (le dernier à ce jour) sera meilleur, parce que sinon... Note : 11/20.

17La Rose Des Sables (2001) : Dernier opus à ce jour, son action prend place en Arabie, ce qui occasionne à ce jour le plus long voyage jamais entrepris par Johan et Pirlouit. Une histoire de rançon à payer pour sauver un sultan, père d'une jeune femme autrefois aimée par un ami de longue date du Roi, quand celui-ci participa à une croisade... L'ami en question arrive au château afin de quémander de l'aide. Le Roi ne peut refuser, Johan et Pirlouit (Johan surtout...) aussi... De sublimes dessins, une intrigue assez réussie, pour un album qui, sans être aussi bon que les 13 premiers opus (ceux de Peyo, donc), est tout de même très bien foutu. La saga se finit donc plutôt bien, ce qui est miraculeux, vu le niveau un peu fadasse des trois précédents tomes ! Note : 14/20.

09 septembre 2013

"Elric 01 : Le Trône De Rubis" - Julien Blondel, Didier Poli, Robin Recht & Jean Bastide

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Editeur : Glénat

Nombre de pages : 48

Si vous êtes fan d'heroïc-fantasy, alors nul doute que vous connaissez, du moins de nom et de réputation à défaut d'avoir lu les romans, le personnage d'Elric de Melniboné, conçu par le Britannique Michael Moorcock (et dont tous les romans du cycle, neuf en tout, ont été abordés ici). Guerrier albinos et roi de son pays (Melniboné, un royaume cruel, décadent, et ayant péri), Elric est un anti-héros comme on en trouve peu, un être faible (physiquement parlant : il est chétif - de haute taille, mais fluet - et doit prendre des drogues, des médicaments, pour rester en forme), dont la puissance guerrière est toute entière contenue dans Stormbringer, l'épée noire qu'il possède (ou plutôt, c'est Stormbringer qui possède Elric !) et qui absorbe un peu plus de sa vitalité à chaque combat. Une série de romans (parfois il s'agit surtout de longues nouvelles embriquées les unes dans les autres pour former de courts romans, car les romans du cycle sont tous assez courts) remarquable, avec des classiques à la pelleteuse dedans, je pense aux livres Le Navigateur Sur Les Mers Du Destin, Elric Le Nécromancien, L'Epée Noire, Stormbringer (qui, pendant longtemps, sera le dernier opus, Moorcock en fera un neuvième, bien médiocre, par la suite)... Moorcock fut adapté en BD à plusieurs reprises.

Cette adaptation-ci, récente (mars 2013), premier tome qui sera suivi d'autres comme il est indiqué au dos (les titres des futurs tomes existent déjà, ainsi que le nombre de tomes du premier cycle, consacré à Melniboné : quatre !), est accompagné d'un texte de Moorcock en avant-propos, dans lequel l'auteur (qui fut auteur de chansons pour des groupes de rock comme Hawkwind, par ailleurs) avoue une chose qui, à mon avis, à bien fait plaisir au quatuor d'auteurs ayant fait l'album : il s'agit, selon lui, de la meilleure, de la plus belle, de la plus fidèle représentation graphique de son univers : personne, pas même Philippe Druillet (pour ne citer que lui) qui, pourtant, est talentueux, n'avait jusque là réussi à retranscrire à ce point le côté décadent, barbare, cruel, violent de l'univers imaginé par Moorcock. Ce premier tome s'appelle Elric 1 : Le Trône De Rubis, et est édité par Glénat. Ses auteurs sont au nombre de quatre, donc : Julien Blondel, Didier Poli, Robin Recht et Jean Bastide.

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L'action de cet album reprend l'histoire du tome 1, Elric Des Dragons, de la saga romanesque de Michael Moorcock. L'action se passe donc dans le cruel, violent, royaume de Melniboné, dirigé par Elric, héritier albinos. Le peuple de Melniboné est violent, décadent, et passeson temps à festoyer dans de grandes orgies où le sexe et le sang font bon ménage. Ils sont cannibales à l'occasion, n'hésitant pas à dévorer, collectivement, un traître à sa patrie où un ennemi capturé et méritant ce très glauque sort. Yrrkoon est un noble de Melniboné, et le frère de Cymoril, la compagne d'Elric (bref, c'est aussi le beau-frère d'Elric), et c'est un homme qui ne déroge pas à la tradition menlibonéenne de cruauté et de perfidité : il veut le trône de rubis, sur lequel Elric siège, et il est prêt à tout pour ça. Quitte à, au cours d'un assaut maritime contre des ennemis attaquant le royaume, entraîner Elric dans la mer, le faisant se noyer. Yrrkoon revient, et prend le pouvoir, mais c'est sans compter sur Elric, revenu du royaume des morts suite à un pacte, et bien décidé à reprendre ce qui lui est dû...

Je m'arrête là pour le résumé, ayant par ailleurs résumé une bonne moitié de l'album (48 pages en tout, c'est toujours très facile et rapide à résumer !). Elric 1 : Le Trône De Rubis est une réussite, Michael Moorcock a bien raison de le dire : l'adaptation est très bien foutue (il y à des raccourcis, évidemment, comme toute adaptation d'un roman en BD, mais c'est inévitable), les dessins sont sublimes, l'ambiance décadente et barbare est effectivement bien retranscrite (des scènes d'orgie et de barbarie - parfois dans la même image - qui marquent bien, graphiquement parlant, le genre de scènes qui, au cinéma, ne seraient pas montrables à moins que le film en question soit interdit aux moins de 16 ans), et le plaisir de redécouvrir, autrement, le mythique personnage d'Elric est total. Et si vous ne connaissez pas encore Elric, vous aurez sans doute envie d'en apprendre un peu plus sur lui une fois l'album achevé.Dans ce cas, sachez que les tomes (je parle, là, des romans, car en BD, il n'y à qu'un seul album pour le moment) sont tous disponibles chez Pocket, et qu'il existe, chez Omnibus, une intégrale des 9 tomes (imprimé sur du papier 'bible', très fin). Pour en revenir à la BD, un fan de BD, justement, et d'heroïc-fantasy, et d'Elric, devrait logiquement passer un bon moment ; pour ma part, je n'attend plus qu'une chose, le tome 2, qui devrait sortir courant 2014 si on se réfère au fait qu'il faut généralement un an pour faire un album de BD ! Bref, c'est très conseillé !

23 août 2013

Spirou & Fantasio : la série

 

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Après avoir abordé les Tintin d'Hergé, voici le tour des (plus nombreux : 53 tomes officiels à ce jour !) Spirou & Fantasio ! Même principe : un court avis, plus une note que j'essaierai de donner de la manière la plus objective possible (si un album me plaît énormément mais que je sais qu'il n'est pas si réussi que ça, la note sera moins bonne que mon opinion, et réciproquement). On commence ?

01Quatre Aventures De Spirou Et Fantasio (1950) : Dessins dans l'ensemble assez indigents (Franquin n'avait pas encore trouvé son style, normal), et scénarios (ou scénarii, pour utiliser le vrai pluriel) qui le sont tout autant. Ce premier tome de la série, comme son nom l'indique, offre quatre courtes aventures (15/20 pages par histoire environ, même si la première et la dernière sont plus longues que les deux du milieu), dans lesquelles, dans l'ordre, Spirou accepte de se battre à la boxe contre Poildur (une teigne qui terrorise tout le monde) ; Spirou et Fantasio récupèrent les plans d'un robot novateur des mains de bandits sans scrupules ; Spirou et Fantasio font de l'équitation avec un cheval pour le moins récalcitrant ; et enfin, Spirou et Fantasio voyagent jusqu'à une île au large de l'Afrique, peuplée de Pygmées. Sincèrement, cet album ne vaut pas grand chose, et encore, en disant ça, je me sens gentil. A réserver aux fans qui veulent tout posséder de la série officielle (qui, à l'heure actuelle, au moment de la rédaction de cet article, compte 53 tomes numérotés, plus des hors-séries et albums one-shot - faits par d'autres auteurs, et ne rentrant pas dans la série officielle, tout en ayant été reconnus). Ne pas commencer par cet album, et si vous n'êtes pas un grand fan, passez à côté, ça sera mieux. Note : 04/20.

02Il Y A Un Sorcier A Champignac (1950) : Comme il est indiqué sur la couverture, c'est la première longue histoire (tout l'album, soit 62 pages) de Spirou en album. Bien que moyennement dessiné (nettement moins bien que sur la couverture !), tout en étnt mieux dessiné que les tomes 1 et 3, cet album est essentiel ; il pose en effet quelques bases de la série, on y voit apparaître pour la première fois le village de Champignac-en-Cambrousse et ses habitants (le Maire volubile, Dupilon le poivrot...), sans oublier, évidemment, le Comte de Champignac. Le village, ses habitants et son Comte deviendront rapidement des personnages et lieux récurrents de la série. L'histoire est un peu basique (des faits étranges sepassent à Champignac, on pense qu'un sorcier s'y trouve, et on a tôt fait d'accuser un pauvre bohémien qui vit non loin dans sa roulotte), mais entre l'humour et des passages cultes, on ne prend pas le temps de s'ennuyer. Au final, s'il y à mieux niveau dessins et histoire, ce tome 2 est totalement recommandable pour un amateur de BD, notamment de BD belge, et notamment de Spirou ! Note : 16/20.

03Les Chapeaux Noirs Et 3 Autres Aventures (1951) : Comme son nom l'indique, on a affaire encore une fois (et pour la dernière fois, si on excepte le tome 38 ; vous verrez plus loin) à un regroupement, en un album, de quatre histoires courtes. Le style (Franquin a été aidé par Jijé, auteur de la série western Jerry Spring, pour certaines d'entre elles) est tout aussi moyen que pour le tome 1. Niveau scénario, c'est pas top non plus : la première histoire, qui donne son titre à l'album, est de loin la meilleure (Spirou et Fantasio partent aux USA découvrir le Far-West, et vont aller de déconvenues en déconvenues), les trois autres décoivent : une histoire de bandits qui veulent passer la frontière et doivent être arrêtés avant ; Spirou collé au plafond comme une mouche à cause d'un maléfice lancé par un mage ; Fantasio faisant du bateau-promenade sur la Côte (pas en tant que touriste), et pris malgré lui dans une histoire de trafiquants... C'est à peine (à peine !) plus appréciable que le tome 1. La note est doncà peine (à peine !) meilleure. Note : 05/20.

04Spirou Et Les Héritiers (1952) : Décidément, la série, au début, joue au yo-yo : un album médiocre, un album réussi, un autre médiocre... et celui-ci, le tome 4, est totalement réussi, malgré des dessins qui, tout en allant en s'améliorant (ils sont moins bons que sur les couvertures, je le précise), ne sont toujours pas parfaits (il faudra attendre le...tome 14 pour le que le style définitif de Franquin ne soit posé). Cet album est important : première apparition de Zantafio (le cousin de Fantasio, un être cupide, tricheur, vil, bref, un méchant), première apparition d'un pays fictif d'Amérique du Sud en proie à d'incessantes guerres civiles et révolutions, la Palombie, et première apparition du Marsupilami. L'histoire est simple, et en trois parties : Fantasio hérite, ainsi que son cousin. Le testament stipule que trois épreuves doivent être passées par les deux héritiers, et celui qui les réussira le mieux (et sans aide) gagnera l'héritage... Bien évidemment, on sent que Zantafio ne jouera pas franc jeu, contrairement à son gentil cousin Fantasio ! Au final, cet album est, malgré des dessins un peu simplistes (mais meilleurs que pour les trois premiers tomes) me faisant un peu baisserla note, le premier chef d'oeuvre de la série. Note : 19/20.

05Les Voleurs Du Marsupilami (1952) : Suite directe du précédent, même s'il peut se lire indépendamment tout de même (mais il démarre quelques heures après la fin de Spirou Et Les Héritiers). Après avoir remis le Marsupilami, comme il était stipulé dans le testament (voir le tome précédent), dans un zoo, Spirou et Fantasio se disent qu'il serait préférable de le remettre en liberté dans un milieu naturel, la jungle de Palombie. Ils pénètrent donc de nuit dans le zoo pour 'voler' l'animal, mais ils ne sont pas les seuls à avoir cette idée : un voleur mystérieux les devance, et le duo part donc à sa poursuite, afin de récupérer leur animal...  Gags à gogo pour cette aventure très réussie, même si elle l'est un petit peu moins que la précédente. Ce tome 5 est tout de même à lire, on prend beaucoup de plaisir à le feuilleter, c'est très drôle. Note : 16/20.

06La Corne De Rhinocéros (1952) : Un titre assez aguicheur (on se dit : ah ! on va voyager jusqu'en Afrique ! et en effet), mais au final quand même trompeur, ou plutôt, exagéré : il faudra attendre la toute fin (vers les dernières pages) de l'aventure pour comprendre où Franquin voulait en venir avec son titre et cette illustration de couverture. Sinon, une histoire un peu inégale et secondaire, enfin selon moi, mais qui recèle quand même de bons moments, et notamment la première apparition d'une jeune journaliste pot-de-colle au nom bien trouvé, Seccotine. L'histoire est simple : Spirou et Fantasio partent à la recherche des plans d'une voiture de course révolutionnaire, afin d'éviter que ces plans ne tombent en de mauvaises mains... Les dessins s'améliorent un peu, pas trop, mais un peu. De bons gags. Ca reste un petit peu secondaire ! Note : 14/20.

07Le Dictateur Et Le Champignon (1953) : Un album essentiel, qui montre le retour de Zantafio, et de la Palombie. En retournant dans ce petit pays sud-américain pour y relâcher le Marsupilami, Spirou et Fantasio découvrent qu'un certain Général Zantas, un vrai tyran, y fait règner la terreur depuis peu. Ils se rendent compte que Zantas n'est autre que Zantafio qui, les reconnaissant, leur offre un poste dans son armée. Le duo accepte, tout en cherchant par tous moyens à renverser ce dictateur d'opérette... Ca fait plaisir de retrouver la Palombie et sa capitale Chiquito, et de nombreuses scènes (le discours de Zantas, plus qu'à moitié inspiré, dans sa gestuelle, sa scénographie, par ceux d'Hitler) sont cultes. Au final, ce tome 7 est un des meilleurs de la série, tout simplement. Note : 20/20.

08La Mauvaise Tête (1954) : Une petite (légère !) baisse de niveau sans gravité pour ce tome 8 qui, cependant, montre de belles planches (ou pages, en utilisant le terme BD) sur un sport très populaire, le cyclisme (et particulièrement le Tour de France). L'histoire est sympa : Spirou se fâche avec Fantasio pour une bête histoire, et, peu après, le voit, à la TV, commettre un vol dans un musée, puis un cambriolage. Ne pouvant se résoudre à penser que son ami (qui revient vers lui) est l'auteur de ses crimes, il découvre qu'on a conçu des masques à l'effigie de Fantasio pour le faire tomber. Les deux compères, en échappant à la police qui est aux trousses de Fantasio, entendent bien résoudre l'énigme... Franquin a fait mieux (il fera moins bien aussi), mais cet album est tout de même pas mal. A noter, les deux dernières pages de l'album offrent une histoire en deux planches, sur un chat maladroit vivant dans le parc du château de Champignac. Note : 14/20.

09Le Repaire De La Murène (1954) : On change d'atmosphère : place à l'eau ! Dans cet album remarquablement bien foutu (l'intrigue est réussie, les dessins, de mieux en mieux, même s'il y à encore de la place pour l'amélioration), on découvre un nouveau personnage (John Héléna, un bad guy qui reviendra deux fois dans la série) et on apprend que le Marsupilami peut évoluer sans problème sous l'eau. Cette histoire de bateau échoué sous la mer (le 'Discret') dans lequel se cacherait un magot recherché par des trafiquants est très efficace. Dans l'ensemble, cet album est un des meilleurs de la série ! A noter, l'excellente idée de la page d'informations située en final d'album, qui explique deux-trois choses assez pointues (on parle de sciences, là) sur les faits relatés dans l'album.  Note : 18/20.

10Les Pirates Du Silence (1955) : Deux histoires pour cet album (d'autres albums de la série offriront aussi deux histoires, la seconde étant presque toujours plus courte que la première). La première, une quarantaine de pages, porte le titre de l'album, et la seconde s'appelle La Quick Super et parle d'une voiture de courses, un vrai bolide, conduit, dans l'histoire, par un Emir inconscient et ne sachant pas vraiment conduire ce genre d'engin (et semant la panique sur son passage). La seconde histoire est anodine, sans plus. La première, hélas, ne vaut pas beaucoup mieux : cette histoire de cambriolage silencieux organisé dans une ville abritant plusieurs célébrités, et où les photos, caméras et autres journalistes sont interdits (Incognito City), ne vaut que pour certains gags remarquables, et une trouvaille : après avoir appris, dans le tome précédent, qu'il pouvait nager et respirer sous l'eau, on apprend, ici, que le Marsupilami peut répéter certains mots comme un perroquet ! Mis à part ça, on tient ici probablement un des albums les plus faibles de la série, mais ça reste appréciable pour ce que c'est : un tome mineur, sans prétention. Mon premier Spirou dessiné par Franquin, et un des mes premiers Spirou en général. Note : 11/20.

11Le Gorille A Bonne Mine (1956) : Là aussi, deux histoires : celle qui donne son nom (Spirou et Fantasio partent en Afrique pour essayer de photographier les gorilles dans leur milieu naturel, et se retrouvent dans une affaire de disparition dans une mine d'or locale), et qui est plutôt bien foutue, et Vacances Sans Histoires, moins marquante (c'est le cas de le dire !), ne servant qu'à combler l'album, qui, à l'époque, comme les autres, fait 62 pages (le format 45 pages arrivera au début des années 70). Ce tome 11 est meilleur que le précédent, moins bien que le suivant (que quasiment tous les suivants !), et est à réserver aux vrais fans. De bons moments, cependant. Note : 13/20.

12Le Nid Des Marsupilamis (1956) : Encore une fois, deux histoire : la deuxième, courte, fait intervenir Gaston Lagaffe (La Foire Aux Gangsters), ce qui est assez rare dans la série Spirou & Fantasio, d'ailleurs. Elle est correcte, sans plus. La première, elle, est remarquable, et à part : ce n'est pas vraiment une aventure, mais un film visionné, dans une salle de cinéma (au cours d'une conférence donnée par Seccotine), par les héros, sur la vie du Marsupilami, dans la jungle palombienne. Seccotine revient en effet de ce pays où elle a filmé des Marsupilamis dans leur milieu naturel, et c'est son reportage qui est privilégié par rapport à celui de Spirou et Fantasio sur le gorille (tome précédent). Tout l'album est un reportage entrecoupé de scènes amusantes dans la salle de cinéma, et avec le commentaire de Seccotine en permanence. Gags à profusion (le pauvre jaguar...) pour un album reposant et culte. Pas mon préféré, mais un des plus fameux et essentiels ! Note : 19/20.

13Le Voyageur Du Mésozoïque (1957) : Toujours deux histoires : La Peur Au Bout Du Fil (le Comte de Champignac, ayant ingurgité une potion par erreur, est devenu violent, imprévisible, et sème la terreur malgré lui) qui est très réussie, et, avant ça, l'histoire donnant son titre à l'album, et qui est encore plus réussie (tout en étant un peu secondaire) : on découvre un oeuf de dinosaure en Antarctique, et le Comte entend bien le faire éclore. Ce qui arrive : un magnifique dinosaure, gigantesque, gentil, herbivore, maladroit et enrhumé (il faut lire l'album pour comprendre !) arrive, à Champignac, et va semer le désordre. Une sorte de brontosaure, pour le décrire. Un album amusant, sorte de Jurassic Park en BD et avant l'heure. Pas le sommet de la série, clairement pas, mais je l'aime beaucoup, c'est très drôle, un bon moment de détente. On sent une petite baisse de niveau dans les dessins, par moments (au début), mais rien de grave ; c'est d'ailleurs le dernier album avec ce style graphique, dès le tome suivant, le dessin devient plus fin et nettement meilleur. Note : 13/20.

14Le Prisonnier Du Bouddha (1958) : Le style graphique devient meilleur, plus fin, et ne changera quasiment plus (il ne baissera plus en qualité, en tout cas), concernant les albums de Franquin. Offrant une histoire longue de 62 pages (la première depuis le tome 9 !), cet album est une totale réussite remplie d'humour (les différentes utilisations du GAG, appareil étonnant à impulsions qui appraît dans l'album, sont amusantes) et de suspense, où il faut libérer un scientifique américain retenu prisonnier dans une gigantesque statue de Bouddha, en Asie. Dessins magnifiques, ambiance exotique, tout concourt à faire de ce 14ème album un des meilleurs de la série. On pourrait même dire que c'est le meilleur, s'il n'y avait pas les tomes 15, 16 et 18 ! Pour l'époque, avant ces futurs albums, c'est clairement le sommet. Note : 20/20.

15Z Comme Zorglub (1959) : Tout simplement mythique, cultissime, anthologique, et j'en passe. Ce tome 15, qui sera suivi un an plus tard par une deuxième partie du même niveau, est le premier à faire apparaître Zorglub, scientifique ami d'enfance du Comte de Champignac, un scientifique un peu fou, mégalomane, pas totalement méchant, mais pas recommandable, dont le but est la conquête du monde, et qui a à ses ordre une armée de soldats à moitié zombifiés (on leur a lavé le cerveau), amorphes, les zorglhommes (qui parlent entre eux une langue inventée par Zorglub, la zorglangue, qui consiste en du français à l'envens, emmoc aç, rap elpmexe. Le Comte de Champignac, Spirou et Fantasio entendent bien empêcher Zorglub de mettre ses projets à exécution. L'enlèvement de Fantasio par Zorglub va mettre le feu aux poudres... Scénario inventif, scènes cultes, humour en permanence, sens du suspense, cet album est un chef d'oeuvre absolu. Note : 20/20.

16L'Ombre Du Z (1960) : Cet album commence exactement là où Z Comme Zorglub se finit. On croit Zorglub mis hors d'état de nuire (découvrant, à la fin du précédent opus, qu'il était allé trop loin, il abandonne, penaud...), mais c'est se tromper lourdement. Il reprend du service, en Palombie, ce qui donnera au trio Spirou/Fantasio/Comte de Champignac l'occasion de retourner dans ce sympathique et instable pays sud-américain qui fut autrefois sous la coupe de Zantas/Zantafio. On remplace un Z par un autre... Une suite qui prend un peu son temps (la première partie est consacrée à la délivrance des habitants de Champignac des effets de la zorglonde, l'arme de Zorglub), mais qui, au final, est tout aussi réussie que le précédent opus. Le final est anthologique (on comprend le titre de l'album et l'étrange ombre derrière Zorglub, sur la couverture). Encore une fois, un grand album ! Note : 20/20.

17Spirou Et Les Hommes-Bulles (1958/1960) : Dessinée en 1958, parue à l'époque dans le journal Spirou, cette aventure (l'album en offre une autre, Les Petits Formats, très réussie) ne sera publiée en album qu'en 1960. A noter que les deux histoires sont aussi longues (30 pages chacune), contrairement à l'habitude d'avoir, dans un album de deux histoires, une histoire plus longue que l'autre. A noter aussi que Franquin s'est fait aidr, pour tout l'album, par Jean Roba (créateur de Boule & Bill), dont on reconnaît bien le style dans certains personnages comme Monsieur D'Houps, le milliardaire amoureux de la mer et détestant le bruit. Faisant intervenir, brièvement, John Héléna (tome 9), cette histoire très reposante est une pure splendeur (le final...), et un de mes albums préférés de la série. Assez méconnu, ce tome 17 est à découvrir ! Note : 18/20.

18QRN Sur Bretzelburg (1961) : Je vais être clair : c'est le sommet de l'entière série, et pas seulement des albums conçus par André Franquin. Aidé par Greg (Achille Talon, qui était publié par Dargaud et le journal Pilote, les rivaux de Spirou et des éditeurs Dupuis), Franquin, qui a mis du temps à faire cet album (dépression, blocage, etc...), s'est surpassé : positivement hilarant (il faut regarder les petits détails, comme ces deux singes en robe de chambre dans la scène de la clinique vétérinaire au début), c'est l'album le plus délirant d'une série pourtant très drôle en général. Une histoire d'espionnage dans un pays germanique en proie à un putsch militaire virat à la dictature, le Bretzelburg. Le titre de l'album est une allusion à un code radiophonique, un des personnages de l'album, Switch, étant amateur de radio (et communiquant avec le roi prisonnier du Bretzelburg, qui est sous la coupe de ses généraux félons). Un album anthologique, essentiel absolu, un des plus grands albums de l'histoire de la BD francophone. Note : 20/20.

19Panade A Champignac (1967) : Personne (sauf le principal intéressé, sans aucun doute) ne peut s'en douter à l'époque, mais ceci sera le dernier album de Spirou par Franquin (enfin, mis à part le tome 24, mais j'y reviendrai). Cet album contient deux histoires : celle qui donne son titre à l'album et Bravo Les Brothers, qui se passe essentiellement dans les locaux du journal Spirou, et met en scène, en plus de Spirou et Fantasio, Gaston Lagaffe et pas mal des personnages de la série Gaston (qui se passe dans les locaux de Spirou, comme on le sait). Une histoire de singes de cirque. Pas mal, sans plus. Panade A Champignac, elle, est décevante, étrange, mais amusante, aussi : le Comte a réussi à sauver Zorglub qui, à la fin du tome 16, fut victime de sa propre arme (la zorglonde) et était dans un état assez déplorable. Mais si Zorglub va mieux, il a régressé au stade du bébé (piégé dans le corps d'un adulte de 50/60 ans !). Et le Comte (aidé de Spirou et Fantasio) de pouponner un bébé assez costaud, en attendant de pouvoir faire revenir Zorglub à la normale... Une histoire amusante, mais assez idiote, et un album mineur, secondaire. Dommage que Franquin ait cessé de faire des Spirou après cet album ! Note : 12/20.

20Le Faiseur D'Or (1969) : Nouvel auteur (dessins et scénario) : le Français (et Breton) Jean-Claude Fournier, qui tiendra dix ans la barre. Cet album offre une histoire d'une quarantaine de pages (dans les 45), suivie de deux courtes (très courtes !) histoires. L'une des deux est sans intérêt (un banal conte de Noël plein de bons sentiments), l'autre, Le Champignon Nippon, qui met en scène pour la première fois le magicien japonais Itoh Kata (personnage récurrent dans les albums de la période Fournier), est tout simplement le prologue du tome suivant. Quant à l'histoire principale, qui met à nouveau en scène Zantafio et Zorglub (ce dernier est désormais un gentil), elle est très sympathique. On se fait assez facilement au style graphique de Fournier, qui est similaire à celui de Franquin. A noter que Franquin a accepté, par amitié pour Fournier et pour faire une sorte de transition, de dessiner le Marsupilami, qui apparaît ici pour la toute dernière fois de la série, on ne le reverra plus du tout (à ce titre, il est déchaîné, ici, voir le gag du toast et de la confiture, qui me fait pleurer de rire à chaque fois). Pas le meilleur de la série, mais ce coup d'essai de Fournier est sympathique comme tout. Note : 14/20.

21Du Glucose Pour Noémie (1971) : Tout comme La Corne De Rhinocéros, on a ici un titre d'album étrange et quelque peu trompeur, il faut attendre facile les trois-quarts de l'album pour piger où Fournier veut en venir ! Sinon, c'est une histoire en 62 pages (le dernier album aussi long pendant longtemps dans la série, d'ailleurs), qui démarre là où Le Champignon Nippon (petite histoire à la fin du tome précédent) se termine ; si on ne connaît pas cette petite histoire, autrement dit, si on n'a pas lu le tome 20, ça peut sembler un peu abrupt, au début (ce fut le cas pour moi, cet album fut mon premier Fournier) ! On découvre un peu plus le magicien nippon Itoh Kata, très drôle et fantaisiste, et on  découvre un nouvelle ennemi : l'organisation criminelle (terroriste) internationale le Triangle, qui cherche à tout prix à mettre la main sur un champignon étrange que le Comte de Champignac voulait remettre à Kata (pour une collaboration entre les deux hommes). Plein de rebondissements et d'humour dans cette aventure alternant entre Japon (le début) et Europe (la fin). Un des meilleurs albums de la période Fournier. Note : 17/20.

22L'Abbaye Truquée (1971) : Un album un tantinet plus court que les autres : une cinquantaine de pages. On sent une transition pour passer des 62 pages aux futures 45 ! Cet album un peu secondaire mais au final très drôle (et que j'adore) est la suite directe de Du Glucose Pour Noémie, on y retrouve Itoh Kata et les méchants du Triangle (ici réduits au N°1 de l'organisation, Charles Atan, et à son sbire Rinaldo, qui ont enlevé Kata et le tiennent reclus dans leur cachette, dans une abbaye en ruines et truffée de pièges). L'histoire est basique, c'est plus un album pour rire et se détendre qu'autre chose. On en parle, chez les fans, comme d'un opus mineur, faible, mais, franchement, même si c'est un peu le cas (il y à, en effet, bien mieux), je l'aime énormément. Fournier fera pire, d'autres auteurs aussi. Note : 14/20.

23Tora Torapa (1972) : Le Triangle, troisième (et dernière). Le chef incontesté (au-dessus du N°1 !), Papa Pop, à la dégaine amusante (tignasse afro, barbe, lunettes noires, t-shirt, bermuda...), vit, avec ses sbires, sur un atoll polynésien, Tora Torapa, où ils font règner la tyrannie (et s'occupent étonnamment de moustiques...). Première apparition d'Ororéa, jeune Polynésienne qui n'apparaîtra que dans les albums de Fournier (celui-ci n'arrivait pas à dessiner Seccotine, et voulait qu'il y ait un personnage féminin quand même). On retrouve Itoh Kata et Zorglub dans cet album très drôle, le premier à faire 45 pages. Le style graphique de Fournier (qui, parfois, ne s'embarrasse pas de cadrer ses cases, il prend des libertés avec la norme) est de mieux en mieux. Un album qu'il faut lire plusieurs fois pour bien l'apprécier, mais au final, c'est un des meilleurs de l'auteur. Sublime couverture. Note : 18/20.

24Tembo Tabou (1959/1974) : Chose étrange : en pleine période Fournier, un album dessiné par Franquin et Roba déboule, venant briser la continuité. Cet album offre une histoire de 20/25 pages, datant de 1959, portant le nom de l'album (une histoire amusante mais mineure se passant en Afrique, avec notamment un éléphant rouge et des Pygmées), suivie de quelques gags d'une page sur le Marsupilami, et d'une petite aventure de cette bestiole, aux prises, dans la jungle, avec un chasseur maladroit et malchanceux du nom (amusant) de Bring M. Backalive. Dans l'ensemble, ce 24ème tome est mineur, un des moins bons de la série, même si rien n'est mauvais. Mais on se demande bien pourquoi il n'a pas été publié avant l'ère Fournier (ou juste après, tant qu'à faire) plutôt qu'en plein milieu. Il n'apporte rien à la série, et n'est à réserver qu'aux fans. Note : 10/20.

25Le Gri-Gri Du Niokolo-Koba (1973) : Magnifique couverture pour un album africain (le Niokolo-Koba est un parc naturel du Sénégal) qui obtiendra une distinction à l'époque, car il sera jugé très favorable pour l'entente entre le continent Européen et le continent africain ! Sincèrement, ce n'est pas un album dont je suis fanatique, mais il est très réussi (et met en scène Ororéa, qui devient personnage récurrent ici), les dessins sont sublimes, certains gags sont hilarants... Dans l'ensemble, c'est sans aucun doute un des meilleurs albums de l'ère Fournier. Note : 16/20.

26Du Cidre Pour Les Etoiles (1975) : Lui, en revanche, est clairement le moins bon de l'ère Fournier. Sans être mauvais, cet album est assez insipide, banal : une histoire d'extraterrestres (les Ksoriens) qui, dans leurs étranges navettes, débarquent à Champignac, sur invitation du Comte, pour une sorte d'échange scientifique avec lui. Ils découvrent le cidre, et en deviennent fous. Leur arrivée dans le village occasionne, on s'en doute, des troubles, plusieurs évênements bizarres se produisent, et Spirou et Fantasio arrivent, pour rendre visite au Comte, à ce moment-là... On sent que Fournier est breton : la boisson choisie pour l'album est bretonne, le cidre (il aurait pu aussi bien choisir le calva, après tout, mais on est dans une BD pour enfants et adolescents, autant prendre un alcool pas très fort...). Dans l'ensemble, c'est assez anecdotique, mais je prends plaisir à lire cet album de temps en temps. Note : 12/20.

27L'Ankou (1976) : Premier album de la série a avoir été traduit en breton, c'est sans aucun doute le chef d'oeuvre de l'ère Fournier. Se passant en Bretagne (tiens, tiens !), il aborde deux sujets bien distincts, mais subtilement mélangés : le folklore (l'Ankou, dans les légendes bretonnes, est le messager de la Mort, personnifié en un vieillard traînant, la nuit, dans la campagne, avec une charrette ; qui le croise est sûr de mourir bientôt, brrrr...) et le nucléaire (l'action se passe non loin d'une centrale qui, dans la réalité, est celle de Brennilis, aujourd'hui, je crois, fermée). On y retrouve Itoh Kata et Ororéa, qui a l'honneur d'être représentée sur la couverture (l'Ankou aussi). L'Ankou est à la fois flippant et hilarant, Spip, l'écureuil de Spirou, est déchaîné (chez Fournier, il est clairement pantouflard), l'histoire est bien foutue, les dessins sont remarquables, le message (le nucléaire, c'est mauvais) est certes classique, mais bien utilisé. Au final, c'est une totale réussite. Note : 20/20.

28Kodo Le Tyran (1978) : Cet album est la première partie d'une histoire en deux tomes (j'ai lu le tome 2 bien après le tome 1, d'ailleurs). Une histoire qui n'est pas sans rappeler Le Dictateur Et Le Champignon et QRN Sur Bretzelburg, deux des meilleurs albums de la période Franquin (le deuxième cité est même le meilleur de la série, tout court). L'action se passe dans un petit pays d'Asie, le Catung (avec un c cédille pour le C du nom du pays), dirigé d'une main de fer dans un gant de fer hérissé de pointes de fer par Jataka Kodo, un tyran qui n'a qu'une seule obsession : envoyer au poteau d'exécution à peu près tout le monde, pour n'importe quelle raison. Spirou et Fantasio veulent faire un reportage dans ce pays enclavé, et, pourquoi pas, aider la résistance à renverser Kodo... Mais Fantasio va rapidement tomber dans les griffes du tyran, pris par méprise pour un émissaire des mafieux qui le financent (le pays est producteur de drogues)... Un excellent album, j'aime particulièrement le gag récurrent de la petite tortue tombée amoureuse de Spip (voir la couverture). L'album se termine sur un suspense haletant, il faudra lire le tome suivant pour avoir la fin de l'histoire ! Note : 17/20.

29Des Haricots Partout (1979) : Fournier est habitué aux titres d'albums étranges, celui-ci ne fait pas exception à la règle (et encore une fois, il faut attendre plusieurs pages avant d'en saisir le sens). Suite directe de Kodo Le Tyran, ce tome 29 est moins abouti que le précédent, mais tout de même très très bon (à noter le rebondissement final, dernière page, où intervient Ororéa). Ca sera le dernier album de l'ère Fournier, et d'une manière générale, le dernier album de la série officielle fait par un seul auteur (les autres albums seront l'oeuvre de duos dessinateur/scénariste). Dans l'ensemble, cet album est une bonne conclusion pour l'histoire mettant en scène Kodo, et une bonne conclusion pour la période Fournier, peu connue aujourd'hui, et très réussie dans l'ensemble. Note : 16/20.

30La Ceinture Du Grand Froid (1981) : Après Franquin, après Fournier, place à un tandem, qui ne tiendra que le temps de trois albums : Nic (dessins) et Raoul Cauvin (scénario), ce dernier est scénariste notamment pour Les Tuniques Bleues. Ce tome 30 est une bien belle déception : on ne retrouve quasiment rien de ce qui fait la force et l'attrait de la série : si on excepte le trio central Spirou/Fantasio/Spip, rien n'est présent ici, pas de Comte, pas de Seccotine, pas de Zantafio, de Zorglub, d'Ororéa (qui, de toute façon, est de la période Fournier, pas des autres)... Niveau scénario, c'est d'une platitude assez affligeante (une histoire de champ magnétique créant de l'hiver à n'importe quel endroit, conçu par des scientifiques géniaux ayant conservé leurs créations, en plans, dans une boîte noire), on se demande même d'où sortent ces méchants (une organisation criminelle à la Triangle, mais ce n'est pas eux). Graphiquement parlant, ce n'est pas mauvais, mais ces expressions quelque peu hagardes  (les yeux) dessinées par Nic sont, à la longue, usantes. Un album médiocre, qui ne fera absolument pas date. Note : 07/20.

31La Boîte Noire (1982) : Suite directe du précédent tome, cet album est trompeur : on croirait, à voir la plutôt réussie couverture (toujours cette expression hagarde pour Fantasio, comme s'il doutait du bien-fondé de l'album...), qu'il se passe intégralement dans le désert (vers Gibraltar), mais non. Une bonne partie de l'action se passe non loin de chez Spirou et Fantasio (un personnage insupportable de la période Nic & Cauvin : la voisine curieuse, bavarde, qui ne cesse de regarder par la fenêtre ce que font Spirou et Fantasio et d'emmerder son mari à ce sujet), Fantasio utilisant les plans de la boîte noire, qui leur a été léguée par les scientifiques du tome précédent, et fabrique les diverses inventions qui s'y trouvent (un véhicule futuriste, notamment, en forme de bulle). Avec, toujours, cette organiation criminelle maladroite à leurs basques... Ce tome réussi l'exploit d'être pire encore que La Ceinture Du Grand Froid, fallait le faire. Un ennui poli gagnera le lecteur de la première à la dernière des 45 pages. Pauvre Spirou. Note : 06/20.

32Les Faiseurs De Silence (1982) : Clap de fin pour Nic & Cauvin, et heureusement. Ce tome 32 est cependant celui que je préfère des trois du tandem, alors que ce n'est pas le meilleur (il est même franchement médiocre, à l'image de sa couverture sans originalité ; et toujours cette expression hagarde...). Fantasio fabrique une autre des conceptions issues de la boîte noire des scientifiques : un appareil capable de littéralement annihiler le son. On appuie sur une touche, et tout devient silencieux dans le champ d'action (les sons sont aspirés dans la machine, qui, progressivement, se remplit, au risque d'éclater et de renvoyer d'un coup tous les bruits aspirés...on imagine le vacarme !). Bien entendu, ça occasionne des problèmes (accidents de la route, etc), et bien entendu, l'organisation criminelle dont j'ai zappé le nom (si elle en a un, d'ailleurs !) est intéressée par cet AspiSon... Un scénario indigent, des dessins sans âme... Un album à oublier. Note : 06/20.

33Virus (1982) : On change de tandem : place à Tome et Janry, le premier au scénario, et le second aux dessins. Ce tandem au nom rigolo (Tome & Janry : Tom & Jerry...) tiendra 16 ans, soit plus que Fournier et Nic & Cauvin réunis, et ils ont considérablement apporté à la série, en reprenant les codes (Champignac, le Comte, Seccotine, Zorglub...) et en créant de nouveaux personnages, dont un qui deviendra récurrent (dès le tome 39, qui marque sa première apparition). Ce tome 33, Virus, leur premier, n'est pas leur meilleur (graphiquement parlant, Janry s'améliorera encore par la suite), mais il est déjà très bien, et fait revenir un ancien méchant, pas revu depuis le tome 17 : John Héléna. L'histoire est simple : un cargo arrive de l'Antarctique (Héléna s'en est enfui, malade), placé en quarantaine pour raison d'épidémie, un mal étrange et fulgurant, un nouveau virus. Avec l'aide d'Héléna, à moitié flingué par la maladie, Spirou, Fantasio et le Comte vont tout faire pour trouver un remède à ce virus, et embarquent pour la base scientifique arctique d'où tout est parti... Sens du suspense et de l'humour, ce nouveau tandem est mille fois supérieur à Nic & Cauvin. La série repart sur de nouvelles (et bonnes) bases ! A Noter, la couverture, qui, dès ce premier opus de Tome & Janry, utilise déjà le cadre autour du titre, qui deviendra référentiel du tandem.  Note : 15/20.

56637110_pAventure En Australie (1983) : D'ailleurs, à propos de cadre, cet album est le seul des Tome & Janry à ne pas l'utiliser sur sa couverture ! Un tome 34 assez sympathique, mais mineur. Pour cette première (et à ce jour dernière) virée au pays des Kangourous, Spirou & Fantasio partent en reportage, et apprennent que le Comte de Champignac se trouve sur place, non loin d'une mine, à s'user la santé. Mêlant superstitions aborigènes et modernité, cet album est une petite déception, malgré des gags bien foutus et un bon sens du rythme (et des dessins qui s'améliorent par rapport à Virus). Sans être le moins bon du tandem, c'est  tout de même un peu léger. Note : 12/20.

56670889_pQui Arrêtera Cyanure ? (1983) : Quand la série sera, dans les années 90, adaptée en série TV d'animation, le personnage du robot féminin Cyanure (qui disjoncte totalement) sera un méchant récurrent. Marrant, car il n'apparaît que dans cet album, dans la série de BD ! Un très bon opus se passant à Champignac-en-Cambrousse ; le robot féminin de l'ancien chef de gare (et inventeur) Caténaire pète les plombs et organise une révolte des engins ménagers et autres robots. Spirou et Fantasio (et un appareil-photto  robot assez amusant au look de R2-D2 de pacotille) s'organisent contre eux, dans une village en plein chaos... Un tome très sympathique, bien foutu, pas le meilleur, mais on s'en contentera bien, surtout après la déception du précédent opus. Ca se laisse vraiment lire sans problème ! Note : 14/20.

56697826_pL'Horloger De La Comète (1984) : Une quasi-totale réussite qui fait voyager, grâce un visiteur venu du futur (et qui n'est autre que le petit-fils du Comte de Champignac, Aurélien, de l'âge, à son arrivée, de son aïeul), dans le passé ; pourchassé par une sorte de police du futur qui veut l'empêcher de semer le bordel dans l'espace-temps, Aurélien embarque avec lui Spirou, Fantasio et Spip (pas le Comte, absent, en déplacement au moment des faits), ainsi qu'une créature paisible, bouffonne et amusante, sorte d'hippopodame mutant bouffant absolument tout (et le recrachant dans une bulle qui lui sort du cul), le Snouffelaire. Ils arrivent au Brésil, en pleine occupation par l'armée portugaise, au XVème ou XVIème siècle (si je ne m'abuse)... Un excellent album, très original, bien dessiné, l'histoire est très bien écrite... On en redemande ! Note : 16/20.

56698399_pLe Réveil Du Z (1985) : Comme son nom l'indique, un certain Zorglub risque fort bien de revenir, ici. Très étrange, cet album se veut être une sorte de suite de L'Horloger De La Comète. Spirou, Fantasio et Spip sont de retour dans leur époque, mais par un fait étrange, vont se retrouver propulsés dans le futur, d'où vient Aurélien de Champignac et le Snouffelaire. Un certain Zorglub Junior, petit-fils de Zorglub, un nabot, y fait règner sa loi, une tyrannie basée sur le temps. Spirou et Fantasio découvrent que Zorglub Junior tient prisonnier le Comte de Champignac, et il convient donc de le libérer, et de revenir à la bonne époque... Un album étrange et, pour tout dire, assez raté, ça part un peu dans tous les sens. Pourtant, ça partait d'une assez bonne idée... Note : 10/20.

56698861_pLa Jeunesse De Spirou (1986) : Ca faisait longtemps (depuis le...tome 3 !) qu'un album n'avait pas proposé plusieurs petites histoires (il y en à, si je ne m'abuse, 5 ici). La première, qui porte le titre de l'album, est une variation sur la fameuse série de BD de Tome & Janry Le Petit Spirou (c'est ce qui a donné envie au tandem de faire cette série, d'ailleurs, on ne retrouve pas les personnages de la série, mais des versions enfant de Fantasio, Zantafio, Seccotine...), et est très drôle. Chaque histoire est présentée par un Spip avachi dans un vieux chausson, et jouant les indignés, l'air de dire que Spirou n'est pas si recommandable que ça. Les autres histoires montrent Spirou trouver sa fameuse tenue de groom ; Spirou et Fantasio contre un faussaire en BD ; un mal étrange causé par un champignon en train de toucher Champignac ; et une réunion d'anciens collègues scientifiques du Comte, dont on sait que parmi les invités se cache un imposteur, le tout est de savoir lequel. Dans l'ensemble, c'est un album mineur, mais bien sympathique ! Note : 14/20.

56801489_pSpirou A New York (1987) : Album important, un des best-sellers de la série, un des meilleurs de la période Tome & Janry aussi (même si le meilleur reste à venir, en fait ; et le pire aussi !). Première, et pas la dernière, des apparitions de Don Vito Cortizone, parrain de la mafia italienne de New York (une caricature évidente du film de Coppola), personnage qui reviendra et qui, dans la série TV animée citée plus haut, sera récurrent. L'histoire ? Spirou et Fantasio gagnent un million de dollars dans un coffre de banque à New York, en trouvant une clé de coffre dans un carton d'emballage de pizza Lucky. Mais c'est un piège tendu par la mafia new-yorkaise (qui dirige la société Lucky) afin de trouver un gogo pour règler certaines affaires ; Cortizone et sessbires sont touchés par une poisse monumentale, causée par leurs ennemis Chinois, et il leur faut trouver quelqu'un de suffisamment chanceux (assez chanceux pour trouver la clé dans la pizza, par exemple !) pour contrecarrer le mauvais sort... Dessins très réussis, gags à gogo, cet album est remarquable. A noter la caricature du dessinateur Peyo (créateur des Schtroumpfs) dans les deux premières pages, qui parle du fameux rêve américain. Note : 16/20.

56837466_pLa Frousse Aux Trousses (1988) : Un album remarquable qui démarre sur les chapeaux de roues. Je me souviens avoir été frustré, au moment de l'acheter, de constater, à la fin, qu'il n'était que la première partie d'une histoire en deux tomes (j'ai foncé acheter le tome suivant dès le lendemain !). Si le tome suivant, justement, est encore plus réussi, celui-ci est tout de même une tuerie dans son genre. Spirou vient de donner une conférence sur une de ses aventures, périlleuses ; ce fut tellement flippant et angoissant que plusieurs personnes se sont enfuies de la salle pendant le film, n'en pouvant plus. Un homme vient le voir, un homme atteint d'un mal atroce et bénin en même temps : le hoquet. Selon lui, si une peur peut soigner temporairement le hoquet, une terrible peur pourrait le soigner définitivement. Il demande aisi à Spirou et Fantasio de lui organiser (ainsi que pour d'autres victimes du  hoquet chronique) une virée au Touboutt-Chan, un pays asiatique (vers le Népal) en proie à une incessante guerre civile. Face aux horreurs de la guerre, les 'hoqueteurs' guériront peut-être... Une aventure riche en humour et en action (et suspense : voir le final !), et qui fut publiée, dans le journal Spirou, sous un autre titre que l'album (Angoisse A Touboutt-Chan). Remarquable, vraiment ! Note : 19/20.

56868888_pLa Vallée Des Bannis (1989) : Et donc, ce tome 41, très réputé parmi les fans de la série, est la suite directe (démarrant là où s'arrête le précédent opus) de La Frousse Aux Trousses ; il est donc déconseillé de le lire si vous n'avez pas lu le précédent opus, sous peine de vous demander direct ce que Spirou et Fantasio (et Spip !) viennent foutre là. Après être passés dans un tourbillon, dans une infractuosité de la montagne, le duo se retrouve dans la fameuse Vallée des Bannis, où personne, mis à part deux explorateurs autrefois, n'aurait jamais mis les pieds (et les deux  explorateurs n'ont jamais été retrouvés...). Personne ne sait donc ce qui se trouve dans cette vallée perdue, maudite, et le tout est surtout de savoir comment s'en sortir. Hélas pour Spirou, Fantasio est rapidement piqué par un moustique curieux, qui entraîne une folie furieuse assez rapidement. Déjà qu'ils sont piégés dans une univers terrifiant et clos, en plus, Fantasio devient ingérable et violent ! Une aventure riche en suspense, en trouvailles, avec pas mal d'humour, mais quand même moins que de coutume, ça s'y prête moins (les cris de rage de Fantasio sont tout de même amusants : Fantasio Magaziiiiiiiiine !!). Une suite parfaite et tout simplement, avec le précédent (et juste devant le précédent !) et le tome 46, le meilleur album de l'ère Tome & Janry. Note : 20/20.

56871254_pSpirou A Moscou (1990) : Aïe. Petite baisse de qualité au programme avec cet album qui, sinon, possède deux qualités : embarquer le duo dans un endroit qu'ils n'avaient encore jamais visité (la Russie, plus exactement l'U.R.S.S. encore en 1990), et faire revenir leur ennemi Zantafio, le cousin de Fantasio. Mis à part ça, c'est bien dessiné, et très drôle (la double page d'intro sur l'U.R.S.S. est poilante), mais on ne va quand même pas crier au génie, cet album est finalement assez moyen. Tome & Janry feront pire, et d'ailleurs, à propos de pire, on peut clairement dire qu'à partir de cet album, ça commence sérieusement à patiner grave chez Spirou... Le pire reste donc à venir (tremblez !!), cet album, bien que moyen, reste lisible. Note : 13/20.

56871847_pVito La Déveine (1991) : Le retour de Don Vito Cortizone, ici méconnaissable (amaigri), pour un album qui ne va nulle part. Ce fut mon premier Spirou de Tome & Janry, et sauf erreur de ma part, mon premier Spirou tout court (voyez que je n'ai pas commencé par le meilleur...), que j'ai voulu rien que pour sa couverture. L'histoire est une sorte de version Spirou de Plein Soleil, quelque part, un huis-clos en plein jour, sur un petit bateau appartenant au duo, qui prend un naufragé piégé sur une île des Caraïbes ; qui n'est autre que Cortizone, comme ils s'en rendent rapidement compte. L'ex-parrain de la mafia les prend en otage, en les forçant à récupérer pour lui, sous la mer, un trésor enfoui. Mais Cortizone n'est pas appelé Vito la Déveine pour rien... Un album mal foutu, vraiment décevant, médiocre au possible. Et dire que ce n'est ni le pire de la série, ni le pire du tandem d'auteurs ! Note : 07/20. 

56901038_pLe Rayon Noir (1992) : Insauvable. Une histoire nullissime sur un rayon mis au point par le Comte de Champignac (toute l'action se passe dans le fameux village), capable de rendre noir n'importe qui. Je ne vais pas dire qu'on flirte avec le racisme, n'exagérons rien (d'autant plus que l'album est censé dénoncer le racisme, les habitants de Champignac qui ne sont pas touchés par le rayon prennent assez mal cette histoire et ne reconnaissent pas leurs voisins touchés, ils les traitent avec mépris, etc), mais ce qui est sûr, c'est que cet album est mauvais, idiot, totalement ridicule (que vient foutre là Vito Cortizone ? C'était vraiment histoire de l'utiliser une fois de plus...), avec des gags qui ne passent pas et un scénario débile. Le seul truc qui me fait marrer, c'est quand Fantasio assomme un mec avec une machine à écrire et que le bruit du choc sur la tête n'est pas paf, vlan ou pan, mais azerty. Mis à part ce petit détail d'une seule case, Le Rayon Noir est à fuir. Note : 01/20.

56901999_pLuna Fatale (1995) : Après deux albums vraiment médiocres (enfin, un médiocre, et un épouvantablement nul), on a ici un retour à la normale. Luna Fatale (qui, le temps d'une page, offre des dessins assez olé-olé pour une BD pour tous publics : Fantasio se fait photographe de charme !) est en effet un excellent album, qui replonge le duo dans l'enfer de New York. On y retrouve Vito Cortizone, qui a retrouvé sa place de parrain. Spirou, en Europe, tombe sous le charme de Luna, une charmante jeune femme, et ne sait pas qu'il s'agissait d'un piège destiné à l'enlever et l'embarquer pour New York (Luna n'est autre que la fille de Cortizone). Cortizone a mis un collier explosif autour du cou de Spirou, et l'encourage fortement à accepter son offre qu'il ne peut refuser : l'aider à règler une bonne fois pour toute le dossier de la mafia chinoise, qui pourrit la vie des mafieux italiens... Un album franchement bon, un des mieux dessinés par Janry, et qui conclut, dans un sens, parfaitement l'ère du tandem (l'album suivant aussi est de Tome & Janry, mais très différent des autres). Note : 15/20.

56902535_pMachine Qui Rêve (1998) : Plutôt un échec à sa sortie, et je dois dire que j'ai mis du temps à l'aimer, cet album. Changement de style absolu, et pas seulement graphique. Avec ses bordures de pages noires et son ambiance à mi-chemin entre de la SF sombre à la Blade Runner/Matrix et un film noir, Machine Qui Rêve est l'OVNI de la saga. Tome & Janry cesseront l'aventure Spirou après cet album. Etait-il prévu qu'ils fassent d'autres albums de ce genre, où voulaient-t-ils juste changer de style une fois, comme ça, je ne sais pas trop. Toujours est-il que ce 46ème album, qui ne sera pas suivi d'un autre avant 6 ans (un délai assez long !), fait polémique chez les fans. Perso, je le trouve remarquable, un des meilleurs absolus, mais je peux comprendre qu'on pense le contraire, car pendant longtemps, ce fut mon cas ! Mais un peu d'originalité de ce niveau, ça ne peut pas faire de mal. Plus une BD pour adultes qu'autre chose, par moments. Note : 20/20.

47Paris-Sous-Seine (2004) : Nouveau tandem d'auteurs : Morvan (scénario) et Munuera (dessins). Ceux-ci tiendront quatre ans et autant d'albums avant de céder, à leur tour, la main, et leurs remplaçants sont toujours actifs dans la saga. Le style de Munuera est très particulier, on sent le mec passionné par les comics et les mangas. Le style est assez enfantin par moments. C'est avec ce tandem d'auteurs que les albums repasseront progressivement à un nombre de pages de plus en plus important (50, puis 62 pages), le nombre de pages reviendra à 45 par la suite. Cette histoire est dans l'ensemble assez originale (une inventrice, amie d'enfance du Comte de Champignac, sorte de Zorglub féminin, crée une machine qui peut créer des raz-de-marée, et elle en profite pour inonder Paris, mais alors quelque chose de bien), avec une touche de gravité qui manquait un peu à la série (on apprend que la femme en question est atteinte d'un cancer). Graphiquement parlant, il faut s'y faire, et contrairement aux autres styles (des autres auteurs), c'est pas donné, ici. Dans l'ensemble, ce n'est pas mauvais, mais on ne peut pas non plus dire que c'est très bon... Note : 12/20.

48L'Homme Qui Ne Voulait Pas Mourir (2005) : Retour de Zantafio pour cet album au titre assez sombre (on y parle de la mort, quand même) et faisant intervenir Tanzafio, l'oncle de Fantasio et Zantafio, celui dont ils héritent dans le tome 4 de la série, et qui, logiquement, devrait être mort...Mais, ayant, dans ses voyages en Palombie et ailleurs, découvert une fontaine de Jouvence, il ne meurt jamais, pas tant qu'il boit de cette eau. Et il lui en manque. Il arrive, à moitié désseché, chez Spirou, pourchassé par des tueurs à la solde de Zantafio, lequel est intéressé par cette eau. Le voyage de Spirou, Fantasio et Tanzafio commence, suivis par Zantafio, pour retrouver cette source. Pour Tanzafio, c'est une question d'heures... Les dessins sont à peine plus appréciables (enfin, je ne critique pas le style de Munuera, mais disons que c'est pas mon genre de dessins...), mais niveau scénario, cet album à la Indiana Jones est le plus réussi du tandem. Certains diront que ça ne veut pas dire grand chose (et en effet, les albums de Morvan & Munuera ne sont pas terribles dans l'ensemble), mais sachez que cet album est vraiment bon. Pas extraordinaire, mais bon ! Note : 14/20.

49Spirou A Tokyo (2006) : Le plus long album depuis Du Glucose Pour Noémie : il atteint 60 pages. Hélas, c'est un album bien épouvantable que celui-ci (qui sera suivi d'un album officiel en forme de guide sur l'album, numéroté 49Z), le pire du tandem, et pire encore que Le Rayon Noir, c'est dire... Ici, le style très comics/manga de Munuera prend tout son sens, l'album étant très influencé par la culture du pays dans lequel se passe l'action, le Japon  (on retrouve d'ailleurs, et ça fait plaisir, Itoh Kata, c'est la seule bonne chose de l'album). Scénaristiquement parlant, c'est d'une indigence qui fait peur, et à la place du tandem, j'aurais honte de moi ; il suffit de penser aux grands albums de l'ère Franquin, aux meilleurs de Fournier et de Tome & Janry, et, franchement, à côté, Spirou A Tokyo fait pitié... Note : 00/20.

50Aux Sources Du Z (2008) : Assez original (on plonge dans le passé, parfois lointain, de la série, avec de multiples allusions aux anciens albums, comme La Corne Du Rhinocéros, Z Comme Zorglub ou Spirou Et Les Héritiers), cet album, le dernier du tandem Morvan & Munuera (aidés ici de Yann), ne commet pas l'exploit d'être le meilleur des auteurs, mais c'est tout de même meilleur que le précédent (pas dur). Comme on le voit, c'est le retour de Zorglub. Une histoire parfois très sombre (on y parle à nouveau de cancer, en phase terminale...), et le final est, comment dire, tellement spécial que j'ai cru qu'il n'y aurait jamais de tome 51. Dans un sens, c'est un peu comme si la série s'arrêtait là, et qu'une autre recommençait, dès l'album suivant... Note : 14/20.

51Alerte Aux Zorkons (2010) : Yoann (scénario) et Vehlmann (dessins), tel est le nouveau tandem d'auteurs, toujours en activité, qui sort son premier album en 2010. Style graphique amusant mais un peu particulier, il faut s'y faire, mais c'est nettement mieux que Munuera. L'histoire fait revenir Zorglub et le village de Champignac, qui, ici, à cause de Zorglub (qui n'est pas redevenu méchant, mais a recommencé ses expériences douteuses), est devenu méconnaissable, envahi par une jungle peuplée de créatures bizarres et pas très attirantes : les Zorkons. On sent un jeu de mots assez douteux (dans Zorkon, il y à con)... Une histoire amusante, originale, sans doute un peu trop, mais dans l'ensemble, ce tome 51 est le meilleur depuis le 45 (oui, je sais, Machine Qui Rêve, le tome 46, a eu droit à la note maximale, mais il est à part). Note : 15/20.

52La Face Cachée Du Z (2011) : Qu'est-il arrivé à Yoann & Vehlmann ? Si Alerte Aux Zorkons était bien, celui-ci (qui, comme sa couverture et son titre le disent, fait revenir encore une fois Zorglub) est une calamité, que le duo ne se gênera pas de dénigrer rapidement dans le tome suivant. L'action se passe sur la Lune, sur une base conçue par Zorglub, sorte de camp de résidence pour V.I.P. de tous bords. Spirou et Fantasio y sont invités. Rapidement, tout va mal se passer... Niveau dessins, c'est du même acabit que le précédent (et le suivant !). Niveau histoire, c'est abracadabrantesque, et à côté, Spirou A Tokyo est un sommet, c'est dire... A fuir à tout prix. Note : 00/20.

53Dans Les Griffes De La Vipère (2013) : En achetant, cette année, ce tome 53, le dernier à ce jour, j'avais peur qu'il soit du niveau du précédent. Si ça avait été le cas, alors il n'y aurait plus rien à faire concernant la saga, qui, à deux-trois albums près, est quand même devenue bien misérable depuis le milieu des années 90... Heureusement, cet album est très réussi, c'est même, malgré une baisse de rythme vers la fin, le meilleur du tandem Yoann & Vehlmann à ce jour. Le duo ne se gêne pas pour casser du sucre sur le dos du précédent opus (Spirou avoue ne pas avoir été totalement lui-même, etc...), histoire de dire qu'ils ont déconné en le faisant, qu'ils savent qu'il était raté, et qu'ils ont retenu la leçon (espérons !). Spirou, dans cet album, est pris au piège, acceptant de céder les droits de son journal homonyme à un grand groupe financier qui n'est autre qu'une gigantesque magouille... Un album original et assez oppressant pour son héros. Vraiment pas mal ! Note : 15/20.